The Last of Us Remastered sur PS4, le test de Nightmare1984

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Nightmare1984
9
Nightmare1984 PS4

The last but not least.

Un an après avoir chamboulé l'univers du jeux vidéo avec The Last of Us, Naughty Dog ressort son chef d’oeuvre sur la toute jeune Playstation 4 en version remastérisée. Cette dernière arrivera-t-elle à convertir les joueurs n'ayant pas franchi le pas dans cet univers post-apocalyptique de tous les extrêmes; mais aussi à convaincre les possesseurs de l'original à refaire le voyage initiatique en compagnie d'Ellie et de Joël? C'est ce que nous allons voir.

 

Une histoire loin d'être sporifique.

 

Difficile de parler du scénario sans rien spoiler à l'aventure. Pour résumer simplement l'histoire: l'action se déroule en 2033 dans un univers post apocalyptique où le monde civilisé tel que nous le connaissons a disparu et que les derniers survivants se sont réfugiés non pas dans un métro mais dans des zones de quarantaine contrôlées par l'armée. Comment l'humanité en est-il arrivé là? Un champignon parasite, le Cordyceps, a infecté la planète, transformant les gens qui ont inoculé le virus en êtres décérébrés en quête de chair fraîche. Une intrigue de postulat basique qui ne sera pas le centre d’intérêt du scénario de The Last of Us. Celui-ci se concentre essentiellement sur les différents personnages du jeu et plus particulièrement sur le duo Joël et Ellie. Joël est un contrebandier à la quarantaine bien passée qui va devoir faire équipe malgré lui avec une jeune adolescente de 14 ans, Ellie donc, au caractère bien trempé. Leur périple les amènera à traverser les États-Unis.

Que dire de plus sans rien gâcher au plaisir de la découverte sinon que l'histoire de The Last of Us est magnifique non pas par son intrigue assez prévisible malgré son lots de rebondissements, mais par ses personnages finement travaillés, ses dialogues toujours justes, cette empathie mais aussi son côté dénonciateur de pas mal de choses sur la nature humaine quand on essaie de creuser un peu plus en profondeur l'intrigue. De cette introduction d'anthologie jusqu'au générique de fin vous serez happés dans cette aventure qui prend aux tripes où toutes les émotions se succèdent: la tristesse, la joie, l'humour, le stresse et même par moment le tout mélangé mais toujours avec cette justesse de l'écriture tout simplement parfaite! The Last of Us nous prouve que l'on peut avoir une intrigue et des personnages attachants sans mettre de côté le gameplay ou de nous abreuver de cinématiques à n'en plus finir. Les Kojima, TellTale et autres David Cage devraient en prendre un peu de la graine...

 

Le livre d'Ellie.

 

Présenté comme un survival/action par ses développeurs, The Last of Us n'est clairement pas un survival/horror. Le jeu ne procurera aucun frisson, tout du moins de peur. Pour se faire une idée concrète du gameplay, il faut repenser au très sous estimé chef d’oeuvre de Rockstar North: Manhunt; auquel on lui aurait rajouté une bonne dose d'exploration et le craft. Cette capacité de customiser des armes ou des objets en récoltant divers ustensiles ça et là. Besoin d'une trousse de soin car la vie ne se régénère pas automatiquement par miracle? Trouvez du chiffon et de l'alcool. Oui mais attention l'alcool sert aussi à créer des cocktails Molotov très utiles, et on ne trouve ces matériaux que très rarement surtout dans les niveaux de difficulté les plus élevés. Ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres. Il sera possible aussi de récupérer des pièces détachées pour améliorer ses armes (vitesse de rechargement ou capacité du chargeur améliorée) et ses aptitudes (barre de vie plus grande ou visée plus stable). Mais attention ces améliorations ne vont pas transformer Joël en super héros; sans compter que la difficulté du titre augmente de façon exponentielle au fil de l'aventure.

Dans les faits on se retrouve devant un TPS axé infiltration ou le moindre faux pas peut se conclure par une mort certaine et où la fuite n'est pas une fatalité mais un moyen de survivre face aux hordes d'infectés (qu'ils soient aveugles ou réceptifs à la lumière) ou aux survivants utilisant des armes à feu la plupart du temps. Inutile de foncer dans le tas car c'est le suicide assuré, surtout que l'IA est agressive et d'une crédibilité saisissante. Les ennemis préparent des stratégies, ne jouent pas les kamikazes, réagissent en fonctions de l'arme que vous utilisez, vous contournent, se replient et peuvent vous traquer en fouillant scrupuleusement chaque recoin. Ne pensez pas apprendre par coeur leurs habitudes l'IA est totalement aléatoire pour la majeure partie du temps. Mais l'IA alliée n'est pas en reste. Ellie vous indiquera si vous n'avait pas repéré un ennemi sur les flancs, pourra faire diversion en jetant une brique sur la tronche d'un gars, fournira des munitions qu'elle aura trouvé, se servira de son canif pour aider Joël si il se fait attraper et plus loin dans l'aventure elle pourra même aider le joueur avec un pistolet. Alors certes par moment les ennemis ne voit pas Ellie quand aucune «phase d'alerte» n'a été déclenchée, ceci étant un choix assumé de la part des développeurs pour ne pas rendre le jeu frustrant. Ellie se déplace furtivement derrière Joël la plupart du temps et reste à couvert constamment dans les moments tendus. En ce qui concerne la jouabilité, les aficionados des Uncharted seront en terrain connu. Joël se manie aussi agréablement que Nathan Drake mais avec vingt ans de plus. La jouabilité s'en retrouve plus lourde et réaliste. Fini l'escalade facile et les sauts de cabri et place à une progression plus lente et plus furtive sans compter qu'il faudra aider Ellie à franchir des obstacles vu qu'elle ne sait pas nager.

 

The First of Us.

 

Étant une référence dans le domaine graphique sur la génération de consoles précédentes, qu'en est-il de cette version PS4? The Last of Us Remastered est en 1080p et cela se voit mais fait ressortir aussi tous les défauts de textures qui était dissimulés par des «caches misères» comme une résolution moindre ou un effet de flou sur les environnements lointains. Autre défaut qui pourra gêner les puristes, le côté cinématographique a disparu accentué par le 60fps constant (il est possible de mettre le jeu en 30fps) ainsi que l'apparition de bugs d'affichage absente de la version PS3. Rassurez-vous The Last of Us reste un très beau jeu qui tient tête au productions actuelles notamment grâce à ses effets de lumières maîtrisés, la modélisation des personnages tout juste bluffante ainsi qu'au soucis du détail presque obsessionnel apporté au moindre décors donnant une crédibilité sans faille au jeu. Chaque pièce est unique, chaque maison, chaque décor et environnement regorgent de détails que l'on a l'impression de vraiment participer au voyage en compagnie de nos deux héros.

La bande son est toujours aussi sublime. La minutie du travail sonore est égal aux graphismes de The Last of Us! Si vous avez une installation adéquate vous allez vraiment vous immerger à 200% durant la quinzaine d'heures de jeu que prendra le périple de Joël et Ellie en mode normal. Mais le son en DTS est aussi très utile pour repérer des ennemis cachés dans les décors. Pour ceux qui n'ont pas un Home Cinema, il existe le mode Écoute (désactivable dans les options) qui permet à Joël de repérer les ennemis uniquement bruyant à travers le décor si ces derniers ne sont pas trop éloignés. Les musiques sont très minimalistes respectant parfaitement l'ambiance du titre. Certaines font même penser à Red Dead Redemption. Quant à la VF elle est tout simplement sublime malgré un bug de synchronisation assez gênant lors d'une cinématique durant les premières heures de l'aventure qui n'a malheureusement pas été corrigé. Uncharted nous avait habitué à avoir des héros bavards pendant les phases de gameplay, nous dévoilant ce qu'ils ressentent, ici c'est la même chose mais en décuplé. Certains pans très important du scénario sont dévoilés lors des phases de jeu et non uniquement durant les cinématiques. Autre comparaison avec les aventures de Nathan Drake: les animations. Autant celles dans la trilogie Uncharted étaient des références du genre, autant ces dernières se retrouvent ridiculisées par The Last of Us qui place la barre tellement haute qu'elles restent aujourd'hui encore une référence dans le domaine.

Cette version remastérisée apporte avec elle tous les DLC multijoueurs: à savoir les nouvelles cartes ainsi que les nouveaux modes de jeu comme Interrogatoire par exemple. Left Behind, le DLC solo nous permettant de vivre le jour fatidique où la vie d'Ellie a basculé en compagnie de son amie Riley est aussi inclus, ainsi que le making-of et les commentaires audio des développeurs/acteurs durant les cinématiques. Vous l'aurez compris, The Last of Us Remastered ne propose quasiment rien de nouveau pour tous ceux qui auraient fait la version PS3 avec le Pass Online.

Les plus:

- Le chef d’oeuvre de Naughty Dog sur PS4.

- L'histoire bouleversante de ses personnages.

- Le gameplay.

- Le choix entre 60fps et 30fps.

- Le contenu.

Les moins:

- Aucune réelle nouveauté.

- Le côté cinématographique en retrait.

- Bugs d'affichage absente de la version PS3.

The Last of Us Remastered est supérieur quantitativement à la version PS3. Mais comble de cette dernière qui pourra se révéler être supérieur sur le plan qualitatif. Sûrement dû au fait que le chef d’oeuvre de Naughy Dog a été conçu pour tourner sur Playstation 3 et uniquement dessus. Malgré cela, le titre reste un indispensable pour tous les possesseurs de PS4 qui auraient fait l'impasse dessus l'année dernière.

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