BlazBlue : Calamity Trigger sur Xbox 360, le test de balaziouf

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Le grand jeu de combat made in ARC sys est de retour

Désormais célèbre pour sa série Guilty Gear dont les épisodes ont été unanimement acclamés par la critique, ARC System Works revient sur le devant de la scène en proposant son nouveau joyau, Blazblue : Calamity Trigger. En reprenant les bases qui ont fait d’ARC Sys (pour les intimes) un incontournable du 2D fighting, BlazBlue s’avère être une nouvelle licence prometteuse.

 

Une aube nouvelle pour ARC

Tant par son originalité que par sa qualité indéniable, Street Fighter IV semble avoir remis le jeu de combat en 2D à la mode. Et pourtant, le pari n’était pas gagné. Mais à base d’audace et de métissage entre 3D et 2D, le titre ressuscita un engouement perdu depuis quelques années maintenant. SNK, qui suivit de peu l’initiative de Capcom, connut toutefois nettement moins de succès par le biais de son King of Fighter XII.

Qu’en était-il alors d’Arc System Works ? Paradoxalement, ce développeur fut le premier à ouvrir la marche en 2009, en sortant Battle Fantasia deux semaines avant Street Fighter IV(même si le titre date de 2007 en arcade). Attendu au tournant, ce jeu ne s’avère pas à la hauteur des exigences des joueurs. Sympathique sans être sublime, il ne parvient pas à exceller dans l’alliage entre 3D et 2D. Pire, il passe relativement inaperçu et ne  profite même pas du ‘phénomène’ Street Fighter IV. La licence sera vite oubliée.

On se prend alors à regretter les bons vieux jeux en full 2D qu’avait l’habitude de nous concocter ARC Sys. Car les Guilty Gear possédaient nombre de qualités. Outre une réalisation sans faille aux graphismes enchanteurs, ces jeux possédaient un dynamisme et une richesse de gameplay exceptionnelle. Seulement, pour de sombres histoires de droits d’exploitation, la licence Guilty Gear n’appartient plus à ARC.

Qu’à cela ne tienne,  les développeurs décidèrent d’effectuer un retour aux sources et de créer ce qui pourrait devenir leur nouvelle licence phare. Cette licence aura pour nom BlazBlue et son premier épisode sera sous-titré Calamity Trigger.

 

Le retour à la pure 2D

Pour ce titre, ARC s’est clairement inspiré de son ancienne poule aux œufs d’or. Le design est sensiblement similaire même si le background proposé diffère de ce qui a déjà été fait. Ici Bang le ninja côtoie Rachel Alucard la fille vampire et Carl Clover, jeune marionnettiste donne la réplique (de coups) à Litchi Faye Ling, l’intello sexy qui manie aussi bien le bâton qu’elle respire.

Les duels fratricides entre Ragna The Bloodedge et Jin Kisaragi rappelleront de vieux souvenirs aux Guilty Gearistes. Mêmes couleurs dans les vêtements (rouge opposé à bleu), même ‘type’ de personnage au niveau du design : Ragna met un peu plus de distance entre lui et Sol Badguy, notamment en arborant une tonsure grisonnante, alors que la filiation entre Jin Kisaragi et KI-Kiske est à peine voilé. Mais le design ne fait pas tout. Au vu de l’histoire, les caractères des personnages tranchent par leur originalité. Ragna, héros torturé aux yeux vermillon s’oppose du tout au tout à Jin le psychopathe.

Au niveau du nombre de combattants, le titre ne se présente pas comme une référence d’abondance. Seuls douze personnages sont jouables (comme dans Battle Fantasia), certains pouvant toutefois jouir d’une variante ‘unlimited’. BlazBlue se veut une nouvelle licence, un nouveau bébé. Pour Toshimichi Mori, l’homme à la tête du projet, inutile de courir après un foisonnement de personnages aux coups similaires.

 

Rebel 1

Car en matière de variété de coups, le titre se veut d’une exemplarité inédite. Respectant le cahier des charges de tout bon jeu de baston 2D qui se respecte, force est de constater qu’il y en a pour tous les goûts. Les joueurs qui ne sont pas familiers du genre pourront se tourner vers un Jin très maniables aux enchaînements relativement simples. Que dire aussi de Nu (V-13), boss aux links fous qui peut enchaîner des combos 34 hits avec une facilité déconcertante. Ragna, lui, dispose d’attaques spectaculaires mais peut-être moins évidentes à maîtriser. Dans un tout autre domaine, Iron Tager, le Zangief de service, possède des 360 et 720 absolument impitoyables, mais est le seul à ne pas posséder de dash.

Hormis ces personnages aux attaques types incontournables, Blazblue : Calamity Trigger présente quelques combattants dont le maniement relève davantage de la stratégie instantanée.  A ce titre, évoquons ici le gameplay de Litchi Faye Ling. Cette dernière dispose d’attaques avec son bâton, seulement, à tout instant du combat, elle peut en disposer et continuer de donner des coups à mains nues. Le bâton n’en reste pas moins un élément de l’arène. La jeune femme pourra s’en servir comme point d’appuie ou projectile. Ce dernier ira même jusqu’à prendre vie et attaquer l’adversaire (ce qui constitue une des super-attaques de Litchi), alors que le joueur pourra continuer à le harceler de coups. Ce dernier se verra donc acculé de toutes parts.

Avec sa marionnette, Carl Clover se joue également sur deux plans. Rachel Alucard, quant à elle, lance des balises à travers l’écran et peut les électrifier à sa guise. Bang peut placer des sceaux pour rendre ses déplacements plus rapides. L’utilisation de ces personnages atypiques se fera de bien des manières selon le joueur et c’est ici que se situe une des principales richesses du gameplay.

 

Shoryu Cancel to Ultra ?

Concernant le système de jeu, les attaques se déclinent en quatre boutons : A (faible), B (moyen), C (fort), D (Superpouvoir). Chaque combattant possède son Superpouvoir propre. Jin utilise la glace comme arme, ce qui lui permet de figer ses adversaires et de leur infliger un combo, notamment à base de matraquage d’attaques fortes. Litchi dispose de son bâton. Noël Vermillon attaques avec ses pistolets, etc. Ces superpouvoirs permettent surtout, pour la majorité, d’enclencher les fameux ‘Super’ à base de double quart de cercle avant  ou de demi-cercle arrière, avant.

Au niveau des déplacements, le jeu se veut fluide avec un système de double saut et même de grand saut (bas haut). Les dash sont possibles à terre, mais également en l’air, ce qui tend à dynamiser un peu plus les combats et éviter la campe. Outre cette capacité, le jeu jouit également d’une garde aérienne. Il sera donc possible de parer des attaques une fois que l’on aura sauté, ce qui est plus que souhaitable au vu de certains Super. Cependant, si cette garde peut être effectuée dans presque toutes les phases du jeu (même lors d’un dash avant), c’est peut-être pour palier à une impossibilité de se protéger quand le combattant se trouve à terre. Car il est possible de rentrer des attaques ultimes alors que l’adversaire git misérablement sur le sol. Ainsi, si vous êtes à terre et qu’il ne vous reste qu’un quart voire un tiers de votre vie et que Haku-Men vous lance un kokuujin : Shippu dont lui seul a le secret, vous verrez le round s’achever de façon inéluctable.

En matière de protection, le jeu dispose également d’un système de barrière (Guard Libra) que le joueur pourra enclencher à l’aide de plusieurs boutons. Seulement cette dernière est assujettie à une jauge qu’il faudra surveiller prudemment car une fois que celle-ci a volé en éclat, la jauge de vie du joueur signale un état de ‘Danger’ ce qui signifie tout simplement que le combattant encaisse moins bien les coups. Il s’agira alors d’être vigilant car le jeu regorge d’enchaînements impitoyables face auxquels on se sent parfois démuni. Il faudra atteindre un certain seuil avant de ne plus être inquiété pas des nouveaux venus qui, en force, feront vaciller vos plans tactiques. Comme nombre de jeux de combat en somme.

 

Au menu ce soir…

BlazBlue : Calamity Trigger propose les éléments de base que sont les modes arcade, versus ou training. Cependant, et à l’instar des Guilty Gear, ce soft offre un mode histoire qui va permettre au joueur de se familiariser avec les divers combattants que le jeu propose… une façon intelligente d’aborder les personnages qu’on n’aurait pas l’intention de prendre autrement. Donc chacun des protagonistes a son histoire propre. Et qu’on se le dise, ce mode de jeu est plus axé sur la narration que sur l’action. Les histoires vous sont en effet contées sur une succession de plans fixes, ce qui décevra ceux qui attendaient des séquences plus animées.

Hormis cela, le menu propose une ‘Gallery’ qui recensera toutes les images que le joueur a pu débloquer au fil de ses péripéties en mode Story. Le mode ‘Score Attack’ est là pour répondre aux exigences des joueurs les plus chevronnés. Et enfin, le mode peut-être le plus attendu, le live. On ne sait pas encore si ce dernier sera aussi efficace que celui de SFIV mais on espère ne pas être victimes de trop de lag et qui sait… Peut-être sera-t-on en droit de parler de DLC prochainement… Mais dans la mesure où le titre est sorti depuis juin 2009 aux Etats-Unis et au Japon, il y a peu à espérer de ce côté-là. Sans compter que le prochain épisode de la saga (déjà disponible en arcade), sortira au pays du soleil levant cet été.

 

Un background sans faille

Visuellement, le jeu est de toute beauté. Les environnements, très variés et colorés, émerveillent. Les arrière-plans mêlent 3D et 2D pour le plus grand bonheur de nos mirettes. Côté personnages, la 2D est un parti pris. Mais quelle 2D ! Ces derniers disposent d’animations irréprochables. Question design, difficile de faire la fine bouche. Les équipes de Toshimichi Mori ont fourni un travail soigné. Il sera notamment permis au joueur de choisir les couleurs de son personnage et, pour une fois, celles-ci sont très nombreuses.

L’univers de BlazBlue est résolument orienté vers le manga. Ce qui n’est pas nouveau pour le développeur au regard de ses productions précédentes. On notera cependant que le clip d’animation en introduction (à forte tendance Dead Grey man) a été produit par les fameux studios Gonzo.

L’ambiance sonore est particulièrement réussie. Les voix sont disponibles en japonais, ce qui constitue un plus indéniable… du moins lors des phases de narration ou de dialogue. Car lors des combats, certaines combattantes ont tendance à éreinter rapidement les tympans (V-13 est ce qui se fait de pire en la matière). Les musiques, toujours composées par l’homme multifonctions Daïsuke Ishiwatari, sont d’excellentes factures. Orientées très rock, comme d’habitude, elles rythment parfaitement les combats.

 

Très attendu, et déjà un succès critique et commercial chez nos amis japonais (près de 500 000 copies vendues), BlazBlue : Calamity Trigger s’impose comme une référence du jeu de baston en 2D. Ce n’est d'ailleurs pas par hasard que le site IGN lui a accordé la note de 9.4 et l’a élu ‘meilleur jeu de combat de l’année 2009’ au nez et à la barbe de Street Fighter IV, KOF XII ou encore Tekken 6. Ce titre n’est cependant pas parfait, faute à un manque de personnages, mais surtout à un côté ‘bourrinage’ qui l’emporte parfois sur la technicité, à l’image des ‘Super’ que l’on peut placer alors que l’adversaire est au sol. Mais les qualités sont là. Fun et stylé, rapide et brutal, accessible et technique à la fois, il saura conquérir les amateurs et, espérons-le, un public plus large. Prions également pour que le live soit à la hauteur de nos attentes. Sa suite, estampillée Continuum Shift, sortie sur arcade et à paraître cet été au Japon, fait déjà office d’incontournable dans le milieu.

 

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