On l’attendait et on va être franc : on était particulièrement excité à l’idée de mettre la main sur 007 First Light. Déjà parce que c’est l’un des jeux les plus attendus de l’année. Ensuite parce qu’on est particulièrement fan de la licence James Bond. Et si celle-ci a été plutôt fournie en termes de jeux vidéo, hormis Goldeneye sur Nintendo 64 et quelques épisodes ici et là du temps d’EA, on attendait le grand retour de l’agent de Sa Majesté aux affaires vidéoludiques. Alors quand IO Interactive a été annoncé comme le studio chargé de remettre James Bond en selle, la hype est montée. Et elle est montée d’autant plus après la diffusion du premier trailer qui en disait déjà un peu (beaucoup, mais pas trop non plus) sur le gameplay.

La hype est montée oui, mais avec des interrogations. Que valent réellement les affrontements ? Que vaut l’infiltration? IO Interactive oblige, est ce que ce 007 First Light est très proche, trop proche même d’un Hitman ? Trois heures et demie, ce n’est jamais assez pour se faire un avis définitif sur un jeu. En revanche, c’est bien suffisant pour se faire un premier avis donc et répondre aux questions posées juste un peu plus haut. Et elles sont positives. Très, très positives.

Une ambiance totalement dans le thème de 007

james bond preview

Premièrement, First Light est un petit bijou graphiquement. Effets de lumière, reflets, modélisation, visages, détails : la barre a été mise très très haute par les équipes d’IO Interactive. On va même le formuler autrement pour que vous compreniez bien le sens de ces lignes : le jeu a une plastique cinématographique. 007 First Light, c’est un film de James Bond ou plutôt l’impression pour le joueur de jouer littéralement à un film de 007. Et c’est finalement ce que l’on attendait de ce projet. Que ce soit en montagne, dans un parcours du combattant à Malte ou encore dans la banlieue de Londres, James se promène dans des décors somptueux, détaillés au millimètre. Ce sens du détail est volontaire de la part des équipes et le bouchon est poussé si loin que cela se ressent dans certaines interactions, comme pousser une porte de toilettes (oui on a déjà vu et déjà fait ça) ou se servir un verre d’eau ou d’alcool dans son appartement. Cela ne sert à rien en soi, mais cela contribue grandement à l’immersion du joueur.

L’immersion se fait aussi en musique. Outre la chanson originale de Lana Del Rey et ce générique très « James Bondien », le jeu enchaîne les morceaux de circonstance, avec une vibe proche des films. Sans compter le thème original de la licence, toujours calé au bon moment, soit quand James devient vraiment ce qu'il est censé être, soit quand il accomplit une action digne de l’agent secret qu’il est. Comme dans les films, toujours. Reste le gameplay. Et là encore, 007 First Light est surprenant. Oui, on sent l’inspiration, la mécanique et les codes de Hitman dans la jouabilité du jeu. Mais pas que. On retrouve le système d’interaction avec les PNJ, de mini-quêtes à accomplir pour réaliser une action précise, comme entrer dans une zone sécurisée ou interdite par exemple. Là, point de déguisement pour James Bond - se grimer sans cesse ne correspond pas du tout au lore du personnage - ce sont les gadgets qui priment.

Des gadgets et du piratage, tout un programme

premier test 007 First Light

Lors de notre preview de 007 First Light, l’agent de Sa Majesté use de sa montre, qui lui permet de pirater à distance des objets, ou d’interagir avec l’environnement autour de James, comme faire tomber un chandelier, actionner des machines, provoquer une petite explosion au visage d’un garde ou d’une cible ou rendre momentanément cette dernière malade. Il y a un petit côté Watch Dogs dans ces séquences, qui ne sont pas illimitées dans l’usage. Pour pouvoir créer du désordre et des diversions, James doit régulièrement récolter des ressources pour recharger sa montre. On vous le dit ici, la façon de procéder nous a un peu sortis du propos parfois : on s’approche d’une batterie, d’un téléphone et hop on choppe des ressources. Est-ce qu’un cooldown n’aurait pas été un meilleur choix ? Il faudra juger sur la durée et lors de notre test pour se faire un réel avis.

L’infiltration semble donc être une partie prépondérante du jeu et de son gameplay. Plus que l’action ? Oui et non au vu de nos premières heures sur le jeu. L’équilibre semble être trouvé, avec des phases dédiées à l’une et à l’autre. Pour ce qui est de la première, 007 First Light n’invente pas la roue et reprend des mécaniques déjà éculées ailleurs. On se sert du décor pour échapper à la vigilance des gardes. Mur, caisses, renfoncements, tout est bon pour servir de couverture. Et la mécanique a beau être éprouvée depuis des lustres, elle fonctionne toujours aussi bien. On surprend son ennemi dans le dos et on lui fait faire un dodo bien mérité. Mais la, c’est dans la façon de faire que le jeu se démarque un peu des deux. Quand James Bond assomme un garde par surprise, il y va franco et malaxe même un peu beaucoup le bonhomme au passage. Pour peu, on a cru revoir la brutalité de Daniel Craig dans Casino Royale.

Taper c’est bien et c’est dur. Infiltrer, c’est mieux mais ce n’est pas forcément plus simple

preview 007 First Light

Ce qu’on a moins aimé, c’est le comportement de l’intelligence artificielle sur ces séquences. 007 First Light souffre des mêmes maux que les autres jeux d’infiltration, avec une IA capable de nous repérer sur un rien et de ne pas voir qu’on couche son collègue à deux mètres derrière elle… si ce n’est pas parfois juste à côté, alors que les deux personnages étaient en train d’échanger. Mais le jeu met suffisamment en avant ses décors et son environnement pour obliger le joueur à réfléchir sur la manière de procéder pour atteindre tel ou tel objectif. Et du coup, la pilule passe mieux. D’autant qu’il reste toujours la bonne vieille solution d’aller à la castagne contre tout le monde. Et là, le jeu nous propose quelque chose de super intéressant.

Il y a une vraie volonté d’offrir une approche musclée et rythmée au combat dans 007 First Light et cela se ressent notamment dans les combats à mains nues. IO Interactive s’est beaucoup inspiré de Sifu pour élaborer son système de combat, qui repose sur un système d’esquive et de parry pour bloquer et/ou repousser les coups adverses. Un indicateur jaune permet au joueur de savoir s’il peut bloquer ou esquiver, et un indicateur rouge s’il doit se préparer à encaisser un coup violent. En réponse, James Bond a une palette assez conséquente d’actions : il peut attraper son ennemi pour le projeter contre un mur ou le ruer de coups de genoux.

S’il est proche d’un mur, il enverra illico presto la tête de son adversaire dedans pour l’assommer et prendre le dessus dans l’affrontement. Poings, pieds, tout y est et au niveau sonore, là encore, l’immersion est excellente. Surtout, il y a du répondant en face, avec des ennemis qui ne se contentent pas d’être des sacs de frappe mais bel et bien des ennemis dangereux. Chaque affrontement est à appréhender sérieusement et pas en série, à la différence d’un Batman Arkham, par exemple. Déjà parce que le jeu ne le permet pas, mais aussi parce que ce n’est vraisemblablement pas l’idée défendue par les développeurs.

Un jeu digne de Casino Royale et/ou de Skyfall

007 First Light avis

James Bond ne serait pas James Bond s’il ne défendait pas avec une arme à feu. Là encore, on attendait de savoir si on allait être sur une réplique d’Uncharted au niveau des gunfights. Il n’en est rien ou alors pas grand-chose. Si l’IA tente de compenser son manque d’intelligence par une puissance de feu importante, la sensation des tirs est très bonne, le système de visée assez simple à prendre en main, avec des headshots qui font mouche, et tant mieux. La force principale du titre selon nous, c’est de savoir mêler les deux semble-t-il, et de manière savante, alternant le poing et les flingues… façon cinoche.

Oui, on insiste encore mais 007 First Light, c’est vraiment un film. Un film interactif. Et si les développeurs nous ont assuré qu’ils s’étaient inspirés autant des livres que des films, il est tout de même clair que c’est du côté des épisodes portés par Daniel Craig que l’inspiration est venue. On citera, sans trop prendre de risques, Casino Royale et Skyfall, autant dans les bribes de l’histoire que l’on a pu avoir que dans la façon de penser son évolution et ses rebondissements. En trois heures et demie, on a pu jouer à trois niveaux et terminer les trois.

Le premier est littéralement l’introduction du jeu et l’origine de l’arrivée du jeune Bond au sein du MI6. Mobilisé pour une mission de reconnaissance, le jeune James Bond, alors membre de la Royal Air Navy, se retrouve à outrepasser les ordres qui lui sont donnés et tape dans l’œil de la célèbre organisation. On le voit ensuite à Malte lors de son entraînement intensif de 6 mois pour intégrer l’agence. Et la dernière mission que l’on a faite, qui dure deux heures, est vraiment celle où le jeu nous a dévoilé (presque) toute son essence. Et c’est celle où on en apprend aussi beaucoup sur l’histoire. Mais là promis, on n’en dira pas plus. Le reste, on vous le fera découvrir lors de notre test final de 007 First Light, cette fois.

On attend 007 First Light avec la même impatience que l’annonce du prochain James Bond au cinéma. Non en fait beaucoup, beaucoup plus

Heureusement pour nous, ce nouveau jeu James Bond est tout proche de finir entre nos mains. Si la session qu’on nous a proposé était conséquente pour se faire un premier avis et vous livrer nos premières impressions, elle était beaucoup trop chiche pour dresser un tableau d’ensemble du nouveau bébé d’IO Interactive. On a vu une intelligence artificielle présentant les mêmes défauts que les jeux de ce type. Au point d’être rédhibitoire et de gâcher notre future expérience ? L’accent a clairement été mis sur le spectacle, l’immersion, la mise en scène et la capacité du jeu à varier les styles d’actions dans une même séquence. Oui, par moments, ça ressemble à Uncharted, voire même beaucoup à Hitman. Mais il semblerait bien que 007 First Light ait su puiser le meilleur des deux pour son propre compte.