Depuis son annonce début juillet de la fin de la fabrication de disques à date de janvier 2028, Sony a mis un violent coup de pied dans la fourmilière et élevé de nombreuses consciences quant au caractère très précaire des droits des consommateurs sur les jeux numériques. Le constructeur peut en effet d'un claquement de doigt interdire l'accès d'un utilisateur à son compte, qui perdra alors absolument tous ses jeux au format numérique, sans recours possible ni remboursement à hauteur de son investissement complet. En réponse à un récent recours collectif sur le sujet, le géant japonais a défendu sa position avec un argument certes légal, mais plutôt difficile à avaler.

Sony réaffirme le caractère volatile des jeux numériques contre un récent recours collectif à son encontre

Cette allégation découle d'un document judiciaire déposé le 21 août (et rapporté par GameFile) en réponse à un recours collectif intenté contre Sony en juin dernier. Les plaignants accusent le géant japonais du fait que sa boutique numérique de l'entreprise n'a pas fourni suffisamment d'informations pour se conformer à la loi californienne de 2025 sur les biens numériques.

Celle-ci demande en effet …aux entreprises d'indiquer clairement aux consommateurs que le paiement d'un jeu téléchargeable ne confère pas au joueur l'accès permanent généralement associé à la propriété. La loi exige un avertissement « clair et bien visible » qui « précise en termes simples que l'achat ou l'acquisition du bien numérique constitue une licence ». En réponse, les services juridiques de Sony ont avancé un argument on ne peut plus légal, même si en réalité quelque peu dissimulé dans l'océan de texte que sont ses conditions générales d'utilisation.

« Comme le reconnaissent les plaignants, la section 1 du contrat entre lui et Sony précise également que "le logiciel vous est concédé sous licence, et non vendu". C'est pourtant clair. À l’ère du numérique, il n’est pas crédible de prétendre que des consommateurs raisonnables pensaient acquérir la « propriété » d’un jeu numérique. Si tel avait été le cas, le plaignant Edward Heycock n’aurait pas pu se procurer le jeu Resident Evil Requiem sur le PlayStation Store le 25 février 2026 pour 69,99 $, après que le plaignant Jason Mendoza l’avait obtenu le 14 février 2026 ; en effet, c’est alors M. Mendoza, et non Sony, qui en aurait été le propriétaire », se défend le service juridique de Sony face audit recours collectif.

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Un rappel glaçant que les joueurs ne font que louer les jeux numériques sans les posséder

Alors que Sony est actuellement sous le feu des projecteurs après avoir enchaîné les mauvaises nouvelles et en présentant une attitude pour le moins glaciale auprès de sa communauté et de ses poursuivants en justice, il ne s'agit malheureusement que du dernier coup d'éclat faisant état d'un média qui vise de plus en plus à embrasser pleinement le tout dématérialisé.

Ce avec tout ce que ça implique s'agissant des véritables droits, en réalité particulièrement limités, dont disposent les utilisateurs sur leurs jeux numériques, comme le rappelle justement Sony dans sa réponse à ce recours collectif visant à essayer de créer une jurisprudence pour offrir plus de moyens aux joueurs de se protéger contre les dérives qu'un système n'étant finalement ni plus ni moins que de la location à durée indéterminée peut engendrer.

Source : GameFile