Le film Resident Evil de Zach Cregger est un vrai carton un peu partout dans le monde. Il explose les recettes au box-office et a signé un bien meilleur lancement que les précédents films de la licence, sans compter qu'il semble mettre tout le monde d'accord aussi bien du côté des critiques que des spectateurs. Un succès qu'il doit à sa réalisation de haute volée, son amour dégoulinant pour la licence et ses prises de risque incroyables, jusqu'à sa toute fin, qui a bien failli être très différente, cela dit.

C'est bien la meilleure adaptation de Resident Evil

Le film Resident Evil est une réussite totale puisque son réalisateur, Zach Cregger à qui l'on doit les excellents Barbarian et Évanouis, a compris qu'une bonne adaptation ne réside pas tant dans une succession de plans bourrée d'easter eggs pour nourrir les fans, mais plutôt dans sa capacité à retranscrire l'univers, ses émotions et ses sensations. Pendant 1 h 30 de film, le spectateur est en apnée avec ce pauvre bougre de livreur incarné avec brio et naturel par Austin Abrams, aussi vu dans Évanouis.

Comme Kaitlyn Dever dans Traquée, en bien plus bavard, Abrams tient ce Resident Evil à lui seul, en galopant comme un forcené, harcelé par tout un tas d'événements dramatiques, chaotiques et horrifiques. Un rythme soutenu qui réussit à retranscrire avec génie chaque élément des survival horror de Capcom. Les idées de gameplay servent ici la réalisation qui se joue aussi bien des codes du cinéma classique de l'horreur que de ceux des jeux vidéo dont il s'inspire. Même les références directes aux matériaux d'origine sont astucieuses et habilement imbriquées. On ne décroche pas une seule fois de l'écran, on n'a pas le temps. Mis à part un certain running gag méta qui flope à la toute fin, l'adaptation est un quasi-sans-faute et l'on n'a jamais cette sensation de déjà-vu, bien que les fans de Resident Evil se sentent à la maison.

Le réalisateur déploie tout son imaginaire pour nous sortir des monstres immondes et fascinants que l'on adorerait retrouver dans les jeux Resident Evil désormais. Carpenter, Raimi, King, l'ADN des grands maîtres n'est jamais loin, mais le plagiat est inexistant. Cregger signe ici une œuvre qui ne laisse pas indifférent, et dont certaines scènes ne manqueront pas de faire parler, et pourtant ça a bien failli être très différent, ce qui aurait certainement changé beaucoup de choses.

La fin du film aurait pu être très différente

Si vous avez vu Resident Evil, vous avez certainement dû être surpris de sa fin particulièrement brutale, dans tous les sens du terme. Ce pauvre Bryan perd complètement le contrôle, massacre les scientifiques d'Umbrella, fusionne avec et se retrouve transformé en immonde monstre massif à son tour. Le genre de créatures que l'on a tendance à affronter en tant que boss dans les jeux Resident Evil d'ailleurs. Durant plusieurs minutes éprouvantes, on le voit lutter contre cette mutation horrible qui agit comme un parasite ayant sa propre conscience. Il souffre, appelle à l'aide, hurle qu'on le tue, qu'on l'aide en lui injectant ce sérum qui passe de main en main alors que les scientifiques se font massacrer.
C'est intense aussi bien visuellement qu'émotionnellement de voir ce héros que l'on a suivi et d'une certaine manière vu grandir en affrontant tout un tas d'horreurs, souffrir de la sorte.

Pourtant, cette part d'humanité n'était que le plan B de cette séquence de fin de Resident Evil qui était bien partie pour n'être qu'un bain de sang violent. Zach Cregger a en effet dévoilé à Collider qu'à l'origine, la part d'humanité de Bryan était censée disparaître immédiatement et laisser place au monstre. « À l'origine, dans le scénario, le scientifique conçoit le vaccin et retire l'aiguille [de la machine], Bryan saisit alors le visage de la femme, le vaccin tombe et se brise, puis le reste du film montre simplement Bryan tuant les scientifiques, et les gens se disent : "Non, c'est fini ?!" », explique Cregger.

Après avoir tourné la scène finale de son Resident Evil, Cregger fait quelques plans supplémentaires « au cas où », une version dans laquelle le scientifique met plutôt le vaccin dans sa poche au lieu de le lâcher. Une scène qui va lui permettre de rebondir par la suite. « Je me suis dit : "J'ai l'impression que je vais en avoir besoin." », a expliqué le réalisateur, en ajoutant : « Heureusement que j'avais prévu cette scène comme plan de secours ; c'était mon plan B […] Cela maintient le suspense jusqu'à la fin ».

On ne peut qu'être d'accord avec lui et même plus que ça. Cette fin maintient le suspense qui devient même pressant pour ne pas dire insupportable. La scène est d'autant plus difficile et intense à regarder, et reste en tête lorsque le générique de fin apparaît. On peut donc dire que le plan B était certainement le meilleur choix à faire et la meilleure chose qui pouvait arriver pour ce qui est sans conteste la meilleure adaptation de Resident Evil à ce jour.