Depuis ses débuts sur grand écran dans les années 80, Terminator s'est imposé comme l'une des sagas les plus emblématiques de l'époque. Si son score au box-office ne reflète pas son impact culturel, il n'en reste pas moins l'une des œuvres les plus marquantes de James Cameron. Au point que 40 ans plus tard, elle est souvent citée comme exemple lors des débats sur les dangers autour de l'IA. Et, 40 ans plus tard, le réalisateur continue de nous alerter sur les dangers de l'intelligence artificielle.

Quand James Cameron a mis en garde l'humanité

À l'heure où l'IA s'impose progressivement dans tous les secteurs de notre société, du divertissement aux domaines militaires en passant par le journalisme que Google semble avoir envie d’éliminer, le réalisateur canadien estime que son célèbre film de science-fiction résonne aujourd'hui plus que jamais avec l'actualité. « Je vous avais prévenus en 1984, et vous n'avez pas écouté », plaisantait-il lors d'une interview accordée à CTV News Canada. Car si James Cameron reconnaît que l'IA peut représenter une avancée technologique fascinante, il se montre particulièrement inquiet concernant sa militarisation. Pour lui, c'est là qu’est le véritable danger, comme il le laissait transparaître dans Terminator il y a 40 ans. « Nous allons entrer dans l'équivalent d'une course à l'armement nucléaire avec l'IA », explique le cinéaste. Selon lui, si certaines puissances refusent de développer ces technologies, d'autres le feront malgré tout, entraînant une escalade qu’il sera impossible d’arrêter.

Le réalisateur d'Avatar imagine notamment des conflits futurs entièrement pilotés par des intelligences artificielles capables de prendre des décisions à une vitesse dépassant entièrement les capacités humaines. Un scénario qui, sans surprise, rappelle forcément celui de Skynet dans Terminator. On est encore loin d'une apocalypse façon science-fiction, mais ces déclarations trouvent un écho particulier dans plusieurs secteurs, où l’IA gagne du terrain. C’est notamment le cas dans celui de James Cameron lui-même. Les discussions étaient déjà très prégnantes en 2023 lors des grèves historiques de la SAG-AFTRA et des scénaristes où de nombreux acteurs et auteurs dénonçaient déjà les risques liés à l'utilisation de l'intelligence artificielle dans le cinéma, notamment concernant le vol de leurs voix et de leurs visages.

Terminator

Un outil ou une menace ?

Trois ans plus tard, les débats sont plus importants. Dans le jeu vidéo, dans le milieu artistique, dans le web, ce sont des milliers de postes qui sont en jeu, et tout l’avenir de leur profession. Mais alors que l’on assiste à une véritable levée de boucliers dans les domaines créatifs, Cameron admet qu’il est possible d’en tirer avantage, en particulier dans la post-production, pour les effets spéciaux ou le montage. Si le réalisateur de Terminator voit en l’IA un moyen d’accélérer certaines tâches, il estime qu’elle sera incapable de remplacer ce qui fait la force du cinéma, et de l’art dans son ensemble : les émotions humaines.