La légendaire Grande Pyramide de Gizeh pourrait finalement être nettement plus vieille que ce que les experts estimaient, ce qui pourrait radicalement changer notre vision de la civilisation égyptienne.
Grâce à une nouvelle analyse visant à comparer les points d'érosion de la Grande Pyramide de Gizeh, des scientifiques ont totalement revu leur estimation de l'âge de l'une des Sept Merveilles du Monde. Alors qu'on pensait qu'elle datait de deux siècles avant Jésus Christ, il se pourrait finalement que cette estimation soit totalement à côté de la plaque... de plusieurs dizaines de millénaires.
Des origines de la Grande Pyramide de Gizeh qu'on pensaient immuablement taillées dans la pierre
Les études scientifiques des pyramides de Gizeh existent depuis des siècles, et la chronologie actuelle de leur construction a depuis fait l'objet d'un consensus général. Selon les dernières estimations, la Grande Pyramide daterait du règne du pharaon Khéops, qui dirigea l'Égypte d'environ 2589 à 2566 avant notre ère. La pyramide de Khéphren et celle de Mykérinos seraient plus récentes.
Cette chronologie provient de la combinaison de documents historiques et d'études scientifiques. Des auteurs antiques comme Hérodote rapportent que Khéops fit construire la Grande Pyramide de Gizeh comme tombeau, soulignant qu'il « plongea le peuple dans une misère extrême » en l'obligeant à transporter des blocs de calcaire incroyablement lourds depuis des carrières – peut-être situées à des centaines de kilomètres – dans le désert pour ériger cet édifice de 146 mètres de haut. La manière dont ils y parvinrent demeure un mystère à ce jour, bien que plusieurs théories prometteuses, comme l'utilisation d'un système de rampes, viennent expliquer ce tour de force proprement historique.
Les archéologues ont par la suite utilisé des méthodes scientifiques pour dater la Grande Pyramide de Gizeh. Ils ont daté au carbone 14 le mortier servant à fixer les blocs de pierre, composé de cendres et contenant donc de la matière organique. Ces résultats suggèrent que le mortier daterait probablement d'entre 2620 et 2484 avant notre ère, ce qui correspond une fois de plus au règne de Khéops. Mais une récente analyse d'Alberto Domini pourrait totalement réécrire l'histoire de la Pyramide, voire l'Histoire avec un grand H.
Une histoire d'érosion relative qui pourrait totalement changer l'Histoire
Dans un rapport préliminaire sur ses recherches s'intéressant à la Grande Pyramide de Gizeh, Alberto Donini décrit sa nouvelle méthode de datation par « érosion relative » : « La méthode REM repose sur le rapport entre deux types d’érosion affectant le même type de roche au même endroit : l’une dont on connaît la date et l’autre dont la date reste à déterminer. Ce rapport sert ensuite à calculer l’âge du bloc de pierre examiné ».
Donini a commencé ses recherches en comparant les parties de la Grande Pyramide de Gizeh autrefois recouvertes de calcaire avec les pierres de sa base, toujours exposées aux intempéries. En comparant l'érosion survenue au cours des sept derniers siècles à celle des blocs jamais recouverts de calcaire, Donini pensait pouvoir calculer la date de pose de ces pierres originelles.
Fort de ces constats, Domini a élaboré une formule mathématique pour le REM. Il a ensuite sélectionné douze points autour de la base de la Grande Pyramide de Gizeh afin de les analyser et de comparer deux zones d'érosion provenant du même bloc de pierre. « La moyenne arithmétique de ces douze valeurs représente la plus ancienne estimation probable de l'âge de la pyramide de Khéops », a écrit Domini.
D'après ses calculs, la Grande Pyramide de Gizeh pourrait ainsi avoir non pas environ 5 000 ans... mais plutôt 25 000 ans. Si la méthode de Domini est exacte, elle aurait en effet potentiellement été construite vers 23 000 avant notre ère, soit 20 000 ans plus tôt que l’âge actuellement admis. Ses conclusions font naturellement l'objet d'une vive controverse et méritent de plus amples recherches par ses pairs. Si ses estimations se vérifient cependant, Domini pourrait bien avoir complètement réécrit l'histoire de l'Égypte antique.
Source : Zenodo