Voilà déjà dix ans maintenant qu’un consortium d’universités dirigé par Baylor et la Virgil Academy de Rome ont mis en place un partenariat avec la commune de Barbarano Romano, afin de conduire un vaste de projet de recherche au cœur de cette région du centre de l’Italie. Son objectif ? Reconstituer les changements dans l’occupation étrusque de la zone au fil de l’histoire, de son incorporation à l’Empire Romain jusqu’à l’abandon du site en 1 300 après J-C. Et pour la première fois depuis 2016, une découverte majeure a enfin eu lieu du côté de San Giuliano.

Une vieille tombe étrusque découverte à San Giuliano en Italie

En effet, en 2025, une équipe d’archéologues travaillant sur le projet a réalisé une découverte des plus inattendues : celle d’une vieille tombe étrusque entièrement scellée depuis plus de 2 600 ans. Une grande première pour cette ville, donc, qui se trouve à environ 70 km au nord-ouest de Rome. Car si le projet a déjà permis de mettre au jour plus de 600 tombes dans la nécropole entourant la ville jusqu’à présent, toutes avaient alors déjà été pillées et vidées de leurs contenus. Et ce parfois dès la fin du IIIème siècle.

Pour les chercheurs, la découverte de cette tombe constitue ainsi « l’une des plus importantes de ces dernières décennies », et représente aussi une avancée majeure dans l’étude de notre compréhension de la civilisation pré-romaine. « Cette chambre funéraire entièrement scellée représente une découverte rare pour l’archéologie étrusque » s’est en effet enthousiasmé Davide Zori, chercheur principal sur le projet, dans un article publié sur le site de l’université Baylor.

Car au-delà même du fait qu’« aucune tombe à chambre funéraire de cet âge n’avait pu être fouillée à l’aide des techniques archéologiques modernes » dans la région avant ce jour, elle a surtout permis aux équipes de mettre la main sur des trésors inestimables. On parle en effet de plus de 100 objets funéraires parfaitement conservés, tous retrouvés aux côtés de quatre squelettes reposant sur des lits en pierre sculptée. Des squelettes qui pourraient appartenir à deux couples hommes/femmes selon certaines analyses préliminaires.

Tombe de San Giuliano
Davide Zori, peu avant l'ouverture de la tombe de San Giuliano / © Jerolyn Morrison

Une avancée majeure pour l’archéologie

Autant dire, donc, que tout cela représente du pain béni pour les départements d’histoire et d’archéologie, qui disposent désormais de vases en céramique, d'armes en fer, d'ornements en bronze et de bobines à cheveux en argent pour leur étude. Et qui sait ce que cette tombe étrusque peut encore nous révéler. Car comme l’a assuré Zori : « L'équipe SGARP a terminé les fouilles de la tombe, mais l'étude et l'analyse des données archéologiques issues de cette incroyable découverte ne font que commencer ».

Et c’est sans compter les étudiants de l’université Baylor, qui se retrouvent alors eux aussi étroitement liés à ce projet de recherche. « Participer à un projet qui a permis de découvrir une tombe intacte était extrêmement surréaliste », a par exemple déclaré Kendall Peterson, étudiant en anthropologie. « C'est quelque chose que les archéologues espèrent toute leur carrière, et c'était incroyablement émouvant d'être non seulement témoin des réactions de nos professeurs, mais aussi de la fierté et de l'enthousiasme de la communauté locale de Barbarano ».

Il ajoute alors : « Cela m'a rappelé que nous ne nous contentons pas d'étudier des artefacts, nous contribuons à un patrimoine culturel commun qui revêt encore une grande importance pour les personnes qui vivent là aujourd'hui ». Une bien belle leçon pour ces historiens, archéologues et anthropologues en herbe, donc, qui feront peut-être partie des futures équipes amenées à découvrir d’autres tombes dans la veine de celle de San Giuliano.

Source : Baylor University