Créée en 2016 par le studio Nerial, la licence Reigns, une série de jeux narratifs rogue-like sous forme de cartes à « swiper » comme si on était sur Tinder, a connu un grand succès, au point de se décliner en plusieurs éditions. Après notamment une version Game of Thrones en 2018, voici qu’entre en scène Reigns The Witcher, qui prévoit donc d’adapter cette formule unique à l’univers du Loup Blanc. Une nouvelle bonne pioche ? Voici nos premières impressions après quelques parties.
Reigns The Witcher sortira le 25 février 2026 sur PC (via Steam et GOG), ainsi que sur mobile (Android et iOS), toujours avec Nerial au développement, et Devolver à l’édition. Compte tenu de son format rogue-like à base de « swipe », cette adaptation s’inspirant tant des romans d’Andrzej Sapkowski que du légendaire The Wild Hunt de CD Projekt RED s’adapte bien à un format mobile, ce qui inclut donc aussi les appareils hybrides comme le Steam Deck. Il s’agit par ailleurs d’un « petit jeu » au tarif plutôt accessible de 5,99 euros. S’il s’adresse principalement aux fans des aventures de Geralt, gageons qu’il peut séduire un public plus large encore au vu de ce qu’il propose.
Reigns The Witcher : un jeu à cheval entre Gwent et Tinder avec une perruque blanche
Contrairement aux autres jeux de la franchise, et comme son nom peut le suggérer, Reigns The Witcher ne nous place pas dans la peau d’un monarque ou seigneur. En lieu et place, on « joue le rôle » de Geralt dans une histoire sortie de l’imagination débordante de son ami de toujours (bon gré mal gré parfois…) : le barde Jaskier. Cela permet donc de représenter l'univers dark fantasy qu’on connaît bien, mais avec un twist humoristique et un brin de légèreté absurde que le fantasque personnage apporte naturellement dans les romans originaux et les jeux de CD Projekt RED. D’entrée, Nerial a donc fait un choix très pertinent pour justifier cette adaptation de sa formule à la licence The Witcher.

Dans la peau d’un Geralt romancé par Jaskier, il nous faudra donc suivre une de ses histoires avec le style unique de Reigns. À savoir devoir jongler entre les quatre jauges emblématiques du jeu original, qui prennent ici la forme des humains, des non-humains, des mages et de notre code de sorceleur. Nous allons ainsi enchaîner les rencontres avec différents interlocuteurs, et devoir « swiper » vers la gauche ou la droite pour leur répondre. En fonction de nos choix, cela fera monter ou baisser une ou plusieurs des quatre jauges. En remplir une à fond ou au contraire complètement la vider va généralement entraîner la fin de l’histoire (hélas majoritairement via la mort tantôt tragique, tantôt ridicule de ce pauvre Geralt).

Plus on arrive à faire tenir la partie en longueur, et si en prime on arrive à réaliser tout ou partie des objectifs aléatoires fixées avant de commencer l’histoire, plus Jaskier recevra de points de la part de son auditoire. Le but est donc de maintenir notre Geralt fictif en vie le plus longtemps possible, afin de faire monter la renommée de son barde d’ami. En montant en niveaux, on débloquera d’autres inspirations faisant office d’objectifs pour les prochains récits, ainsi que des activités supplémentaires. Pour arriver au bout de Reigns The Witcher, il nous faudra donc obtenir trois étoiles pour chaque objectif secondaire, débloquer toutes les inspirations, rencontres aléatoires et morts de Geralt, afin d’atteindre le niveau maximal de réputation de Jaskier.

Même si on n’a fait que quelques parties pour qu’il atteigne le niveau 12, on a en tout cas beaucoup ri dans le processus, en se triturant parfois sérieusement les méninges pour jongler correctement entre les quatre jauges et essayer de ne pas passer de vie à trépas trop vite. L’idée des inspirations permet également d’ajouter un peu de piment et de varier les plaisirs à chaque partie, en plus de coller avec l’aspect « choix du moindre Mal » si propre à la licence. Reigns The Witcher se présente ainsi de prime abord comme une très habile adaptation de sa formule à l’univers du Loup Blanc.
Ceci étant dit, il arrive parfois qu’une histoire se termine un peu trop vite, car essayer de coller avec une inspiration donnée nous force à remplir ou vider la mauvaise jauge, et donc mettre fin à la partie. Sauf que certains de ces objectifs peuvent parfois ne plus réapparaître durant l’histoire en cours si on fait le mauvais choix pour éviter une fin prématurée, ce qui peut induire une certaine contradiction dans la progression globale.

Des histoires d’épée de sorceleur en chanson
À propos de la boucle de gameplay, Reigns The Witcher complète la formule classique du « swipe » et des jauges à gérer pour avancer dans l’histoire avec quelques twists collant plutôt bien aux aventures du Loup Blanc. D’une part, remplir à fond la jauge liée au code du Sorceleur, ne se solde pas forcément par une mort immédiate, contrairement aux autres. En lieu et place, notre Geralt fictif a en effet généralement une chance de se défendre contre le monstre qui veut l’étriper.

Cela prend alors la forme d’un mini-jeu où il faudra déplacer notre personnage pour esquiver les attaques, attraper les glyphes lui permettant de lancer ses fameux Signes et les icönes d’épée pour vider la barre de vie de notre assaillant. On vous conseille d’ailleurs pour une prise en main plus agréable sur PC de vous déplacer avec les touches flèches ou le pad directionnel plutôt qu’avec les clics de la souris.
Autre petit ajout sympathique collant bien avec l’adaptation de Reigns The Witcher, que l’on débloque à partir du niveau 12 de réputation de Jaskier : des contrats auprès de tavernes et seigneurs locaux. Il sera cette fois question de répondre aux requêtes de notre mécène en lui jouant une chanson utilisant les thèmes qu’il attend. Il faudra alors choisir parmi nos inspirations débloquées au fil des précédentes parties, et sélectionner celle qui correspond le mieux à ce qui nous est demandé. En récompense si on répond juste à toutes les requêtes, on débloquera d’autres thèmes pour nos prochains récits classiques à base de « swipe ».

On a swipé Reigns The Witcher et on a bien liké ce qu’on a vu
Avec quelques parties à notre actif, on part avec des premières impressions bien positives concernant Reigns The Witcher. Cette nouvelle adaptation de la formule de Nerial à base de cartes à « swipe » rogue-like respecte bien l’univers des romans et des jeux de CD Projekt RED, tout en apportant la petite touche de légèreté absurde propre à la franchise en passant par le prisme de ce bon vieux Jaskier. Le titre offre également des mini-jeux plutôt bien amenés pour faire varier les plaisirs. Reste maintenant à voir si l’expérience reste aussi plaisante sur la durée après davantage d’histoires et de morts plus ou moins héroïques de Geralt. Verdict pour cela dans toutes les bonnes tavernes lorsque le barde lancera officiellement sa tournée le 25 février 2026.