Disney envisage sérieusement de rendre une partie du catalogue Disney+ accessible sans abonnement, via une offre à 0 €. Cette piste, partagée par Paramount+ et observée avec intérêt par Netflix, vise à contrer la montée en puissance de YouTube et des plateformes gratuites de streaming. L'information provient d'une enquête de Business Insider publiée le 3 août 2026, relayée par Les Numériques.

Chez Disney, l'idée a germé en interne début juillet 2026. Adam Smith, directeur des produits et de la technologie chez Disney Entertainment, l'a évoquée lors d'un town hall consacré au streaming. Aucun calendrier ni périmètre de catalogue n'a été précisé à ce stade. La stratégie commerciale envisagée tient en trois temps :

  1. supprimer la friction du paywall,
  2. habituer les spectateurs à l'application,
  3. puis les convertir vers une formule payante.

Le contexte n'est guère favorable à Disney+. En Europe, le retrait puis le retour partiel des technologies 4K et HDR dans l'abonnement Premium a écorné son image, tandis que ses licences phares, Star Wars et Marvel, connaissent une sérieuse perte de vitesse.

En France, l'abonnement est passé de 6,99 €/mois au lancement en avril 2020 à 15,99 € pour la formule Premium depuis octobre 2025. Pour Disney, l'objectif est double : générer des revenus publicitaires supplémentaires et reconstituer un vivier d'abonnés face à la lassitude tarifaire des inscrits actuels.

Paramount+ mise sur les micro-dramas verticaux

Chez Paramount Skydance, l'accès gratuit à certains films et séries pour les non-abonnés figure parmi les priorités produit du troisième trimestre, selon une présentation interne consultée par Business Insider. Cette vitrine gratuite côtoierait des clips de podcasts et des micro-dramas pensés pour le format vertical.

Paramount+ reste loin derrière ses concurrents en matière de contenus et d'abonnés, et prépare en parallèle le rachat de HBO Max. L'offre gratuite viserait autant à attirer de nouveaux abonnés qu'à faire revenir d'anciens. Elle pourrait arriver rapidement et constituer une exclusivité, au moins temporaire, aux États-Unis.

Netflix temporise, Paramount et Disney accélèrent

Netflix se montre plus mesuré. Le service reste leader en matière de contenu, d'abonnés et de popularité, et a moins besoin d'un coup de pouce que ses concurrents. Le co-PDG Greg Peters a toutefois indiqué qu'une offre gratuite « pourrait avoir du sens sur certains marchés », en dehors des États-Unis, tout en précisant qu'aucun plan à court terme n'est prévu pour un lancement.

Selon lui, le business publicitaire de Netflix doit d'abord être optimisé. Lors d'un appel aux investisseurs, Peters a aussi dit rester « préoccupé par la cannibalisation des formules payantes ».

Cette prudence contraste avec la progression de la concurrence gratuite. Aux États-Unis, YouTube, Tubi et The Roku Channel représentaient 18,7 % du temps d'écoute télévisé en avril 2026, selon Nielsen, contre 12,7 % deux ans plus tôt. Cette croissance ronge les audiences payantes trimestre après trimestre.