Comment raviver un titre mythique vieux de 30 ans ? Ce genre d’exercice est presque une routine chez Nintendo, habitué à moderniser ses classiques pour les nouvelles générations. Et le futur élu à passer par là cette année n’est autre qu’un certain Star Fox 64, ou Lylat Wars, qui s’offre un remake flambant neuf sur Nintendo Switch 2.
Après des années d’absence et plusieurs tentatives plus ou moins convaincantes pour faire revenir la licence sur le devant de la scène, Star Fox s’offre un nouveau départ sur Nintendo Switch 2. En proposant un remake de l’épisode le plus emblématique de la licence, Lylat Wars (1997), non seulement Nintendo et Velan Studios veulent permettre aux nostalgiques de retrouver le plaisir d’autrefois, mais aussi faire découvrir un rail shooter mythique à une toute nouvelle génération. Cette mouture moderne a tout pour faire revivre un épisode vieux de presque 30 ans, mais reste en même temps trop timide pour convaincre totalement. Nous avons pu y jouer avant sa sortie le 25 juin 2026, voici notre grand test du Star Fox de 2026.
Le retour de la grande aventure Star Fox de la N64
Star Fox 2026 rembobine 30 ans en arrière. On est de retour dans le système Lylat, assistant à la trahison qui va causer la perte du père de Fox McCloud. Mais le fiston est décidé à marcher sur les traces de son père, reprenant les rênes de son organisation paramilitaire pour éliminer la nouvelle menace du Dr Andross qui plane dans la galaxie. Entre élan épique, gestes héroïques et personnages au charisme encore époustouflant aujourd’hui, on revit l’aventure la plus iconique de la licence.

Cela dit, il faut bien se rappeler qu’on est dans un rail shooter, genre qui relègue la narration au second plan. Mais justement, si le jeu s’était démarqué à l’époque, c’est aussi parce qu’il avait su proposer une histoire plus marquée que la plupart de ses concurrents. Aujourd’hui, c’est sûr que c’est un peu léger compte tenu de la place qu’a pris le scénario dans la plupart des jeux. Mais ça fonctionne quand même très bien. Le récit comporte assez d’ingrédients forts pour qu’on rie des situations, qu’on soit envahi d’une tension et même pris par l’émotion dans les derniers instants.
Surtout que Nintendo a pris soin de donner plus de corps à l’équipage Star Fox. On retrouve toujours la même dynamique si accrocheuse, avec la rivalité entre Falco et Fox, le côté plus enfantin de Slippy et la maturité d’un Peppy qui a pris tout le monde sous son aile après la disparition de James McCloud. Sans oublier les alliés et antagonistes qui sont toujours de la partie eux aussi. Tous ne sont pas mémorables, mais, il y a quelque chose d’attachant ou de marquant chez la plupart. En fin de compte, en retrouvant toute cette galerie de personnages, on comprend pourquoi ils sont devenus des vedettes de la marque Nintendo, dépassant même les souvenirs du gameplay.

Le rail shooter, peut-être pas si démodé que ça ?
Si en 1997, le rail shooter est toujours en vogue, on ne peut pas en dire autant aujourd’hui. Considéré comme un genre vieillot, plus adapté à l’arcade et aux jeux rétro qu’aux expériences modernes, le rail shooter . Pour autant, Star Fox a presque tous les arguments pour faire changer d’avis les réfractaires.
Ici, Velan Studios reprend la même formule qui avait fait mouche sur Nintendo 64 et la rend plus ergonomique et performante. Et pour cause, l’un des gros atouts de ce Star Fox, c’est sa flexibilité. On peut aussi bien jouer de façon classique en mode manette, dirigeant le vaisseau Arwing d’un stick et la visée de l’autre, ou en mode souris, passant ainsi en vue cockpit, quitte à perdre de la précision dans les déplacements pour en gagner en tirant. D’autant qu’on passe de l’un à l’autre instantanément en posant sur une table ou en relevant les Joy-Con de la Nintendo Switch 2. C’est même impressionnant de voir une telle réactivité. Ça nous a permis de nous adapter selon les circonstances pour mieux faire face au défi qui nous attendait.

Bien sûr, la prise en main demande toujours un temps d’adaptation, mais avoir ajouté le mode souris est un vrai plus, sans compter sur la possibilité de jouer en coop qui mêle habilement les deux. C’est peut-être même le mode de jeu le plus précis qui soit quand il s’agit de tirer en mode souris : non seulement on a une vue d’ensemble à la troisième personne, mais on vise en mode souris. C’est bien plus confortable pour viser efficacement. En contrepartie, l’autre joueur se contente de piloter l’Arwing, ce qui n’est pas déplaisant en soi, mais offre moins d’enjeux. Surtout que c’est vraiment une manière d’aborder l’expérience qui demande de communiquer activement pour exceller. Ça peut vraiment être exaltant quand on fait pleinement équipe, à condition de jouer le jeu.
… mais pas encore totalement réhabilité
Star Fox offre une expérience encore plus intense que celle de 1997 sur le papier. Tout a été pensé pour être plus fluide dans des environnements dynamiques. Et dans l’ensemble, ça fonctionne plutôt bien. On survole les différentes planètes en dézinguant les forces du Dr Andross avec les autres membres de l’équipage qu’il s’agit aussi de protéger pour qu’ils puissent prendre part à la mission suivante. Leur sûreté dépend donc de notre habileté, ce qui donne un défi supplémentaire et pimente le challenge si on veut aller plus loin. Sans compter qu’on retrouve aussi les chemins alternatifs de l’époque, qui se débloquent selon nos performances en jeu. Le défi est toujours bien là, mais il montre certaines limites en 2026.
Ce Star Fox manque d’un équilibre flagrant entre les niveaux et, surtout, quand il s’agit d’affronter certains boss. On n’est alors plus sur des rails, mais dans une arène face à un ou plusieurs ennemis géants. À ce moment-là, on perd totalement la sensation de vitesse et se retrouve parfois dans des situations absurdes où, même si on a préservé les trois coéquipiers de Fox, la partie dure tant qu’on n’a pas abattu nous-mêmes le dernier ennemi de la map, ce qui donne lieu à une course-poursuite ridicule le temps de quelques secondes ou minutes. En fait, c’est dans les moments où le jeu devrait être le plus intense qu’il s’embourbe avec un changement de mécaniques qui aurait mérité d’être repensé plus en profondeur pour rebooster la formule de 1997.

Puis, il faut reconnaître que le défi n’est pas si relevé que ça, en tout cas s’agissant de la campagne. Non seulement elle est toujours aussi courte, pouvant être bouclée en 2 ou 3 heures, mais elle ne présente pas de grands challenges. Tout au plus, on bute sur un niveau qui requiert un peu plus d’agilité ou simplement qu’on comprenne où est le point faible de l’ennemi, qui n’est pas toujours explicite, mais pas beaucoup plus. S'il y a bien une certaine rejouabilité dès lors qu’on peut relancer une partie pour emprunter les chemins alternatifs, une fois l’aventure bouclée, ce n’est pas sûr qu’on y revienne.
Il y a toujours la possibilité de prolonger l’expérience Star Fox avec le mode Défi, qui propose de refaire tous les niveaux de la campagne avec des défis supplémentaires. Comme on aime le scoring et le côté arcade, on y a très bien trouvé notre compte, mais on ne peut pas dire que ça plaira à tout le monde. Cela dit, il y a encore le mode multijoueur pour aller plus loin.
Des belles batailles en multijoueur… à condition de jouer à 8
Star Fox permet non seulement de jouer à deux en coop locale, mais intègre également le mode Combat multijoueur de Lylat Wars. Ainsi, on peut prendre part à des batailles en arène où s’affrontent deux équipes de 4, celle de Star Fox et celle de Star Wolf. Jouable jusqu’à 8 joueurs, l’IA prend la place de ceux qui manqueraient pour compléter les escouades. Trois types de missions sont proposés, comme la capture de zone ou de cargaison, chacune correspondant à une map empruntée à la campagne solo. Et si l’expérience nous a emballé au moment de la preview, notre test complet a un peu refroidi nos ardeurs.

On est toujours d’accord pour dire qu’il y a un vrai potentiel dans ce mode multijoueur. L’expérience à 8 joueurs sur la première map a été vraiment enthousiasmante. Pour ce test, nous avons pu participer à une nouvelle session d’une heure rassemblant 3 joueurs pour tester les autres maps. Clairement, on a tout de suite compris que le multi de Star Fox ne s’apprécie pleinement qu’avec de vrais joueurs ou, en tout cas, en étant assez pour pallier les bots qui peinent à prouver leur efficacité en jeu. Autrement, on enchaîne les parties insipides, sans véritable enjeu. Mais en même temps, on ne pourra pas reprocher au jeu de proposer un mode multi dont le plaisir se ressent lorsqu’on est à plusieurs. Heureusement, le jeu propose un système de matchmaking qui devrait remédier à ce problème à la sortie.
Pour autant, même avec le matchmaking, on craint que le peu de maps et de modes de jeu soit insuffisant pour réaliser entièrement le potentiel du multi. En 1 heure de session, on a déjà eu l’impression d’avoir balayé l’essentiel des trois maps disponibles. Il nous faudra d’ailleurs plus de temps pour savoir si le jeu intègre d’autres moyens de déplacement que l’Arwing, comme c’était le cas du Star Fox de 1997. Mais si Nintendo et Velan assurent un suivi au jeu et prennent soin d’aller au-delà de l’expérience originelle, alors les joueurs pourraient s’éclater longuement avec le multi du remake.

Star Fox, une refonte qui sublime l’original
Tout l’enjeu d’un remake, c’est justement de réussir à faire honneur au jeu d’origine en modernisant pour un nouveau public, sans le dénaturer. À ce niveau, la version 2026 de Star Fox oscille entre réussite et quelques faux pas. Mais avant d’avoir le jeu en main, le premier avant-goût du jeu que nous avons eu, c’était sa refonte graphique. Et autant dire que la direction artistique a fait couler beaucoup d’encre à l’annonce du jeu.
Pourtant, Velan propose ici une revisite sublimée de Lylat Wars. Le jeu tire élégamment profit des performances de la Nintendo Switch 2 pour nous immerger dans un monde dense et éblouissant, dans lequel on file à toute vitesse en appréciant les décors, les effets de l’eau quand l’Arwing frôle la surface, ou encore la beauté des biomes variés qu’on traverse. Certes, on peut comprendre que le nouveau chara design réaliste ne fasse pas l’unanimité. Pourtant, il a un charme, quelque chose de vintage tout en étant visuellement convaincant. Puis, surtout, il colle parfaitement à cet univers qui, même s’il ne manque pas d’une dose d’humour, est plus sérieux que la peinture de McCloud faite dans le film Super Mario Galaxy.

Et pour couronner le tout, Star Fox rejoue les thèmes emblématiques de 1997 dans des réarrangements somptueux. La bande-son accompagne comme il faut notre traversée des niveaux, ponctuant plus particulièrement les moments les plus intenses avec des chœurs qui ajoutent une touche épique à l’expérience. Comme quoi, même une campagne de 2h et quelques peut nous imprégner de sa musique quand elle est aussi bien orchestrée. Sans oublier la cerise sur le gâteau, à savoir le doublage français, sujet qui fait beaucoup parler dans l’industrie en ce moment. Non seulement le jeu est intégralement doublé, mais il réunit la crème de la crème au micro, entre Alexis Tomassian, Yoann Sover, Michel Dodane ou encore Marc Anaud. Ça donne même envie d’en entendre plus… pourquoi pas dans un autre remake ou un nouveau jeu inédit ?