Sherlock Holmes contre Jack L'Eventreur sur Xbox 360, le test de SerialButcher

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Frayeur dans le Londres de 1888...

Jack l’Éventreur... Ce nom résonne en moi d’une manière bien particulière. Il fût le premier tueur en série dont j’entendis parler… Premier “contact” avec ce monde cinglé, obsédant et malsain. Les photos en noir et blanc de ses meurtres particulièrement sauvages m’ont marqué depuis très longtemps au fer rouge... Grâce au développeur Spiders Games, l’heure est venue de mettre hors d’état de nuire et d’arrêter ce malade mental...

 


 
Londres, 1888...
L’aventure commence dans l’appartement de Sherlock Holmes en compagnie de son acolyte le Docteur Watson... Après une brève discussion entre les deux compères, le célèbre enquêteur laisse Watson seul... Est venu pour vous le moment de prendre la main… Il s’en suit un petit tutorial qui vous expose rapidement les quelques actions qui vous sont allouées... 
Les indices sont indiqués par une petite loupe verte. Une fois la preuve analysée, ladite loupe perd son attribut de couleur, indiquant ainsi que l’indice a déjà été regardé. Pour interagir ou prendre des objets, l’icone se transforme en main. Les objets récupérés, se retrouvent dans votre inventaire, en forme de sacoche ouverte. C’est dans celle-ci que vous pourrez, plus tard, faire des combinaisons d’items pour en créer d’autres, nécessaires à la progression de l’enquête. Du grand classique pour ce type de jeu.
La première particularité de ce “Point and click” est la possibilité de jouer en vue à la troisième personne ou en vue subjective. Cette dernière me semble être la plus intéressante et la plus efficace pour explorer du regard les moindres détails et indices d’un lieu. L’immersion n’en n’est que meilleure...
Premier constat, les graphismes surannés piquent pas mal une rétine habituée aux déluges d’images HD ou éblouie par les nombreux effets pyrotechniques impressionnants, des derniers blockbusters... Portage rapide d’une version PC déjà pauvre graphiquement oblige... Mais une fois cette petite gène dépassée, l’immersion est bien là et cette pauvreté graphique ne nuit finalement en rien à l’envie d’avancer et de coincer Jack l’Éventreur.
Après ce didacticiel très sommaire, dirigeant toujours Watson, la carte de Londres sous le bras, vous sortez de l’appartement de Holmes... 
L’enquête peut commencer.

 


Premier pas, premières missions...
Dès le début de l’aventure, vous comprenez très vite le principe de base de ce jeu. Il s’agît de réussir missions et sous missions pour obtenir divers objets ou informations afin de faire avancer la trame narrative. Ces quelques allées et venues dans le quartier de Whitechapel vous permettent de vous repérer dans les rues et ruelles glauques, humides, et immergées dans un brouillard typiquement Londonien. En plus de ces sous missions, le jeu vous proposera bon nombre d’énigmes à résoudre. Et oui, on n’incarne pas Sherlock Holmes et le Docteur Watson pour faire des crêpes... Le gros problème de ces énigmes, plutôt diversifiées, est le régulier cruel manque d’information... Non pas pour résoudre ces dernières mais pour savoir quoi faire... Il vous arrivera très souvent de tâtonner pour comprendre ce qu’on veut de vous... Pas vraiment au point... Mais bon, rien d’insurmontable non plus...

 


Premier meurtre, premières déductions...
Après plusieurs phases de dialogues et petits services rendus à divers PNJ, vient enfin le premier meurtre. Tout d’abord vous assistez à l’assassinat à travers les yeux du tueur. Idée originale et surtout importante en soit. En effet, observer «en live» ce premier crime vous donne déjà un bon nombre d’informations primordiales dans la résolution de celui-ci. Position des mains, coup de couteaux donnés debout ou allongé, de droite à gauche ou de gauche à droite, etc...

Arrivés sur les lieux du premier meurtre commence pour le duo, la phase d’observation des indices. Tout d’abord, ceux laissés par terre, allant d’objets éparpillés, de trace de sang sur le sol ou sur les murs... Puis vient l’observation du cadavre et de ses blessures. Toutes ces phases d’analyses vous permettent d’obtenir des informations matérialisées dans un tableau de déductions. Lorsque tous les indices sont récoltés et la reconstitution du meurtre accomplie, vous serez dirigé vers ce tableau. À vous de relier les informations entre elles. Lorsque toutes les conclusions seront bonnes, vous retournerez dans l’appartement de Sherlock Holmes en compagnie de Watson afin de définir un début de profil du tueur... L’enquête se poursuit... Les meurtres aussi…

 


Historiquement au point...
Le moins que l’on puisse dire c’est que les développeurs n’ont pas fait les choses à moitié et par dessus la jambe. Les dates et heures des cinq meurtres, le mode opératoire, les indices laissés et découverts prés des cadavres, les blessures infligées, respectent scrupuleusement la triste réalité. Si vous connaissez les méfaits de Jack par cœur vous serez surpris par le respect de ces détails. Pour que l’aventure ne soit donc pas trop facile pour les connaisseurs, les développeurs ont eu la bonne idée de rajouter d’autres missions annexes afin de rallonger l’aventure, les pistes et les aventures du célèbre duo. Vous croiserez même le célèbre inspecteur Abberline qui mena la véritable enquête en 1888.


Pour clore l’affaire...
Ce Sherlock Holmes contre Jack l’Éventreur passé presque inaperçu lors de son portage sur 360, est plutôt une bonne surprise. Acheté d’occasion à un prix dérisoire, il a quand même réussit l’exploit de me faire arrêter ma progression dans Dead Space 2 pour me consacrer exclusivement et entièrement à la résolution de cette enquête. L’ambiance est bien là malgré des graphismes vieillots et des rues bien vides. La bande son laisse un peu à désirer... Peu de morceaux musicaux, qui reviennent souvent et qui sont joués en boucle. Les bruitages de pas par exemple, ressemblent plus à des sabots de chevaux qu’à une paire de bottines de 1888... Malgré ces quelques défauts, si vous êtes sensible à cette époque, à cette enquête et au « Point and Click », vous pouvez foncer les yeux fermés... Comptez une petite dizaine d’heures pour en venir à bout... Jack n’a plus qu’à bien se tenir...

 


J’ai aimé :
+ Traquer Jack l’Éventreur.
+ Les phases d’enquêtes / déductions.
+ L’ambiance générale bien glauque.
+ Le respect total du déroulement réel des meurtres.
+ Incarner à tour de rôle Holmes et Watson.

J’ai moins aimé :
- Les graphismes très moyens.
- Les animations minimalistes et répétitives lors des phases de dialogue.
- Énoncé des énigmes inexistant.


 

En bonus :
Pour vous immerger d’avantage dans l’aventure je vous conseille quelques films et livres traitant de Jack l’Éventreur. Je commencerai par le téléfilm britannique éponyme (1988) avec Michael Caine, qui nous livre ici une interprétation de l’inpecteur Abberline d’une rare intensité et efficacité. Pour moi, la meilleure adaptation sur écrans à ce jour. Vous avez également le plus récent From Hell (2001) avec un Johnny Depp incarnant également le célèbre Abberline. Mais, il faut reconnaître, avec beaucoup moins de passion qu’un Michael Caine au sommet de son talent. Ces deux films sont très intéressants car ils suivent et proposent deux suspects et deux pistes distinctes suivies par les « deux » Abberline.

En essais je vous propose Jack l'éventreur démasqué : L'enquête définitive de Sophie Herfort ou encore le passionnant Le livre rouge de Jack l'éventreur du spécialiste très connu et respecté Stéphane Bourgoin.

En comic le très très bon From Hell de Eddie Campbell (Dessins) et Alan Moore (Scenario) qui tout au long des 500 pages en noir et blanc vous tiendra en haleine jusqu’au dénouement final.

 

 

Pour voir ce même test illustré rendez-vous ici.

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