Shadow of the Colossus sur PlayStation 2, le test de Antho

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Antho
10
Antho PS2

Terres d'agonie

Assis contre la paroi d'un temple, j'ouvre les yeux. Depuis trois jours, la lumière ardente qui possédait les lieux ne me réveille plus. Disparue, comme mon âme est en train de disparaitre, à mesure que je les terrasse.
Eux, ce sont des géants, des "colosses".
Trois jours donc que je traverse les plaines mornes et sans vie du royaume damné de Dormin. Il m'a pourtant juré de la ramener à la vie si je délivre son monde de ces créatures gigantesques.
Elle, c'est la femme que j'aime, sacrifiée par son village en prévision d'un destin funeste.
Trois jours que je ne mange plus, que je dors peu. Toujours la même obsession: chercher le colosse suivant, le tuer...

 

Shadow of the Colossus a fait l'effet d'une petite bombe dans le milieu du jeu vidéo. Unanimement, de nombreux experts ont parlé d'art, tant les décors, la musique et l'ambiance jouent un rôle primordial. Mais ce n'est pas seulement ça qui a conquis les joueurs, c'est une forme d'introspection, de questionnement, presque une mise en abime.Je m'explique. Dans SotC, vous incarnez Wanda, un jeune dont on ne sait rien, si ce n'est qu'il est prêt à tout pour ressusciter sa promise. Il partage sa route avec Agro, son fidèle destrier qui vous accompagne dans cette quête sans répit.


Les colosses sont des géants ayant des points faibles différents qu'il faudra tenter d'atteindre pour pouvoir en venir à bout. Pour réussir, vous devrez donc proprement les "escalader" en tentant de s'agripper à leur armure, poils, ou en sautant de cheval.


Mais LA différence majeure dans ce jeu se situe dans le fait que vous ne tuez pas "par plaisir". En effet, lorsque vous abordez un colosse, celui-ci ne vous attaque pas. Vous devez donc le provoquer, puis en venir à bout. Chaque coup d'épée planté lui arrache même un horrible cri qui vous hantera longtemps. A chaque colosse terrassé, d'étranges filaments noirs viennent vous posséder et vous font tomber dans le coma. Vous vous réveillez alors dans le temple du début, chaque fois plus courbé, plus amoindrit physiquement, plus "terne".


Très vite, le jeu vous impose une réflexion très éloignée de tous les jeux manichéens où il faut tuer les méchants pour sauver la planète. Ici, chaque acte est un pas de plus vers l'égoïsme, vers la dégradation du monde, de la nature, de l'équilibre.

Pour le bien, certes, mais à quel prix ?
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