Mass Effect 2 sur Xbox 360, le test de Urdnot

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Urdnot
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Urdnot X360

J'irai revoir mon Normandy

 

   Fan invétéré du premier Mass Effect c’est avec une joie non feinte que j’avais posé la galette de sa suite dans ma Xbox 360. Après l’installation sur le disque dur, je lance enfin le jeu, près à repartir pour de nouvelles aventures vers l’infini et au-delà.

 

   Les premières minutes vous mettent déjà dans le bain : explosions,  cris, fuite désespérée. Ca va déménager pas de doute. Un prologue qui vous fait pendre la mâchoire surtout si comme moi vous avez choisi de passer outre tous les spoilers que EA avait cru bon de disséminer tout au long de sa campagne de promotion.

 

   Et puis vient enfin le moment de prendre sérieusement le contrôle de Shepard. Et là choc ! Jauge de munitions, caméra à l’épaule, bras tendu, on se cache derrière les éléments du décor, en pressant le bouton A, on vise avec LT on tire avec RT…. Mais c’est Marcus Fenix !  Eh oui, l’action va être prédominante. Ici pas de balade bucolique, on avance, on se planque, on tire. C’est sur ça va pas plaire à tout le monde. C’est de l’action pur jus, et croyez moi vous allez en bouffer. Mais là où on peut légitiment rager c’est que Shepard n’est pas Marcus. Il arrive que des décors vous paraissent des endroits de planque et malgré vos pressions à répétition sur le bouton le commandant restera à découvert, pire il arrive que vous vouliez reculer sur un élément en hauteur mais si vous êtes dans un angle il lui arrive de ne pas exécuter l’action. Alors si en difficulté normal c’est assez anodin, en difficulté maximale, la manette risque de s’envoler plusieurs fois. Et c’est justement dans cette difficulté que ces défauts se montrent plus présents, puisque la moindre erreur vous vaut une mort quasi irrémédiable. Néanmoins une fois ces défauts intégré on prend un vrai plaisir à venir à bout d’un assaut et on a l’impression d’avoir pourfendu Goliath.

 

   Mais vous n’êtes pas seul face aux hordes d’ennemis qui vous assailliront. Comme dans le premier vous pourrez partir « au contac’ » avec deux équipiers (équipiers qui sont d’ailleurs au centre de cet épisode, j’y reviendrai). Ils sont à présents contrôlable indépendamment, assignés à une direction du pad. Ainsi ils peuvent chacun se mettre à couvert à un endroit différent, viser une cible en particulier, ils possèdent aussi leurs propres atouts et techniques accessibles grâce à la roue des pouvoirs.  A la différence du premier opus, une fois un pouvoir utilisé tous les autres pouvoirs de l’acolyte sont indisponible le temps que celui utilisé se recharge. Pourtant, malgré cette nouvelle gestion ils leur arrive de rester à découvert et ce en dépit d'un nombre incalculable de pressions sur le bouton de direction assigné ou (pire encore) continueront à tirer sur leur cible malgré le fait qu’il ne leur reste que peu de vie. Et le medi-gel ne pousse pas sur les arbres tout le monde le sait.

 

 

Sergent Fenix ou Commandant Shepard ?

 

   Bon l’action c’est bien beau mais le sel de Mass Effect c’était  son univers, ses choix moraux ses dialogues, ses personnages, le RP, l’exploration intergalactique, alors quid de Mass Effect 2 ?

Eh bien Si les phases de ducks and cover sont prédominantes dans le jeu, elles sont toujours entrecoupées d’exploration vous permettant d’être happé par l’univers,un univers bien sombre. Vous évoluez dans l’espace Terminus qui est bien loin d’être un coin franchement sympathique. Les Butariens vous détestent (certains tenteront de vous empoisonner), les Asari se révèlent être finalement plus « humaines », les Elcors cherchent le profit à tout prix, ici toutes les espèces révèlent leurs aspects les moins reluisants. Tout est toujours très cohérent, le codex est aussi fourni que dans le premier, preuve du travail de fond de Bioware ne laissant pas grand chose au hasard.

  Le système de points d’expériences a été revu, vous en gagnez en achevant une quête secondaire ou une quête de la trame principale ; plus en défouraillant des ennemis, ne vous attendez donc pas à prendre un niveau en plein combat. Votre fiche de personnage a fait un régime sec, cinq compétences à faire évoluer dans la limite des points disponible. Les points de dialogue augmentent d’eux même en fonction des réponses pragmatiques ou conciliantes que vous ferez ainsi que d’actions contextuelles optionnelles qui ajoute une dynamique bienvenue lors des cinématiques.

 L’inventaire a été réduit à sa plus simple expression vous sélectionnez vos armes en début de mission, pas de drop (si ce n’est de munitions) ou d’armure cachée dans un casier, dans Mass Effect 2 on crache ses crédits!  Après, à vous de voir si ils ont « casualisé » le système ou l’ont rendu plus cohérent. On regrettera sans doute que les pièces d’armures soient peu nombreuses ainsi que les armes, néanmoins il est possible de trouver un bon compromis entre puissance de feu, protection et santé ; et les améliorations d’armes et de pouvoirs sont nombreuses pour peu que vous preniez le temps de faire le mini-jeu le plus pénible : le scan de planète.

 Je ne m’éterniserai pas dessus, en gros vous faites le tour d’une planète avec votre radar à la recherche de ressources et dans le genre long et fastidieux on ne fait pas mieux ! J’ai passé des soirées à rechercher des ressources en particulier (l’élément zéro et le platine étant les plus rares). J’espère que les détracteurs du Mako (qui ont eu sa peau) seront aussi véhéments vis-à-vis de cette tare. Heureusement il arrive que vous tombiez sur des planètes où il vous sera demandé d’accomplir des missions au sol, et croyez-moi vous serez heureux d’entendre le : « j’ai détecté une anomalie » signe d’un peu d’action bienvenue.

 

   Comme je l’ai dit vous ne serez pas seul à parcourir la galaxie vous serez accompagné de nouveaux (et d’anciens) personnages. . Votre groupe se constituera de presque toutes les espèces déjà connues ainsi que de nouvelles introduites dans cet opus. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils en imposent, on est très loin d’un Kaidan Alenko. Les anciens ont gagné en profondeur, et les nouveaux ont tous un background étoffé, une personnalité et un caractère bien trempé (notamment le scientifique galarien, mon personnage préféré). Ils auront besoin de vos services pour mettre leurs affaires en ordre, tirer un trait sur leur passé avant de se concentrer sur l’objectif principal. Et finalement c’est ici que Mass Effect 2 révèle sa profondeur, vous les aimerez, vous attacherez à eux ou les détesterez mais aucun ne vous laissera indifférent. Les doublages sont de qualité, même si le ton n’est pas toujours approprié, la qualité du doublage mérite une volée d’applaudissements tant on aimerait voir ça dans tous les jeux, on pardonnera aisément les quelques errements des doubleurs. Les voix des personnages connus sont les mêmes, ce qui rajoute à l’immersion et à la cohérence.

 

                                           Les yeux et les oreilles

 

   Mass Effect  était déjà coutumier du fait : disparition de pnj lors des phases de dialogues, phrases qui manquent, affichage en retard des textures (même si à l’époque nombre de jeux utilisant l’Uneal Engine souffraient de ce travers), eh bien hormis ce dernier point, rien de neuf sous le soleil. C’est pareil, voir pire parfois, notamment les personnages qui vous tournent le dos, puis devraient se retourner et… non, et là on rigole, leur tête cherche votre visage désespérément  en bougeant de droite à gauche de façon assez anxiogène, les pnj qui volent, votre personnage qui se bloque contre un mur (très rageant en plein combat…). On note aussi un léger problème de synchro labiale mais là c’est vraiment pour dire du mal. Sinon le jeu est beau, sans être une tuerie, les visages sont crédibles (sauf pour Miranda mais bon… faut bien faire rêver les pauvres gamers associaux que nous sommes).

 

Sinon vos oreilles vont être ravies. L’ambiance sonore est grandiose, sur la Citadelle il y a des publicités qui vont vous faire rire, des petites phrases de pnj qui devraient vous rappeler des souvenirs (aussi bien réels que virtuels) les informations sont toutes en cohérence avec vos actions dans le précédent volet, votre background parfois et vos actions dans le jeu. Et pour finir, les musiques de Jack Wall sont un pur bonheur, mention spéciale à la musique de l’assaut final que je ne me lasse pas d’écouter, la tension n’est pas qu’à l’écran elle vous saisie aussi par vos conduits auditifs. La musique est toujours en adéquation avec ce qui se passe à l’écran et la justesse du choix des instruments est remarquable, ne vous attendez pas à un vieux synthé pour faire espace, non ici c’est John Williams l’inspiration : à nous les violons, les contrebasses, les tambours, les cors. Bref du grand cru !

 

                                                     Alors il bien ?

 

Mass Effect 2 s’est fait attendre, le changement de gameplay peut décevoir mais il est finalement ancré dans son époque fait de gros shoots qui tâchent, mâtinant le tout d’un aspect tactique. Il n’a pas perdu son âme pour autant, conservant son aspect épique, ses choix qui ne peuvent qu’avoir une incidence, ces personnages originaux, loin des standards et son système de dialogue qui, bien que parfois un brin manichéen, reste quand même l’un des plus efficaces en terme d’implication. Parcourir l’espace est un vrai plaisir, l’ambiance est plus brutale et crasseuse que dans le premier et Shepard  n’est vraiment pas content.  

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