La Guyane est une région profondément marquée par les découvertes pétrolières depuis de nombreuses années. Du Guyana au Suriname, en passant par le Brésil, tout le monde investit en masse dans l’exploitation du pétrole qui se trouve sur le territoire, parfois à hauteur de plusieurs milliards d’euros. Tout le monde sauf la Guyane, forcée de regarder les autres faire, alors même que quelques centaines de mètres séparent parfois ces différents territoires. Et cela ne tient qu’à une chose : la France. Ou plutôt, le gouvernement français.

La France refuse d’exploiter le pétrole et s’assoit sur une mine d’or

L’explication à ce phénomène est en effet très simple. Il repose sur l’adoption d’une loi qui, depuis décembre 2017, interdit aux entreprises présentes en métropole ou sur les territoires d’outre-mer de mettre en place de nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures en France. L’objectif ? Réduire notre dépendance aux énergies fossiles, réputés pour être polluantes, afin d’orienter davantage nos investissements vers les énergies nucléaires et renouvelables. Quant aux concessions déjà existantes, elles sont amenées à disparaître d’ici 2040.

Le problème, c’est que cette réduction de dépendance ne semble pour l’heure être effective que sur le papier. Car chaque année, ce sont environ 75 millions de tonnes de pétrole qui sont importées par la France, qui est donc loin de tourner le dos aux énergies fossiles. Mais que ce soit par pure hypocrisie, ou par simple volonté de se donner bonne conscience, les faits sont là : si les énergies fossiles restent utilisées sur notre territoire, elles ne peuvent en revanche plus y être exploitées. Et ce malgré le vaste potentiel que cache le gisement situé en Guyane.

Car d’après une étude menée par TotalEnergies en 2011, qui visait justement à explorer le potentiel d’exploitation de ce dernier, la Guyane se trouverait sur un terrain capable de fournir jusqu’à 5 milliards de barils de pétrole sur une période de dix ans, soit la somme colossale d’environ 290 milliards d’euros. Et même avec une vision plus modeste, TotalEnergies estimait qu’il était a minima possible d’en extraire 438 millions de barils sur la même période, soit près de 25.4 milliards d’euros. Autant dire, donc, que la France se trouve sur une véritable mine d’or.

Guyane, France

Le débat relancé au Sénat, en vain

Bien sûr, le gouvernement possède tout de même de bonnes raisons pour appuyer sa décision. L’estuaire de l’Amazone étant un écosystème particulièrement riche, toute fuite potentielle liée à l’exploitation de pétrole sur le territoire pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la biodiversité de la région. Et sachant que l’économie de la Guyane repose grandement sur ce point, on comprend aussi pourquoi l’implémentation d’une industrie pétrolière serait profondément mal vue. Ce qui n’empêche pas la France de relancer le débat.

Le 29 janvier 2026, Georges Patient, sénateur de Guyane, portait en effet une nouvelle proposition de loi visant à réautoriser la recherche et l’exploitation d’hydrocarbure dans les territoires d’outre-mer. En vain. Avec 227 votes contre, et seulement 105 voix pour, le projet a été rejeté par le Sénat. La France, semble-t-il, souhaite conserver ses engagements climatiques, et préfère donc miser sur les autres énergies… quitte à s’asseoir sur 290 milliards d’euros potentiels. Reste maintenant à voir ce qu'en pensera l'Assemblée nationale, qui doit à son tour examiner le texte.

Source : Média24