Max Payne 3 sur PlayStation 3, le test de Sker

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Sker
8
Sker PS3

Samba !

Encore une licence que je découvre sur cette génération, ça commence à faire beaucoup. Oui, les remix HD servent au moins à quelqu’un, maintenant vous le savez. Mais avec Max Payne, j’ai la chance de tomber sur une saga où l’histoire peut tenir sur un coin de nappe, ainsi point besoin d’aller m’emmerder sur Wikipédia en anglais pour mémoriser les évènements des épisodes précédents, je n’ai qu’à lancer mon jeu et jouer ! Et comme d’habitude avec Rockstar, le trip va être haut en couleurs. Narration percutante, réalisation soignée, gameplay rôdé…les traditionnels atouts de l’éditeur s’accordent cette fois-ci avec caïpirinha, gangs des favelas et déesses en bikinis.

Samba !

 

Max Payne, cet ex-super flic cynique de New York est désormais une épave,  et se console à coups d’alcools forts pour oublier le décès de sa famille. Pour joindre les deux bouts, il quitte son trou du New-Jersey et accepte de jouer les gardes du corps d’une riche famille de Sao Paulo. Max n’est plus que l’ombre de lui-même, dépendant du combo alcool/analgésiques il continue tant bien que mal sa descente de bouteille et aux enfers sous le soleil brésilien. Forcément, en travaillant pour les Branco, une famille où politique, affaires, et orgies cohabitent maladroitement, la situation dégénère. Violemment. D’entrée de jeu, le gang des « Comando Sombra » attaque le penthouse des Branco, idéal pour nous familiariser avec les commande. Max repose son cocktail à contre cœur, soupire, et entre dans la danse.

Rien de très complexe, Max Payne 3 est un TPS moderne : on tire, on se met à couvert –une première pour la franchise- et on recharge avant de repartir nettoyer le secteur. On retrouve le système phare de la saga, le fameux Bullet Time, qui permet de jouer avec l’action au ralenti, afin de maximiser son carnage. Enfin, une « dernière chance » été introduite, permettant de rester en vie malgré un tir mortel, sous réserve de tuer l’ennemi qui nous a visé durant un laps de temps donné.  Et c’est à peu près tout. Simple et efficace, Max Payne 3 s’appuie aussi sur des mécaniques à l’ancienne : peu d’armes transportables, munitions limitées et une barre de santé qui ne se recharge qu’avec une prise d’antalgiques -qu’on ne trouve pas à tous les coins de rue. Autant dire que le challenge sera parfois assez corsé ! Ces parti-pris renforcent habilement le sentiment d’être seul contre tous, et encouragent à jouer intelligemment, à bien viser pour économiser ses balles et à ne pas foncer tête baissée, sous peine de perdre rapidement la vie. De quoi passer un bon bout de temps sur le jeu, d’autant qu’on traînera  aussi pour admirer avec émerveillement les superbes décors que Max traversera au cours de son périple.

Brésil oblige, on va en prendre plein les mirettes : colorés, ensoleillés, contrastés…les environnements sont superbes, et la réalisation sans faille du titre nous permet de les contempler avec délectation. Le cadre brésilien a été utilisé avec beaucoup d’intelligence pour donner vie à des niveaux ultra variés : stade de football, favela, discothèque de standing, immeuble de bureaux, marécages, hôtel désaffecté, aéroport, commissariat… c’est un véritable festival ! Aucun environnement ne paraît être un recyclage d’un précédent, tous proposent un level design unique et pensé pour varier les situations de jeu. Cerise  alcoolisée sur le gâteau : grâce à d’astucieux flashbacks, le joueur sera, en plus, ballotté du New Jersey enneigé à la moiteur du Canal de Panama. Un énorme effort, qui en fait l’un des atouts majeurs du jeu. Techniquement très propre, toujours fluide, diablement bien animé : Rockstar peauffine ses titres, et difficile de reprocher quoi que ce soit à la réalisation. Et comme à l’accoutumée, le développeur nous gratifie aussi d’une ambiance sonore magistrale : les thèmes musicaux, à majorité du Noise Rock, sont souvent pesants et fatalistes, accompagnant donc à merveille les névroses d’un héros perdu et à bout de nerf. Brillant.

Un point à toutefois divisé les joueurs : le nombre de cutscenes. Toujours dopées au cynisme et à l’humour noires, elles servent admirablement la narration du périple de Max,  coincé entre autodestruction et rédemption. L’écriture est fine, directe et crue : comme pour les autres jeux Rockstar, c’est un vrai régal, et peu de jeux peuvent se targuer de proposer une qualité narratrice de ce calibre. Il est vrai qu’elles sont nombreuses, et que l’action est parfois hachée à cause d’un lancement de cinématique. Cela ne m’a pas dérangé, mais cela n’a pas été du goût des personnes peu sensibles au développement de l’histoire ou uniquement intéressés par l’action. Aussi, elles abusent d’un effet de style sensé mettre en scènes les vertiges de Max, mais personnellement j’ai trouvé qu’elles donnaient au contraire un cachet unique au jeu.  D’ailleurs, les mécaniques de gameplay étant sommes toutes assez basiques et répétées tout au long de la campagne solo, c’est justement son extraordinaire narration et sa mise en scène singulière qui permettent au jeu de garder un rythme impeccable de bout en bout.

Comme Max, on termine cette aventure intense à bout de souffle. Après une bonne quinzaine d’heures, la peau rongée par le soleil et le marcel trempé de sueur, on a le sentiment du devoir accompli ! Pour les plus dépendants, le multijoueur propose de continuer le cocktail antalgiques/fusillades avec d’autres épaves prêtes à en découdre autour de modes assez classiques : MME, guerre territoriale ou search & destroy… je ne m’y suis pas attardé, n’étant personnellement pas trop branché multi pour ce genre de jeux. Les maps sont apparement sympas, le système de progression bien foutu et, comme pour les autres jeux Rockstar, le développeur semble suivre les avis de la communauté de près !

Etant passé à côté des deux premiers volets, Max Payne 3 n’est pas un jeu que j’attendais spécialement, mais Rockstar, en récupérant la licence, a su mettre les petits plats dans les grands : gameplay  soigné, excellente narration, réalisation sans faille, décors sublimes et variés… Max Payne 3 excelle dans tous les domaines, et si il ne réinvente pas le genre il tire son épingle du jeu grâce à une écriture diaboliquement efficace et des mécaniques vraiment sympas à utiliser, suffisamment en tous cas pour ne pas souffrir des redondances certaines des situations de jeu. J’ai vraiment passé un excellent moment avec Max Payne 3, ce n’est certes pas mon jeu de l’année, mais une très bonne découverte, fruit de tout le savoir faire d’un développeur qui soigne à la perfection ses sorties

 

Retrouvez une version agrémentée de photos et de vidéos sur mon (game)Blog: http://www.gameblog.fr/blogs/BriocheetMaela/. D'autres articles vous y attendent

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