Un billet de 5 € dont le numéro de série se résume à une suite de 1, de type SC1111111111, a déjà été estimé à environ 5 000 € sur le marché des collectionneurs. L'information est rapportée par Presse Citron, qui en a fait un exemple pour illustrer la valeur cachée de cette coupure pourtant parmi les plus utilisées au quotidien, souvent froissée ou glissée sans attention dans un portefeuille.

Ce n'est pas la seule combinaison recherchée. Les numéros entièrement identiques attirent les collectionneurs, mais aussi les palindromes qui se lisent de la même façon dans les deux sens, les suites logiques comme 123456789, ou encore les séries répétées telles que 777777 ou 888888. Au dos du billet, ce numéro commence toujours par une lettre suivie de onze chiffres : un simple coup d'œil suffit pour vérifier s'il sort de l'ordinaire.

Erreurs d'impression et signatures rares font grimper les prix

Au-delà du numéro de série, plusieurs détails peuvent transformer un billet banal en pièce recherchée. Une vraie erreur d'impression, encre nettement décalée, éléments doublés, absence visible de signature ou marges très désaxées, peut faire grimper la valeur. Les signatures de certains présidents de la Banque centrale européenne comptent aussi : celle de Wim Duisenberg, sur les premiers billets émis, est particulièrement recherchée.

Le code d'impression au recto, propre à chaque atelier de fabrication, entre également en ligne de compte : certains ateliers n'ont produit que très peu d'exemplaires. L'état général du billet joue un rôle majeur. Un exemplaire neuf de caisse, bien plat, sans pli, sans annotation ni agrafe, se vendra toujours plus cher que le même billet abîmé, même avec un numéro de série intéressant. Les petites taches ou traces d'usure dues à la circulation, elles, ne jouent jamais en faveur du prix.

Pour la Banque centrale européenne et la Banque de France, ces détails ne modifient rien au statut officiel du billet : il reste un simple moyen de paiement de 5 €. Tant que plus de la moitié de sa surface est intacte, il peut être remboursé à sa valeur faciale dans le réseau de la Banque de France, et pas un centime de plus. La valeur de collection, elle, dépend uniquement de l'offre et de la demande entre passionnés.

Les montants les plus spectaculaires concernent d'ailleurs rarement les petites coupures. Des billets de 100 € ou 200 € présentant un défaut de fabrication exceptionnel ont dépassé 10 000 € en salle des ventes, souvent issus de l'ancienne « série 2002 », à la fabrication moins uniforme que les émissions actuelles.

Ces montants restent l'exception absolue : sur les milliards de billets en euros émis, une poignée seulement coche toutes les cases recherchées par les collectionneurs.

Avant de se faire des illusions, mieux vaut procéder par étapes. Le papier doit rester ferme au toucher, le filigrane visible par transparence, la bande de sécurité bien présente et, sur les séries récentes, le chiffre émeraude doit changer de couleur quand on incline le billet. Il faut ensuite retourner le billet pour examiner le numéro de série au dos et repérer un motif régulier ou une suite étonnamment propre.

En cas de doute, des photos nettes du recto et du verso, avec un gros plan sur le numéro de série et tout défaut inhabituel, permettent un premier avis auprès de groupes de collectionneurs ou de forums spécialisés. Seule l'expertise d'un numismate ou d'une maison de ventes reconnue donne cependant une estimation sérieuse, loin des annonces en ligne affichant des prix délirants sans certificat ni explication.

Il vaut aussi mieux éviter tout pli supplémentaire, agrafe, coup de stylo ou tentative de nettoyage sur un billet potentiellement intéressant : chaque trace en moins représente de la valeur préservée.