Ne faites confiance à personne. Le crédo du mode Imposteurs de Fortnite ne saurait mieux correspondre au malaise que son arrivée suscite chez les développeurs indépendants d'Innersloth. Les créateurs du fort populaire Among Us n'ont pas caché leur étonnement teinté de déception en constatant des similitudes troublantes avec leur travail.

La collab manquée

Rappel : le mode introduit par Epic Games dans Fortnite voit 10 joueurs chargés de collaborer pour réparer un Noeud en accomplissant des tâches diverses, sauf que 2 d'entre deux sont en réalité des imposteurs qu'il va falloir percer à jour grâce à l'observation, la communication et un système de vote. Ne serait-ce qu'à cause des mécaniques et parce que le terme pour désigner un usurpateur est le même... il y a en effet de quoi tiquer.

C'est d'ailleurs ce à quoi a réagi la pétillante Victoria Tran, en charge de la communauté du jeu devenu incontournable en 2020, sur Twitter :

Cela aurait été vraiment cool de collaborer, ahah. Mais tout de suite, c'est juste un moment triste pour les indés. Les mécaniques de jeu, par de problème, cela ne devrait pas être chasse gardée. Mais des thèmes et terminologies différents n'auraient pas rendu les choses plus intéressantes ?

Le programmeur Gary Porter, lui, a été particulièrement attentif à la map proposée pour ce mode qui ressemble pas mal à celle de The Skeld.

Ca passe, ils ont fait basculer l'installation électrique et la station médicale et ont connecté la sécurité à la cafétéria.

La programmeuse Adriel "MsMinotaur" Wallick s'est fendue d'un commentaire assez éloquent en usant d'un comic-strip :

Mais c'est Marcus Bromander, co-fondateur d'Innersloth, qui, en quelques mots, ramène à l'idée qu'Epic Games n'a pas forcément d'états d'âmes à "s'inspirer" au bon moment sans devoir rendre des comptes - le Battle Royale a été lancé dans Fortnite à une époque où les développeurs de PUBG travaillaient avec les ingénieurs de l'Unreal Engine.

Le pire, c'est que nous avons activement essayé de collaborer avec eux.

Est-ce à dire que si l'on n'est pas Marvel, Sony, Microsoft ou une multinationale disposant de propriétés intellectuelles juteuses et parfaitement sécurisées, il n'y a pas besoin de s'enquiquiner ? L'image de la firme de Tim Sweeney, qui n'a pas commenté la situation, risque d'en prendre un coup.