L’ancien directeur de The Last of Us et Uncharted 4 n’est manifestement pas plus emballé par les AAA qu’une partie des joueurs. S’il reconnaît leur virtuosité technique, il souligne un défaut qui devient de plus en plus flagrant à mesure que les années passent.
Après avoir passé 20 ans chez Naughty Dog, Bruce Straley est plutôt rodé lorsqu’il s’agit des grosses productions hollywoodiennes du jeu vidéo. Le réalisateur de The Last of Us et d’Uncharted 4 a participé à la création de plusieurs productions qui figurent aujourd’hui parmi les plus ambitieuses de l’industrie, mais son constat sur le paysage des AAA est aujourd’hui peu reluisant.
L'ancien directeur de The Last of Us trouve les AAA barbants
Interrogé par Edge, Straley estime ainsi que les expériences proposées par les jeux à gros budget, dont les exclusivités PS5 ou Xbox, finissent fatalement par manquer singulièrement de fraîcheur. Quand il tente de mettre un mot sur ce qu’elles lui font ressentir, il ne mâche pas ses mots. « J’ai envie de dire… barbants. D’une manière générale, dans le secteur du AAA, on a l’impression qu’il n’y a plus aucune opportunité pour apporter des idées nouvelles et innovantes », explique l’une des têtes anciennes pensantes de The Last of Us. Lui-même a un concept d’un jeu à gros budget qui germe depuis longtemps, mais semble s’être fait une raison « Je ne le ferai probablement jamais ». Bruce Straley a en effet depuis quitté Naughty Dog pour fonder son propre studio, Wildflower Interactive, pour se focaliser sur des expériences à plus petites échelles, mais avec plus d’âme.
Et Coven of the Chicken Foot est l’antithèse de la plupart des jeux AAA d'aujourd’hui. Vous n’incarnez pas un mannequin, vous ne jouez pas les héros, vous n’allez pas sauver le monde et vous n’allez pas trouver une épée légendaire pour y parvenir. A la place vous vous déplacez lentement dans la peau d’une grand-mère aux pattes de canard, sorcière qui fait sa vie après que les héros aient déserté sa région. Un concept qui anime bien plus l’ancien directeur de The Last of Us et Uncharted 4 que les produits commerciaux à succès. Pour illustrer son propos, Straley cite notamment God of War Laufey, la prochaine production de Santa Monica.
Le cas de God of War Laufey
« Je regarde ce jeu et chaque pixel est époustouflant. Le travail remarquable et le savoir-faire qui ont été mis dans chaque plan… J’ai fait ce genre de jeu et ça continue de m’épater. », explique le vétéran ayant donné vie à The Last of Us. Mais au-delà de la vitrine technique, l’ancien de Naughty Dog regrette surtout le manque d’étincelle créative. « Mais quand je regarde concrètement ce qu’on fait dans le jeu, ça ne m’emballe pas. Et ça n’a rien contre l’équipe de God of War. », tient à préciser l'ancien directeur de The Last of Us, avant que ses propos ne soient déformés. Le cas de Marvel’s Wolverine, au budget estimé à 300 millions de dollars illustre parfaitement sa thèse. Malgré ses qualités, la nouvelle exclusivité PS5 peine à convaincre les joueurs, qui la jugent trop sage, peu innovante et, finalement, assez convenue.
Source : Edge