Clive Barker's Jericho sur Xbox 360, le test de KingTeDdY

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KingTeDdY X360

Rendez moi mon DOOM!

<Ce test est tiré d'une série d'avis que j'avais écrits il y a longtemps sur un forum que je fréquente. Je me disais que ces tests seraient tout aussi bien ici.>

 

Clive Barker, écrivain, scénariste, cinéaste, peintre... Cet homme a tout fait, ou presque. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Clive Barker est un spécialiste de l'épouvante et du fantastique. Dôté d'un univers visuel assez particulier, et souvent très gore, il est surtout connu du grand public pour les films Hellraiser.

En bref, après avoir tenté tout un tas de media, Clive s'attaque de nouveau au jeu vidéo. (Je dis de nouveau car sur PC est sorti y'a pas mal d'années un certain Clive Barker's Undying) 

Gore + Militaires + Paranormal = Jericho

Clive Barker's Jericho nous place à la tête de la section éponyme constituée de bidasses, sorciers et prêtres spécialisés dans la lutte contre les forces du mal. (Oui, on nage en plein Hellboy)

Pour résumer l'histoire : un ex-membre de la section Jericho, devenu gourou prêchant l'apocalypse, tente de s'emparer du Premier Né. Cette créature serait la première tentative de Dieu de créer la Vie à son image mais le résultat était si abjecte et dangereux que Dieu l'aurait banni avant de recommencer du départ avec l'Homme.

Notre gourou s'est donc rendu dans la légendaire cité perdue d'Al Khali pour ouvrir une brêche vers la prison du Premier Né : le Pyxies. (ou la Boîte, tiens encore une boîte... Ca devient récurrent chez ce créateur)

Jericho est un FPS avec gestion de son équipe. Enfin, gestion c'est un grand mot. On est loin des anciens Ghost Recon. Le système d'ordre se résume à des consignes simples : suivre, attendre, aller à tel endroit. On peut gérer les deux équipes composant notre troupe indépendamment l'une de l'autre. En général ça se traduit dans le jeu par le fait de placer en retrait une escouade et d'attaquer avec une première vague d'assaut, puis de changer dés que ça chauffe trop.

Quand Clive Barker rencontre William Peter Blatty et John Carpenter

La petite originalité de Jericho quand il s'agit de gérer son équipe vient du leader de notre bande : Ross. Cet homme a en effet le don de soigner les blessés par magie mais aussi de prendre possession du corps de ses collégues. Résultat : On passe d'un membre à l'autre de l'équipe Jericho en un clin d'oeil, variant ainsi notre arsenal, nos capacités et donc notre façon d'aborder un combat.

Car de la variété il y en a! Ross n'a qu'un fusil d'assaut avec un shotgun en arme secondaire (certes ultra pratique), mais Delgado propose un calibre .50 et une gatling! Notre tank, au bras possédé par un démon du feu, peut même carboniser une cible ou se protéger avec un rideau de flamme impénétrable.

Nous avons ensuite Church, dont le Katana sera le meilleur ami du joueur du fait de son efficacité. Et n'oublions pas son don de Sanguimancie (Elle se saigne pour utiliser la magie) qui permettent par exemple de paralyser une cible.

Vient ensuite Black, sniper du groupe et doué de télékinésie. Oui elle peut contrôler la trajectoire de ses balles. (Elle a aussi le seul fusil sniper avec un lance-grenade intégré, à ma connaissance. Subtilité quand tu nous tiens)

Passons rapidement sur les personnages de Jones, Cole et Rawlings, respectivement capable de prendre possession d'un ennemi temporairement, pirate informatique capable de manipuler la réalité via sa science, et prêtre exorciste qui affectionnent dons de guérison, absorption de la vie des ennemis et double desert eagle à balles explosives autant que les bons sermons le dimanche à l'église.

Comme énoncé plus tôt, on devra gérer son équipe en passant individuellement d'un personnage à l'autre. Ils savent se défendre seul mais quand il s'agit de faire intervenir telle compétence à tel instant, autant vous y prendre vous même.

Le gros point fort du jeu selon moi, c'est justement ce background et ces personnages assez étoffés. Alors bien sur, tout ce petit monde fait un peu caricatural (enfin surtout Delgado) et le coup de l'unité militaire anti-surnaturel ainsi que l'ex-collègue qui trahit tout le monde et libère un fléau millénaire c'est du vu et archi revu, néanmoins c'est plutôt bien fichu et c'est quand même assez rare aujourd'hui en matière de FPS, à l'heure où on croise surtout des jeux nous plaçant dans des conflits histortiques, contemporains ou futuristes.

Aussi chaque personnage a sa personnalité, son passé et ses secrets. Ca se charie entre deux fusillades, certains attendent la moindre occasion pour se foutre une raclée bien sentie. On a donc une assez bonne ambiance et on finit par s'attacher à ce petit monde.

D'ailleurs on ne nous épargne rien. Pas question d'avoir des personnages propres sur eux. Ici pas de super héros qui ne vie que pour le devoir, avec femme, enfant, chien et maison au bord du lac. Sans vouloir spoiler on n'a quand même dans le tas un pédophile présumé, une victime de viol et un personnage autiste, on est loin du cliché hollywoodien!Chaque personnage a son petit dossier disponible dans le menu adéquat.

Ce soucis du "Evitons de faire les choses proprement", on le retrouve également dans le reste de l'histoire, notamment avec le background de certains personnages et ennemis assez glauques.

Après libre à chacun d'apprécier ou non de se plonger dans un univers pareil et avec une telle compagnie, mais moi j'aime bien. J'ai eu l'impression de retrouver les racailles de John Carpenter's Vampire en encore plus glauque.

Mon royaume pour un level-designer

Le jeu se déroule sur une succession de niveau très linéaire, sans aucune alternative possible. L'équipe, tantôt complète ou divisée, y sera opposée à des hordes de créatures peu affectueuse tirées ou inspirées de l'imaginer de Barker. Hélas si ces monstres sont "superbes" dans leur genre, ils ne sont que peu variés. On n'a souvent que deux monstres originaux par monde (Il y a 5 mondes en tout, appelons ça comme ça faute de mieux) et parfois une ou deux bestioles spéciales comme le Béhémoth de Cadavres mais c'est bien tout. De plus le manque de variété est accentué par le fait qu'au fond ce ne sont que des variantes de mort-vivant. 

J'aurais donc apprécié avoir un bestiaire un peu plus diversifié, des trucs plus bestiaux (Pourquoi y'aurait pas eu des animaux piégés dans le Pyxies, après tout?)

Tant qu'on parle des défauts vous aurez remarqué que l'arsenal n'est pas plus un modèle de diversité mais ça, ça peut encore passer. Le vrai gros problème du jeu vient de son level-design. Avancer dans des couloirs, dans le noir, et cela les 3/4 du temps ça ne me gène pas. Cependant les développeurs ont eu la mauvaise idée d'insérer de force des zones plus large où on sent à des kilomètres venir l'affrontement en masse.

C'est déjà désolant qu'il n'y ait pas de surprise, mais en prime ces zones "larges" restent suffisament étroites pour rendre les combats encore plus difficiles. Et comme nos amis ont tendance à rester grouper sauf ordre contraire, il suffit qu'un monstre explosif s'approche trop près de la bande et boum on n'a 6 morts sur les 7 personnages. D'où l'intérêt de garder une partie de son groupe en arrière, histoire d'éviter de devoir réanimer tout le monde alors qu'on joue Delgado et que d'autres bombes ambulantes se ramènent! Enfin, en dehors ces passages frustrants, le jeu n'est pas très difficile. On avance sans peine et du coup l'aventure s'avère assez courte.

Hell on Earth

Toutefois, en plus du background et du fait que j'apprécie pas mal Clive Barker et son oeuvre, ce qui m'a fait m'amuser sur ce jeu malgré ses défauts c'est ce feeling très DOOM.

On explose des rangs de monstre à l'arme lourde. On fonce dans le tas, katana brandi, et on se taille la route sur fond d'hémoglobine versée par litre et le tout dans un cadre horrifique avec surnaturel et gore. Alors certes on peut s'accroupir, il y a quelques QTE et on peut même zoomer (mais pas sauter) mais sérieux ça sent le DOOM-like ce jeu!

Un expérience bien trop rare de nos jours, qui fait que je me suis du coup éclater avec Jericho. 

En conclusion même s'il a des défauts, il y a matière à s'amuser avec Clive Barker's Jericho. La BO, le character design (pour peu qu'on aime le style de Barker), le feeling DOOM font qu'on n'est pas passé loin d'un excellent Fast-FPS à l'ancienne dans l'esprit. J'espère d'ailleurs qu'une suite pourrait être mise en chantier.

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