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Une heure en compagnie de GTA 5

Vers l'ultime bac à sable
Par Julien Chièze - publié le - mis à jour le

GTA V est un colosse. Un événement avant même sa sortie. A chaque bribe d'informations, Internet implose preuve de la fièvre ayant saisi les joueurs. Le prochain titre de Rockstar North est en effet le seul à pouvoir faire chanceler l'hégémonie de Call of Duty dans les charts mondiaux. Probablement le dernier phénomène du duo PS360. Mais au-delà des perspectives froides des attendus volumes de ventes cosmiques, c'est bien l'expérience de jeu qui importe. Ainsi après les trailers, j'ai enfin pu voir le jeu  en mouvement pendant plus d'une heure à Londres. L'heure du premier constat. Résultat, si de nombreuses questions restent en suspens, ce qui m'a été donné de voir annonce un GTA V définitivement stellaire. Immersion...

En préambule, même si GTA IV aura su me séduire, sachez que je n'ai rien d'un fanatique absolu de l'univers GTA. En revanche, je confesse être impressionné par la montée en puissance de Rockstar. Jeu après jeu, la barre monte, les scénarios s'étoffent, l'immersion se densifie, les personnages marquent de plus en plus. C'est donc avec curiosité, mais sans fébrilité, qu'il y a quelques jours je me suis rendu à Londres pour découvrir GTA V, le phénomène annoncé. Face à moi un écran géant, théâtre d'une heure de gameplay pur, joué live sur PS3 par un responsable de Rockstar. Alors oui, j'aurais rêvé faire la fine bouche, nouveau gage de street credibility, mais difficile de se contenir lorsque la mâchoire se décroche. Il n'aura en effet suffit que de quelques secondes pour me calmer. Direct. Le temps que Franklin, l'un des trois héros, se présente face à la porte de l'avion. Le vent s'engouffre violemment dans la carlingue et la fait vibrer. Sous ses pieds, plus de 5.000 mètres de vide. Un saut plus tard, son parachute s'ouvre. Commence la descente... et là je comprends. Je comprends que je ne suis pas face à un simple gros jeu AAA. Je réalise aussi pourquoi Rockstar a voulu commencer par cette scène. Pourquoi ce généreux panorama porte en lui toute l'ambition d'un projet au potentiel ludique honteusement surréaliste. Pourquoi GTA V risque de faire mal. Très mal.

Devant mes yeux se dresse donc un terrain de jeu titanesque. Certes, la formule peut paraître boursouflée, mais il n'y a pas d'autres mots : du jamais vu, tout simplement. Des montagnes escarpées plein cadre, la mer à l'est, une base militaire et la dense Los Santos au loin. Un monde microscopique qui ne cesse de se détailler à mesure que Franklin descend. Pour la première fois dans un GTA, une musique de fond habille la scène, renforçant l'immersion. De l'électro calme et voluptueuse. Les choses se précisent. En contre-bas, un groupe s'amuse avec des buggys, tandis que des pêcheurs attendent que les poissons mordent. Des routes s'enroulent autour du mont. La forêt, les cours d'eau, des cascades... de la vie partout.

Il est évidemment trop tôt pour dire que chaque mission et objectif annexe sera passionnant(e). Ce serait aller plus vite que la musique. Mais la promesse d'immensité fait rêver, suscitant dans un même souffle une sensation de vertige et l'appel pour le joueur que je suis de partir me perdre dans cet univers virtuel, tester si ceci est possible, si je peux aller ici, là-bas, faire si, faire ça. D'autant qu'il sera possible de participer à une constellation d'activités comme faire du golf, du tennis, du triathlon, du vélo, du base-jump... et même du yoga ! Le système de customisation général s'annonce aussi ahurissant (tatouages, coupes de cheveux, habits, armements, véhicules, etc). M'amuser oui, mais avec le plus grand bac à sable jamais créé. Tout simplement... 

Vertigineux

Lorsqu'on sait que GTA IV aura coûté près de 100 millions de dollars, je n'ose à peine imaginer le coût de ce nouvel opus. La démesure est telle... Le degré de détails tout bonnement vertigineux. Le message des créateurs du jeu est sans détour : "nous voulons créer l'ultime jeu à monde ouvert. Il s'agit du plus grand jamais conçu dans un jeu vidéo, mais aussi du plus riche en terme d'activités proposées". Après une heure à parcourir ce monde virtuel, je crois qu'ils sont bien partis pour réussir leur audacieux pari. L'une des nouveautés notables reste la possibilité d'accéder à l'ensemble de la carte dès le début de l'aventure. Si tout est accessible d'entrée, les moyens pour visiter les lieux s'étofferont en revanche au fur et à mesure. Inutile d'imaginer piloter un hélicoptère avant d'être assez riche pour posséder un héliport par exemple. Et je ne parle même pas des voyages en avion de chasse... même si j'en rêve déjà.

Pour vous donner un petit ordre d'idée de la taille des lieux, si l'on compte les zones sous-marines (toutes modélisées), le monde de GTA V est 5 fois plus vaste que celui de Red Dead Redemption. Entre d'autres termes, il est plus grand que l'addition des cartes de GTA : San Andreas, GTA IV, et Red Dead Redemption. Cela peut paraître abstrait écrit comme ça, mais lorsque vous vous le mangez en pleine face, croyez-moi... j'en ai presque eu le tournis. 

Au-delà de la taille du jeu, je dois confesser avoir été étonné par le rendu visuel général. Si la patte esthétique ne va pas lorgner du côté du photo-réalisme, si le tout garde un semblant d'effet un rien cartoon, ou du moins stylisé, en revanche, la qualité des éclairages et la finesse des rendus impressionnent. Sur mer, voir le soleil couchant se réfléchir sur la crête des vagues, ou encore admirer la diffusion de la lumière sous l'eau m'a laissé bouche bée. Tout simplement superbe. Pour m'en être bien assuré, le jeu tournait sur une PS3 tout ce qu'il y a de classique (une PS3 dite "Test" que nous utilisons pour nos tests). Pourtant à l'écran, pas d'aliasing ou de clipping notable. Une image très propre, mais au rendu assez doux. Pas de doute, l'équipe de Rockstar est partie puiser tout ce qui restait dans les entrailles des consoles HD. Et il en restait donc un peu. Une étonnante leçon.

Au passage, sachez que lorsque vous serez sur mer, vous aurez tout loisir de plonger. A tout moment. Partout. L'ensemble des fonds marins ayant été modélisés. Pour rester sous l'eau, il faudra juste posséder une combinaison de plongée. Logique. Sous l'eau, un autre monde avec des carcasses de véhicules rongées par la mer. Les développeurs m'ont parlé de nombreux secrets à découvrir. Ils auraient eu tort de s'en priver. A noter aussi que j'ai pu voir Trevor piloter une mini-frégate et devoir composer avec des vagues à la physique délicieusement réaliste. Définitivement, un seul mot résume à lui seul tout ce que j'ai vu : immersion. Et si en toute franchise je n'ai pas vu suffisamment d'éléments pour dire si le jeu à proprement parler sera bon et son histoire consistante, il ne fait en revanche plus de doute sur le fait que nous tenons là le plus grand et riche terrain de jeu créé dans l'histoire du jeu vidéo. Je vous l'ai déjà dit ? Eh bien permettez-moi de le répéter. Ca tourne en boucle dans ma tête depuis 1 semaine, le monde doit savoir...

Vivant

En marge d'un visuel grandement amélioré depuis GTA IV, ce nouvel opus souhaitait offrir une autre approche de la narration. Dans les faits, il existe 3 héros, vous le savez. Trois histoires distinctes que vous avez pu découvrir via les récents trailers dédiés à Michael, Franklin et Trevor. Trois histoires qui ne cessent de s'entrechoquer. Il est possible de passer de l'un à l'autre à tout moment via une roulette de sélection. A ce moment, la caméra dézoome brutalement, tandis que l'écran passe en noir et blanc. Le cadrage se déplace alors rapidement vers la nouvelle zone. A chaque mouvement, un bruit sourd (et une habile manière de dissimuler tout chargement). Et puis de plus en plus rapidement, la caméra replonge et retrouve le nouveau héros sélectionné. Il pourra exister des missions en solo, à deux, ou avec les 3 personnages simultanément. Les switchs pouvant alors s'effectuer manuellement, ou automatiquement lors de certaines cut-scenes.

Intéressant de noter que l'on retrouvera les protagonistes lors d'actions parfois ubuesques. En l'occurrence, Trevor était assoupi, à moitié nu (un slip blanc et des santiags), de nombreux corps inertes trônant à côté de lui. Que s'est-il passé ? Voile pudique. C'était d'ailleurs la faiblesse de cette présentation. Une heure permet effectivement d'en voir plus sur du gameplay dévoilé pour la première fois. Une heure permet de comprendre le monstre ludique qui se profile. Mais une heure n'apprend rien, ou si peu, sur le scénario et la qualité de sa satire sociale. Reste qu'on connait les frères Houser et la qualité de leur plume... Et si les attendues références à Heat ou Scarface étaient déjà là, et la petite vie des peoples ambiance TMZ, si typique de Los Angeles, aussi, espérons que GTA V n'oubliera pas d'exploser tout ça pour conquérir d'autres terrains.

Personne n'est dupe. En attendant les futures présentations conçues pour distiller au compte goute les informations (histoire, multijoueurs, etc), maximiser les retours presse et faire monter la pression, revenons-en au "jeu". Entre la montagne, la forêt, le désert ou l'agitation de Los Santos... j'ai pu percevoir les différences de traitement visuel et les changements notables d'ambiance. Pour ceux qui connaissent bien Los Angeles, tout y est. Sunset Boulevard, Château Marmont, le Chinese Theatre, Hollywood Boulevard, Mulholland Drive... il suffit d'avancer pour ramasser les références et clins d'oeil à la pelle. Idéal pour rendre la ballade numérique joliment jubilatoire. 

Les rues grouillent de vie. Des paquets de passants, des véhicules en pagaille (et au comportement routier visiblement moins fantaisiste qu'auparavant), des vendeurs à la sauvette, des touristes... Los Santos est bien la mégalopole cosmopolite à laquelle on s'attendait. Vous pourrez d'ailleurs la prendre en photo avec votre smartphone, avant de balancer les photos virtuelles sur une sorte de Facebook in-game. Répondre à des coups de fil, gérer vos amis... du pur GTA

Les animations se veulent aussi plus naturelles. Trevor frotte son nez régulièrement avec un tic ne dissimulant pas son addiction pour la poudre blanche ou autres joyeusetés. Franklin bouge les bras de manière heurtée comme tout bon amateur de hip-hop, tandis que Michael se veut plus élégant et posé. En apparence du moins.

Autre nouveauté, chacun disposera de capacités spéciales. Franklin pourra ralentir le temps en véhicule, Michael pourra ralentir le temps lors des fusillades, Trevor pourra infliger plus de dégâts et en subir moins. Ces capacités seront évidemment limitées dans le temps. J'aimerais bien vous en dire plus... sauf qu'elles ne m'ont pas été montrées pendant la présentation. Encore un peu de patience pour juger de leur impact sur le gameplay général. 

Un point qui est aussi revenu fréquemment : l'importance de l'argent. Les dollars serviront à tout. Vie sociale, immobilier, embauche d'hommes de main (qui vous couteront plus ou moins cher en fonction de l'aide apportée)... la palette des possibilités semble gargantuesque, mais sur ces points précis, patience : je n'ai rien vu de concret. 

Patience

Restait à voir comment fonctionnait les séquences rassemblant les trois héros. J'ai donc pu assister à une scène de braquage. A noter que les développeurs m'ont précisé, mais pas montré, qu'il sera possible de préparer assez précisément ses missions. Choisir son mode opératoire (brutal ou furtif), la sélection de ses masques, le choix des armes, des véhicules et autres aspects comme le recrutement d'équipiers. En attendant de le voir, voici le déroulé de ce que j'ai vu. Premier temps : garer un camion en milieu d'une ruelle avec Michael. La proie se retrouve bloquée. Deuxième temps : rapidement switcher sur Trevor pilotant un véhicule bélier. Troisième temps : repousser les assauts de la police venue en renfort. La fusillade qui s'en suit permet alors d'alterner, à tout moment, entre les différents héros. L'un joue du fusil, l'autre du sniper et le dernier envoie tout valser au bazooka. Au joueur de composer avec ces ingrédients et points de vue variés. Il est certain en tout cas que le système de couverture a été revu pour plus de souplesse, et qu'il est désormais possible de tirer en courant et non plus juste en marchant. L'action semble globalement plus intense, mais il me faudra en voir plus pour confirmer cette première impression. 

A l'heure du bilan, j'avoue avoir été clairement séduit par ce qu'il m'a été donné de voir. Quelle frustration néanmoins de n'avoir pu jouer à aucun moment. J'ai pu néanmoins m'en assurer, tout tournait bien sur une PS3 et en temps réel. Vous imaginez bien que j'ai posé la question d'une possible version Next Gen. Mais comme il fallait s'en douter, on m'aura surtout expliqué combien Rockstar s'était employé à tirer le meilleur de la génération actuelle et qu'il s'agissait d'un sacré défi. Vous noterez néanmoins qu'il ne s'agit pas d'un "non" formel. L'espoir fait vivre. Pour ceux qui auraient aussi envie de comparer GTA V à Watch_Dogs (même si les deux titres gardent leurs singularités) le rendu de GTA est certes bien moins réaliste et précis que la future production d'Ubisoft, mais attention : le terrain de jeu ne devrait rien avoir de comparable en terme de surface. Sans parler du fait que Watch_Dogs a toujours été montré avec un rendu Next Gen, ce qui n'est pas le cas de GTA V. Un héritage des consoles HD actuelles qui illustre une autre limitation : celle du DVD de la Xbox 360 ! Il m'aura suffit de voir les yeux des responsables de Rockstar se tourner vers le ciel lors de cette question pour comprendre qu'ils triment sur ce point. En effet si un seul Blu-ray suffira sur PS3, la taille du jeu imposera à la version Xbox 360 de tenir sur plusieurs disques. Impossible malheureusement de savoir pour le moment comment les découpes auront été effectuées, ni même leur nombre... 

Une seule certitude à ce jour : GTA V est calibré pour être le plus grand jeu bac à sable jamais créé. Sa réalisation technique et la richesse des environnements impressionnent pour des consoles HD que l'on pensait déjà au maximum. Mais il reste évidemment beaucoup à voir et à vivre pour mieux cerner ce colosse résolument gargantuesque. Quid de la profondeur réelle du scénario et des nouveautés apportées aux modes multijoueurs  ? Du coop à trois sera-t-il envisageable ? On m'aura souligné avec malice que l'idée était "vraiment intéressante". Quid du rythme général ? Y aura-t-il des échasses ? Quel sera réellement le feeling de la prise en main ? Autant de questions qui devraient trouver leurs réponses dans les mois à venir. Rockstar semblant désireux de ne plus lâcher la parole d'ici la sortie du jeu, le 17 septembre 2013... et il pourrait y avoir encore beaucoup à dire tant l'ambition du projet ne semble avoir pour seule limite que le ciel.

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Si ça, c'est pas un clin d'oeil à Heat... (NdRaHaN)

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