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    TEST du Razer Tartarus Pro : Un keypad intelligent mais difficile à maîtriser

TEST du Razer Tartarus Pro : Un keypad intelligent mais difficile à maîtriser

Par Nerces - publié le
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Pour de nombreux joueurs PC, le salut ne passe que par le combo clavier / souris, mais l'ergonomie de ce duo sacré n'est pourtant pas exemplaire. Si des efforts ont été réalisés afin que la souris tienne toujours mieux dans le creux de la main, le clavier fait parfois figure de parent pauvre, de laissé pour compte. Le concept du gaming keypad est justement là pour y remédier.

Un gaming keypad, c'est une espèce de mini-clavier tout entier pensé pour l'amateur de jeux vidéo. Sa forme, la position de ses touches et ses fonctionnalités additionnelles sont conçues pour offrir le meilleur aux joueurs et, pourtant, les gaming keypads n'ont pas vraiment le vent en poupe. Au cours des années 2000, plusieurs constructeurs s'étaient lancés sur ce marché, mais aujourd'hui, des grands noms du périphérique gaming, seul Razer croit encore à ce concept.

Un accessoire pour joueur forcené...

Si Razer a encore foi dans les gaming keypads, il ne dispose plus que d'une seule gamme. Exit les Orbweaver et autres Nostromo, le constructeur californien se focalise maintenant sur les Tartarus. En 2017, il a d'ailleurs commercialisé la v2 - encore disponible - et renforce aujourd'hui sa gamme avec une version dite « Pro ». En apparence, le Tartarus Pro ressemble en réalité beaucoup à son grand frère, le Tartarus v2. Le principe reste donc exactement le même, à savoir celui d'un mini-clavier que l'on manipule de la main gauche pendant que la droite se charge de la souris.

Le Tartarus Pro reprend à son compte tous les changements ergonomiques qui ont été introduits avec le v2, mais se garde bien d'innover à ce niveau-là. De fait, on retrouve donc le petit clavier de 19 touches auxquelles on accède avec l'index, le majeur, l'annulaire et l'auriculaire. Un petit bloc activable avec le pouce se trouve sur la droite du périphérique : il rassemble un vingtième bouton, un mini-stick, un bouton « espace » et une molette. D'entrée, cette disposition entraîne un problème puisque le Tartarus Pro - comme tous les précédents modèles de la gamme - n'est pas fait pour les gauchers et aucun modèle spécifiquement « gaucher » n'est prévu.

Autre problème, les petites mains ne seront pas à l'aise sur le Tartarus Pro. Là encore, ce n'est pas une nouveauté par rapport aux précédents modèles. Il nous semble très important de vérifier la bonne position de la main sur le Tartarus Pro avant de procéder à son achat car ces petites mains ne pourront tout simplement pas se positionner correctement : la partie bombée, idéale pour les autres joueurs, empêchera certains de poser correctement les doigts sur les touches et imposera donc une gymnastique très pénible. Enfin, nous regrettons la position de la molette : comme coincée entre les touches et la partie mini-stick, elle peine à être utilisable.

Hormis ces défauts qui ne gêneront donc pas tout le monde de la même manière, le Tartarus Pro est un modèle de conception. D'abord, ses finitions sont remarquables et le produit dégage une certaine élégance. Plus important, on apprécie énormément l'impression de contrôle que peut procurer un gaming keypad. Bien sûr, cela nécessite un temps d'adaptation puisque les touches ne sont pas exactement comme sur un clavier, mais cela vient très vite et il est délicat ensuite de revenir en arrière. Avec 20 touches, on a en principe largement de quoi pour à peu près tous les jeux et nous nous sommes par exemple amusés à l'associer à un joystick pour quelques sessions sur Elite Dangerous.

Le nombre de commandes disponibles est plus que suffisant et nous avons adoré être en mesure d'utiliser le mini-stick de différentes manières : on peut s'en servir pour les thrusters aussi bien que pour naviguer dans les menus. Une merveille. Ajoutons que le confort offert par le Tartarus Pro est remarquable. Après seulement quelques heures, notre main gauche apprécie le côté reposant d'un tel périphérique par rapport à un clavier ordinaire. On se dit que les sessions de jeu pourront être bien plus longues et - là, nous ne pouvons qu'espérer - les problèmes de santé sur le long terme moins fréquents, moins importants.

... et particulièrement précis !

L'unique différence entre le Tartarus Pro et le Tartarus v2 sorti il y a déjà quelques années réside dans la présence de contacteurs d'un nouveau genre. Razer a effectivement opté pour des switchs maison que le constructeur qualifie d'hybrides en expliquant qu'ils sont optiques et analogiques. Premier avantage de ces contacteurs, ils se basent sur un capteur de lumière qui évite les contacts physiques et donc l'encrassement / l'usure propre aux switchs plus classiques. L'aspect analogique doit pour sa part permettre une double commande sur chaque touche, en fonction de la pression exercée par le doigt sur ladite touche.

Au travers de son logiciel Razer Synapse, la société californienne autorise effectivement la configuration de deux fonctions pour chaque touche : une lorsque la pression est faible et l'autre lorsque la pression est plus forte. L'idée est absolument géniale et on imagine par exemple être en mesure de marcher / courir avec la même touche, le même doigt. On imagine sans peine les multiples usages d'une telle technologie, et ce, dans à peu près n'importe quel genre de jeu. Mieux, Razer a intégré la fonction HyperShift qui vient ajouter une fonction supplémentaire à chaque touche dès lors que l'on presse une hotkey que l'on aura préalablement définie.

Hélas, dans les faits la double activation est particulièrement délicate à maîtriser. Razer avait pourtant bien fait les choses en autorisant la définition de « points d'activation » assez éloignés : course de 1,5 mm pour le premier seuil et de 3,6 mm pour le second. Dans les faits, on ne retrouve pas ces valeurs et les activations semblent trop proches l'une de l'autre entraînant un agacement certain à l'idée de ne pouvoir profiter de ces deux fonctions de manière confortable. Il y aura sans doute des joueurs pour y arriver mieux que nous, mais nous ne sommes pas non plus des débutants alors si nous avons rencontré des problèmes, gageons que de nombreux autres joueurs seront en difficulté.

Synapse au rendez-vous

Comme toujours, Razer s'appuie sur son logiciel maison - Synapse (Windows uniquement) - pour régler toutes les fonctionnalités du produit. Le Tartarus Pro offre donc une large gamme de réglages et, mieux, il est possible de rassembler toutes ces personnalisations via 8 profils. Hélas, aucune mémoire interne n'est intégrée au Tartarus Pro et il faut nécessairement disposer du logiciel pour profiter des profils. Notons au passage que l'outil de macros, très complet, ne fixe aucune limite à la longueur de celles-ci. Enfin, Synapse permet quelques fantaisies esthétiques en gérant le rétroéclairage du Tartarus Pro, chaque touche étant paramétrable individuellement. À ce sujet, précisons que la norma Chroma assure une certaine harmonie avec d'autres périphériques Razer compatibles, si vous en avez bien sûr.

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    EN RÉSUMÉ    
   

CHER ET DIFFICILE A MAÎTRISER

Qu'il s'agisse de sa conception générale, de son niveau de finition ou de son design, le Tartarus Pro est un excellent produit. Razer ne se moque pas du monde en commercialisant un périphérique en tout point remarquable. Seulement voilà, à plus ou moins 150 euros, il est aussi terriblement plus coûteux que son grand frère, le Tartarus v2, que l'on trouve chez de nombreux revendeurs à plus ou moins 80 euros. Second problème, la principale innovation du Pro sur le v2 réside dans ce double seuil d'activation des contacteurs... une fonctionnalité intéressante, mais particulièrement délicate à maîtriser qui risque de rendre l'achat du Pro inutile pour de nombreux joueurs. En l'état actuel des choses, nous préférons toujours le Tartarus v2 et si le double seuil d'activation vous intéresse, nous vous invitons sérieusement à le tester avant d'acheter.

   
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     ON A AIMÉ :    ON N'A PAS AIMÉ :    
   
  • Contacteurs hybrides sensibles et précis.
  • Fonction HyperShift pour tripler les commandes.
  • Une finition exemplaire.
  • Logiciel complet pour une personnalisation totale.
  • Rétroéclairage de qualité.
 
  •  Tarif bien trop élevé.
  • Double activation particulièrement difficile à apprivoiser.
  • Peu adapté aux petites mains, exclusivement pour droitiers.
  • Molette pas très accessible.
   
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    FICHE TECHNIQUE :    
   
  • Prix : 150 euros environ
  • Poids : 315 g
  • Dimensions : 202 x 151 x 64 mm
  • Connexion : filaire, USB 2.0 (1,8 m)
  • Nombre de fonctions : 32, toutes programmables
  • Contacteurs : Razer hybride (optique analogique)
  • Rétroéclairage : RGB touche par touche
  • Où acheter ? : Amazon
   
         

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