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On a joué à Oninaki, le nouveau jeu de Tokyo RPG Factory (I Am Setsuna) : Enfin du mieux ?

On a joué à Oninaki, le nouveau jeu de Tokyo RPG Factory (I Am Setsuna) : Enfin du mieux ?

Par Thomas Pillon - publié le
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Après I Am Setsuna et Lost Sphear, le jeune studio Tokyo RPG Factory, fondé en 2014, continue de poursuivre avec abnégation sa mission initiale : proposer des titres inspirés des temps jadis. Car vous ne le savez que trop bien : le J-RPG, c'était mieux avant, à ce qu'il paraît. Mais avant quoi, au juste ? 

Voici donc l'affilié à Square Enix une nouvelle fois sur le devant de la scène avec Oninaki, un titre qui lorgne cette fois du côté de l'action-RPG. Présenté pour la toute première fois lors d'un Nintendo Direct en février dernier, le troisième jet des japonais va-t-il permettre au studio de franchir un palier ? S'il est encore bien trop tôt pour rendre un quelconque verdict, nous avons tout de même pu embarquer dans l'univers passablement morbide du jeune Kagachi. 

Kagachichō  

Si les deux précédentes productions de Tokyo RPG Factory ne se caractérisaient pas par une thématique particulièrement joviale, Oninaki enterre d'entrée de jeu l'idée de changer de crèmerie, puisque nous découvrons que notre gusse aux cheveux blanc coche à peu près toutes cases du héros du jeu de rôle à la sauce teriyaki : orphelin de son état, Kagachi grandit avec son amie d'enfance Mayura avant de finalement devenir un Watcher, une sorte de passeur d'âmes entre le monde des Morts et celui des Vivants. Autant vous dire que son quotidien n'est pas des plus reluisants, puisqu'il voyagera sans cesse entre ces deux dimensions pour tenter d'accompagner les défunts désireux de tourner la page de leurs tourments, et côtoie donc littéralement la Mort au quotidien. Un type sympa, ce Kagachi. Passablement blasé du haut de son adolescence avancée (nous sommes dans un J-RPG, après tout), le jeune homme s'avère sans pitié avec les défunts errants, même les enfants en bas âge : les Watcher n'ont que faire de leurs sentiments, et les premières scènes de l'histoire nous laissent espérer une atmosphère sombre qui devrait laisser place à quelques scènes touchantes.  

J'appuie sur la gâchette

Lorsque l'on exerce cette curieuse profession, il est tout à fait normal de passer d'une dimension à l'autre en un claquement de doigt. En l'occurrence, c'est une pression sur la gâchette L2 qui vous fera basculer de l'ombre à la lumière, une dualité qui habille chaque décor du jeu, qu'il s'agisse d'une vielle en apparence paisible où une contrée hostile remplie de mobs à occire. Sans être révolutionnaire, ce principe permet quelques mécaniques de gameplay sympathiques, et change par ailleurs la nature de vos adversaires, tout en ouvrant quelques passages plus ou moins cachés. La progression débloque d'ailleurs un bon paquet de points de téléportation, qui faciliteront évidemment les déplacements futurs. Sans réinventer la roue, cette dualité dédouble habilement chaque zone, et devrait forcément faire la joie des complétistes du jeu de rôle. Le choix des teintes plus sombres et violacées dans cette première démo nous fait d'ailleurs espérer une aventure moins terne que par le passé. Le design des protagonistes se révèle plus proche du style d'Akihiko Yoshida (Vagrant Story, Bravely Default) que des héros chibi des précédentes productions du studio. Et c'est tant mieux, puisque la sensation d'univers générique qui a pu exister par le passé s'estompe enfin. Espérons tout de même que le méchant archétypal aperçu à la fin de cette session réserve quelques surprises. 

Croix croix carré...

Mais puisque Kagachi et sa cohorte de démons vont plutôt passer leur temps à se défaire de leurs adversaires, autant se pencher sur les joutes d'Oninaki. Cette fois, Tokyo RPG Factory oublie le bon vieux tour-par-tour et opte pour une action résolument plus directe. Empruntant assez largement à la série des Tales Of, Oninaki permet de penser pour deux, puisqu'en plus des coups d'épée portés par votre anti-héros, il faudra s'aider de son roster de démons attribué à la croix directionnelle. Chacune des quatre directions vous permet ainsi de switcher à la volée pour faire face à toutes les situations, le gros bourrin de service n'ayant pas toujours réponse à tout. Au fur et à mesure de leur évolution, vos sbires d'outre-tombe débloqueront de nouvelles capacités forcément toujours plus destructrices, que l'on activera avec les gâchettes R1, R2, triangle et rond. Dotées d'un cooldown qui oblige forcément à varier les attaques (et les démons, donc), ces attaques apportent suffisamment de variété pour faire oublier la grande simplicité de celles de base de Kagachi. Le système de fury se révèle également astucieux : une fois la jauge remplie à 100%, vous pouvez balancer la sauce sur le premier venu, mais il ne faudra pas trop en garder sous le coude, car une accumulation trop prudente aura également des effets négatifs sur vos déplacements. Avis aux radins précautionneux dont votre serviteur fait évidemment partie : il va falloir changer vos habitudes. 

ON L'ATTEND... PRESQUE !
Oninaki s'annonce pour le moment comme la production la plus tranchée du jeune studio japonais. Avec une thématique morbide prometteuse et une système de combat qui emprunte sans rougir aux Tales Of, Oninaki pourrait enfin tirer son épingle du jeu, après deux premiers titres un peu ternes. Espérons que la version finale tienne sur la durée ses promesses, car pour une fois, Tokyo RPG Factory semble avoir trouvé la voie.

Galerie photo Oninaki - 3 images (cliquez pour zoomer)

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