Aujourd’hui devenue l’une des franchises les plus populaires du RPG, The Witcher a pourtant bien failli connaître un destin très différent avant de finir entre les mains de CD Projekt RED.
Si l’on cite aujourd’hui beaucoup des titres comme Clair Obscur Expedition 33 et Baldur’s Gate 3 lorsque l’on parle des meilleurs RPG, il reste également un jeu dont le succès n’a absolument pas faibli avec les années : The Witcher 3. En effet, alors que CD Projekt RED planche actuellement sur le très attendu The Witcher 4, le titre qui a tout lancé pour le studio en 2015 continue régulièrement de faire parler de lui, preuve de son impact sur l’ensemble de l’industrie. Il s’avère pourtant que le destin de la franchise aurait pu être très différent.
Le destin de The Witcher a bien failli être très différent
En effet, ce que beaucoup de joueurs ignorent, c’est qu’avant d’arriver entre les mains de CD Projekt en 2007, l’adaptation de The Witcher avait été confiée à un autre studio polonais du nom de Metropolis Software dans les années 90. « J’ai connu Andrzej Sapkowski [ndlr : l’auteur des livres] lors de conventions de fans de science-fiction et de fantasy. […] Un jour, je l’ai juste appelé et je lui ai dit : ‘Écoute, j’adorerais faire un jeu basé sur tes nouvelles » se souvient Adrian Chmielarz, co-fondateur du studio, dans les colonnes de GAMINGbible.
« Si quelqu’un connaît un peu M. Sapkwoski, alors vous savez qu’il se fiche pas mal de ce qui arrive à ses personnages en dehors de son propre univers. Donc il a répondu : ‘Oh, très bien. Vous voulez faire quoi, un jeu ? C’est d’accord. Montrez-moi l’argent et c’est à vous ». Ainsi est donc né le premier projet de jeu The Witcher qui, pour l’anecdote, est à l’origine une traduction du nom original proposée par Chmielarz en personne.
Malheureusement, le projet ne verra finalement jamais le jour et sera abandonné quelques années plus tard pour une raison que le créateur décrit comme une « idiotie absolue » : Metropolis a eu les yeux plus gros que le ventre. « C’était une erreur typique que commettent les petits studios lorsqu’ils rencontrent du succès : au lieu de simplement grandir suffisamment pour pouvoir développer deux jeux, nous avons commencé à en développer quatre. […] Puis nous avons commencé à manquer d’argent », confesse-t-il alors.
Un mal pour un bien, en tout cas pour les joueurs
Pourtant, The Witcher aurait bel et bien pu voir le jour, Metropolis ayant à l’époque trouvé un éditeur lui ayant permis de mener à terme certains de ses projets. Mais celui-ci n’en faisait pas partie, l’éditeur en question ayant préféré s’en débarrasser. « Je voulais garder The Witcher. Pas de manière très intense, mais vous savez, j’adore cet univers. Cependant, TopWare Interactive s’en moquait complètement. Ils venaient d’Allemagne et ils ne connaissaient pas The Witcher, donc cela leur était égal » explique Chmielarz.
Le projet a donc définitivement été laissé de côté, tandis que CD Projekt a finalement eu l’opportunité d’en récupérer les droits quelques années plus tard. Une nouvelle qui a d’abord surpris Metropolis, qui pensait avoir l’exclusivité sur The Witcher, mais que le studio a toutefois préféré laisser couler. « Je m’en fichais » assure Chmielarz. « Je savais que je ne pourrais pas terminer The Witcher, alors je me suis dit : ‘Bon, tant pis. J’espère qu’ils feront un excellent jeu’ ».
« Et je suis super content qu’ils l’aient fait, parce que j’adore ces univers. J’adore ce qu’ils ont fait » ajoute ensuite ce dernier, qui ne manque pas d’éloges quant au travail de CD Projekt. « Ils ont fait un bien meilleur jeu. Ils ont fait ce que nous aurions fait avec le titre, donc tout s’est bien terminé. Mais oui, c’est l’histoire derrière tout ça. C’est l’histoire de The Witcher » conclut Chmielarz. Une histoire quelque peu malheureuse pour Metropolis donc, mais assurément positive pour CD Projekt et les joueurs, et dont le prochain chapitre s’écrira dans les années à venir.
Source : GAMINGbible