Final Fantasy n'est plus aussi légendaire qu'avant. Face à ce constat, Square Enix annonce la mise en place de nouveaux efforts pour corriger ce qui avait déjà été identifié comme l’un des soucis majeurs de la licence.
C’est un état fait, dans un marché qui mue plus vite que les jeux ne se développent, certaines licences autrefois légendaires ont fini par perdre leur stature. C’est notamment le cas de Final Fantasy, pionnier du JRPG au tour par tour, qui a progressivement bifurqué vers un gameplay davantage orienté action afin de s’adapter à un public préférant l’action immédiate à la stratégie plus posée. Dans le même temps, des productions indépendantes sont venues bousculer pas mal de croyances, et, au passage, certains choix stratégiques de Square Enix. Clair Obscur Expedition 33 s’est ainsi écoulé à plus de 8 millions d’exemplaires en une année seulement, quand FF16 et son action débridée plafonne à environ 3,5 millions de ventes sur la même période.
L’éditeur japonais avait déjà entamé un revirement dans sa stratégie face aux ventes jugées en demi-teinte (comme toujours) de Final Fantasy 16, mais aussi de la trilogie FF7 Remake, tous autrefois des exclusivités PS5. Depuis, le géant nippon assume une stratégie multiplateforme plus franche, qui se concrétisera encore le mois prochain avec les portages de FF7 Rebirth sur Xbox Series et Nintendo Switch 2. Lors de ses derniers résultats financiers, Square Enix a surtout annoncé un nouvel axe stratégique, qui pourrait peut-être aider Final Fantasy à trouver grâce auprès des plus jeunes générations.
Plus de Final Fantasy et de Dragon Quest prochainement ?
Square Enix n’est pas étranger aux développements à rallonge. FF15 fait aujourd’hui figure de cas d’école, et pas uniquement pour ces raisons, tandis que Dragon Quest 12 et Kingdom Hearts 4 ont été annoncés il y a déjà cinq ans, soit sans même une image du jeu ni réelle mise à jour sur leur avancée. Pour Naoki Yoshida, sauveur de FF14 et producteur de Final Fantasy 16, ce rythme d’escargot est l’une des raisons majeures pour lesquelles la licence ne parvient pas à résonner avec les plus jeunes générations. Les vieux briscards ont en effet connu l’âge d’or de la licence, où elle rythmait les générations de consoles, où chaque nouvel épisode arrivait à intervalles réguliers et entretenait un lien constant avec le public.
Aujourd’hui, elle n'est plus qu’une notion plus vague, le vestige d’une autre époque, face à une génération biberonnée aux jeux service et aux jeux d’action toujours plus frénétiques. « L'une des raisons, et je suis désolé de le dire, c'est que l'intervalle entre chaque nouveau jeu est devenu beaucoup plus long. Certains joueurs n'ont donc pas eu la chance de s'attacher à la série comme l'ont fait les fans de la première heure », expliquait Yoshida dans une interview récente. Un problème dont Square Enix semble enfin avoir pris conscience.
Lors de son dernier bilan financier, l’éditeur a ainsi évoqué la mise en place de mesures plus concrètes et d’un « cadre » destiné à prévenir ces développements à rallonge, aussi bien pour Final Fantasy ou Dragon Quest. Dans les faits, cela passera vraisemblablement par davantage de remakes, remasters et autres épisodes annexes, l’éditeur prenant pour exemple les remakes de Dragon Quest ou celui de FF Tactics.

Vers plus de remakes ou des projets externalisés ?
A l’heure où FF7 Remake 3 conclura enfin sa trilogie, on l’espère l’année prochaine, la licence pourrait bien entamer une certaine traversée du désert. Aux dernières nouvelles, Final Fantasy 17 n’a d’ailleurs toujours pas de directeur attitré, alors même qu’il lui incombera de définir la direction de ce nouvel épisode et de trancher entre un retour aux fondamentaux, la poursuite d’un virage plus action, ou un entre-deux. Dans ce contexte, Square Enix semble alors surtout chercher des solutions pour que la licence ne finisse pas aux oubliettes, face à son public historique toujours plus vieillissant. Cela passerait donc par des expériences aux temps de développement plus resserrés ou des projets parallèles.
Une autre option, non citée dans les documents, pourrait consister à proposer des expériences annexes, confiées à des studios spécialisés faisant jurisprudence dans leur genre. Ubisoft l’a tenté avec Prince of Persia, Konami avec Castlevania et PlayStation avec God of War. Voir la licence Final Fantasy s’exporter à davantage de genres ou mise entre des mains externes respectueuses de son ADN, au pif Sandfall Interactive, serait une solution viable pour faire perdurer la licence pendant les inévitables ventres mous entre deux épisodes numérotés. Option plus terre-à-terre, mais presque évidente : un petit FF9 Remake, pour lequel l’engouement du public n’est plus à démontrer.
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