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Test de Into the Breach (PC)

TEST d'Into the Breach : Petite pépite du jeu tactique

Par Camille Allard - publié le

Le jeu tactique, c'est un peu comme la cuisine, il existe une multitude de recettes permettant d'obtenir des résultats aussi divers que variés en partant des mêmes ingrédients. Et forcément quand le studio Subset Games, à l'origine du très bon Faster Than Light, annonce le développement d'un jeu du genre, une certaine curiosité nous réveille les papilles. Le nom du plat ? Into the Breach, et comme nous allons le voir ensemble, il se pourrait bien que la recette soit si appétissante qu'on en redemande encore et encore...

Si vous aimez le jeu des échecs, alors Into the Breach est fait pour vous. Si vous détestez les aliens et que vous voulez une suprématie totale de la race humaine, c'est encore mieux. Il est vrai, cependant, qu'il repose sur un scénario post-it qui n'est là que pour justifier la partie tactique... Un peu à l'image de Pacific Rim, l'humanité est attaquée par une race de créatures aliens et votre seul moyen de lutter est d'employer les grands moyens : l'utilisation de méchas pour aller briser des mâchoires extra-terrestres. Pour narrer cette délicieuse histoire cousue de fil blanc, le jeu est entrecoupé par divers mini-cinématiques en 2D isométrique, le tout en anglais uniquement. Le studio n'a en effet pas pris la peine de traduire le jeu, ni en français ni en aucune autre langue. Mais très honnêtement, un anglais niveau collège devrait amplement suffire à comprendre les diverses informations à l'écran.

Ok, simple, basique

Malgré la première mission faisant office de rapide tutoriel, on est vite lâché dans le grand bain, où tout est basé sur vos facultés de logique. Si vous êtes un habitué des jeux tactiques, ça ne devrait pas trop poser de problème, mais si ce n'est pas vraiment le cas, cela vous demandera certainement un petit temps d'adaptation supplémentaire. Le gameplay se résume à cette phrase bien connue dans le monde du jeu vidéo, la Loi de Bushnell : "easy to learn and difficult to master " (facile à appréhender mais difficile à maîtriser), et c'est justement cet élément qui rend Into the Breach si surprenant.

Visuellement, on a l'impression d'avoir devant nous un jeu simplissime, mais ceci ne cache qu'à peine sa grande profondeur (voir les divers screenshots qui parsèment ce test). Le jeu fait en effet dans le traditional combat au tour par tour, mais avec une petite notion d'aléatoire comme la position des ennemis en début d'affrontement. Dans tous les cas, la tactique peut tellement varier d'une partie à l'autre que le même niveau peut se dérouler de dizaines de façons différentes. Il n'y a toutefois pas d'aléatoire dans les combats (coup critique, coup manqué, etc.).

Pacific Rim

L'environnement est séparé en cases, façon damier. Vous disposez de 3 unités et le but est de pouvoir les placer de manière intelligente pour pouvoir anéantir l'ennemi et sauver les villes humaines que vous aurez l'occasion de voir un peu partout. Les cases jaunes symbolisent vos déplacements d'unités, les rouges leur champ d'action. En d'autres termes, une case rouge symbolise une aire de combat. Vos méchas et les monstres possèdent une barre de "Grid Power" en vert au dessus de leurs têtes ; il ne s'agit ni plus ni moins que des barres de vie qu'il faut évidemment préserver un maximum. Car mine de rien, trois unités à gérer, ça fait peu, et il est possible de se retrouver dans une situation très inconfortable assez rapidement, si chacune de nos actions n'est pas intelligemment étudiée préalablement. D'ailleurs il est bien dommage que le déploiement de nos méchas n'ait pas une plus grande influence sur la partie. C'est finalement sans doute l'élément le moins tactique du jeu, puisque le mouvement des aliens est aléatoire et notre stratégie de pré-déploiement devient alors caduque.

Quand on l'attaque, l'être humain contre-attaque

Pour le reste, et comme souligné plus haut, Into the Breach s'apparente aux échecs, en ce sens que la moindre de vos actions peut avoir une influence sur le déroulement d'une partie. Tout doit être mûrement réfléchi pour espérer la victoire.  La position des villes humaines, la position des ennemis, vos mouvements de méchas, vos possibilités d'attaques, le type d'adversaire (kamikaze, attaque à distance, etc.), le calcul du nombre d'actions restantes et évidemment le nombre de tour (5 au total par niveau)... Le titre de Subset met en ebullition votre cerveau, et c'est évidemment le principal intérêt du jeu. Très gratifiant lorsqu'on boucle chaque niveau, il sublime notre ego de tacticien et rend chaque instant jouissif.

Il vaut mieux parfois prendre du temps, préserver nos méchas, plutôt que de chercher le contact à tout prix pour abréger les souffrances d'un alien. Evidemment, le jeu vous réserve quelques petites surprises. Il est possible de jouer avec le décor pour gagner. De pousser un ennemi sur un autre pour infliger des dégâts aux deux, de mettre le feu à une case pour pousser un alien dedans, etc. De la tactique comme on l'aime et qu'on aimerait en voir plus souvent, malgré la simplicité apparente. Les atouts environnementaux peuvent aussi être à double tranchant : des pans entiers de la carte peuvent ainsi disparaître sous les eaux et il faudra alors bouger vos unités en conséquence. Pire, des failles peuvent s'ouvrir dans le sol un peu partout pour laisser surgir de nouveaux ennemis pouvant prendre le dessus sur vous, même si vous étiez sur le papier en train de gagner. On pourra aussi sauter sur une mine si on ne fait pas attention... Bref, les niveaux regorgent de "petits" défis qui peuvent faire monter le taux adrenaline.

One Punch Man

Quand vous débutez le jeu, vous possédez 3 méchas complémentaires : le bipède classique, qui se bat à mains nues dans le style Pacific Rim, un autre qui la possibilité d'envoyer des roquettes et donc de survoler les cases pour attaquer, et enfin un dernier ayant la possibilité d'effectuer des dégâts à très longue distance, en respectant évidemment la logique mathématique des cases (impossible d'attaquer en diagonale). Les ennemies sont différents sur chacune des 4 îles (climat continental, désertique, enneigé et "tech"), qui proposent chacune un boss qu'il faudra vaincre pour passer à la suivante, chaque île étant découpée en zones (les vertes sont à vous, les rouges aux mains de la vermine alien). Le problème, c'est que si votre taux de Grid Power tombe à zéro (ça arrive souvent au début), vous devrez recommencer depuis le début et sécuriser à nouveau l'île dans son intégralité... Un aspect die and retry qui peut rendre fou si l'on est peu patient, mais qui permet aussi une grosse rejouabilité.

Au fil de vos tueries d'alien, et pour lutter toujours plus efficacement contre eux, il sera possible de débloquer de nouveaux méchas et de nouvelles habilités grâce à de "l'or". Cela vous prendra plusieurs dizaines d'heures pour tout débloquer, de quoi bien faire chauffer votre PC. D'ailleurs, à ce compte là, sachez qu'une patate équipée d'une carte graphique bas de gamme suffira pour faire tourner le jeu (qui tourne d'ailleurs aussi sur Mac). On regrette presque de ne pas avoir accès à Into the Breach sur Android/iOS pour continuer nos parties en nomade... Mais étant donnné que FTL était disponible sur mobile, on croise les doigts pour que ca se déroule de manière identique avec Into the Breach.

Indispensable Gameblog
Très bon
8
Into the Breach fait partie de cette race de jeux que l'on peut qualifier de "pépites". Intensément tactique, d'aspect simple mais d'une profondeur presque insondable, le dernier titre de Subset Games vous réserve bien des surprises. Jouissif du début à la fin, le bonheur tactique est en plus à portée de main pour une quinzaine d'euros sur Steam et GOG. Durant les parties, on a vraiment l'impression d'assister à une petite partie d'échecs, sauf qu'en lieu et place de rois, reines et autres cavaliers, on enchaîne les bourres-pifs de gros mécha contre des aliens boostés aux hormones de croissance. Un plaisir tactique rare que l'on aimerait voir plus souvent sur PC à tel point que les maigres défauts comme la traduction française inexistante et le scénario post-it passent facilement aux oubliettes.
par
+ On aime
  • Un principe simple mais diablement prenant.
  • Très bonne rejouabilité.
  • Hardcore à souhait.
  • Le moindre choix à une influence sur le rendu d'un combat.
  • Une grande variété de bestiaire et de méchas.
  • Une grande profondeur tactique s'apparentant au jeu des échecs.
- On n'aime pas
  • Un scénario post-it.
  • Uniquement en anglais.
  • Déploiement des unités trop peu utile.
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