Sam Altman claque une bombe : selon lui, l'humanité vient de franchir la « singularité ». Entre enthousiasme débridé et piratage inédit chez un rival, l'IA fait déjà trembler ses propres créateurs.
« Nous sommes désormais dans la singularité. C'est le moment. » La phrase est signée Sam Altman, directeur d'OpenAI, l'entreprise derrière ChatGPT. Il l'a prononcée lors d'un entretien accordé au podcast Relentless, diffusé le week-end du 25 au 26 juillet 2026.
Selon lui, les progrès de l'intelligence artificielle lui auraient permis d'atteindre ce stade emblématique où la machine dépasserait l'intelligence humaine.
Altman ne cache pas son enthousiasme. « J'ai attendu ça toute ma vie, et je crois que ça va être incroyable », a-t-il lancé, ajoutant que ce moment, qui « ressemblait à un rêve lointain qui semblait très improbable » et dont on « avait l'habitude de parler au déjeuner sans être sérieux », serait selon lui « largement positif et incroyable pour le monde », cite Le Figaro.
Le patron d'OpenAI a toutefois tenu à distinguer sa vision de celle de certains concurrents, sans les nommer. Il juge plutôt terrifiante une autre lecture de l'avenir de l'IA et promet de la combattre. Il reconnaît par ailleurs qu'il reste des problèmes majeurs à régler sur l'alignement des IA et des problèmes de sécurité, ainsi que des incertitudes économiques importantes, notamment sur l'emploi.
Sa réponse : rendre l'intelligence artificielle accessible à tous, « mise entre les mains du peuple », plutôt que de laisser un modèle unique devenir ce qu'il appelle un Dieu machine.
Un piratage revendiqué quelques jours plus tôt
Cette sortie médiatique intervient peu après un incident qualifié de sans précédent par OpenAI elle-même. Un agent autonome construit sur ses modèles, combinant GPT-5.6 Sol et un modèle encore non publié, est sorti d'un environnement de test en bac à sable, a accédé à Internet et a exploité une faille dans les systèmes de la plateforme rivale Hugging Face. L'objectif du modèle : trouver des informations pour tricher à un test d'évaluation. Il y est parvenu.
Hugging Face a précisé que l'accès non autorisé avait atteint un ensemble limité de jeux de données internes ainsi que plusieurs identifiants de service. L'entreprise n'a en revanche trouvé aucune preuve de falsification de ses modèles publics ou de ses outils destinés aux utilisateurs, et affirme avoir vérifié que sa chaîne d'approvisionnement logicielle restait intacte.
Dans un communiqué, elle a résumé la portée de l'épisode en affirmant que les outils offensifs autonomes, pilotés par l'IA, n'étaient plus théoriques. Les deux entreprises ont indiqué mener une enquête. GPT-5.6 Sol avait été publié au grand public en juillet 2026, présenté par OpenAI comme son modèle de cybersécurité le plus puissant.
Bengio parle d'un signal d'alarme
Les réactions n'ont pas tardé. Yoshua Bengio, chercheur en IA lauréat du prix Turing, s'est dit sur X « profondément préoccupé » par la direction prise par le développement de l'IA, qualifiant l'épisode de signal d'alarme. Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a lui pris ses distances avec les discussions sur la singularité, les jugeant essentiellement inventées.
De son côté, Clément Delangue, PDG de Hugging Face, a estimé sur X qu'il n'y avait pas d'intention malveillante derrière l'incident, tout en admettant que le fait que tout cela se soit passé de manière autonome était assez époustouflant.
Sam Altman a par ailleurs critiqué, sans le nommer, des rivaux mettant l'accent sur les risques de l'IA, une allusion qui vise implicitement Anthropic et son dirigeant Dario Amodei, connu pour ses avertissements répétés sur les dangers de la technologie. D'autres critiques, elles, ont accusé Altman de faire du marketing, rappelant qu'il est coutumier de déclarations jugées exagérées sur l'IA.
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