Le nid du Zhibou

Le nid du Zhibou

Par zhibou Blog créé le 13/05/10 Mis à jour le 26/09/16 à 22h36

Le blog d'un animal nocturne qui se nourrit de cinéma, de jeux vidéos et d'autres aliments de la pop culture.

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Cinéma (Cinéma)

 

10 ans après Godzilla: Final Wars, La Toho confie à nouveau les rennes à Hollywood pour réaliser le 30ème film de la série. Mais cette fois laissé entre les mains d'un vrai fan du genre, le film avait de quoi susciter un attente aussi immense que sa star reptilienne. Pour assumer cette lourde tâche, Legendary Pictures choisit en effet le réalisateur de l’excellent Monsters. Gareth Edwards passe ainsi de l'intimité du film auto-produit à la démesure de cette massive entreprise, où il doit à la fois faire honneur au roi des monstres et laver l'affront de la précédente tentative américaine de 1998.

 

L'ambition première du film est alors de revenir au ton premier degré des meilleurs épisodes de la saga. Réussir à trouver l'équilibre entre affrontements titanesques, symbolique nucléaire et film catastrophe d'envergure. Gareth Edwards choisit pour cela de positionner son film à hauteur d'hommes en l'abordant comme les grandes ½uvres d'aventures fantastiques pré-2000. Inspiré par la meilleure école qui soit dans le genre, le film transpire l'amour pour le maître Steven Spielberg. Parfaitement au fait de la grammaire cinématographique du réalisateur de Jurassic Park, Edwards cadence son récit afin d'obtenir un rythme qui tire sa force dans sa construction et sa tension. Les personnages principaux sont alors vecteurs d'immersion, leurs interactions se construisant autour des péripéties pour leur donner plus d'affect. Autre thématique tout droit sortie de la filmographie de Spielberg, les relations père/fils abondent dans ce sens en donnant assez de corps au développement des personnalités,et ce sans empiéter sur la fluidité de la narration. Cependant, comme revers de médaille d'untel type de récit, certains personnages secondaires servent plus de fonction symbolique et perdent en richesse de caractérisation. Les autorités militaires américaines sont, à titre d'exemple, une matérialisation peu nuancée de l'interventionnisme nucléaire. Ce qu'on aurait pu gagné en surabondance explicative, on l'aurait perdu en rythme. Ce dernier point étant bien plus capitale à la réussite d'un film de genre, on comprendra certains choix et raccourcis scénaristiques mineurs.

 

 

 

Outre l'efficacité du récit, la performance narrative n'est complète et pertinente qu'avec une mise en images adéquate. Et encore une fois, Gareth Edwards tire le meilleur de son mentor spirituel. La maîtrise de l'espace y est sidérante et ne laisse jamais le spectateur se perdre dans l'action. Dans la scène de révélation du monstre, la montée en puissance met à profit tous les éléments du décor permettant de jongler avec les échelles de tailles, et de mettre progressivement en place l'ampleur de la menace. Dans d'autres séquences aux enjeux plus conséquents, les étapes de progression se montent par le biais de la perception. Tout d'abord en utilisant le regard de l'enfance au prémices d'un cataclysme, glissant vers l'homme pour ensuite s’étendre à la panique de masse, et enfin mettre en jeu un être haut de plusieurs étages. Une gradation de l'effet d'autant plus justifiée qu'Edwards aopté pour le parti pris de limiter le démonstratif et claque ainsi le modèle de Les Dents de la mer. Là où le requin était dissimulé dû au restrictions pratiques de l'époque, ici cette retenue préméditée est en réponse à la surexposition des créatures numériques dans les productions modernes. L'une des conséquences direct de ce choix est que le panel classique des capacités de Godzilla, utilisé avec parcimonie, retrouve une force destructrice qui rappelle le vrai sens du mot spectaculaire. Les figures iconiques du monstre sont alors distillé dans le film comme aboutissement du bluid-up narratif. L'orgasme n'est pas loin.

 

Le film réussi donc haut la main son pari narratif renforcé par la partition musicale d'Alexandre Desplat. Il a parfaitement saisi le jeu d'influence du réalisateur et offre une orchestration au souffle épique.Outre cela, le film se permet en plus d'avoir un visuel époustouflant. Quantité de plans sont juste à décrocher la mâchoire (le saut Halo se pose là) et en ce qui concerne le design de Godzilla, il est idéal. Incroyablement massif, il est une montagne qui transpire la puissance peu importe l'angle de vue. Troquant les prises de catch des films les plus légers de la franchise, pour des mouvements bestiaux qui évoquentpar moment la brutalité d'un ours. Quant à sa taille, il s'agit du plus immense à ce jour. On pourrait y voir une simple surenchère, mais finalement on se place dans la même logique qu'à l'époque du reboot de 1984. Le monde ayant évolué il était nécessaire de réviser la taille de Godzilla pour qu'il ne paraisse pas réduit par les gratte ciels. À l'époque limité par la taille des miniatures (des modèles plus réduits amenant une perte de détails), les moyens d’aujourd’hui lui permettent à nouveau de dominer les plus hauts building. Piochant dans le meilleur de 60 ans de relooking, Godzilla version 2014 affirme son statut de roi des monstres.

 

  

 

Synthèse de la caractérisation du géant reptilien au fil des années, le Godzilla de Gareth Edwars marque bien le retour d'une des plus grandes icônes de la Pop culture. Au sein d'un film faisant un vibrant hommage à Steven Spielberg, Il se place comme le digne héritier d'une longue tradition japonaise. Aprés ce film, il reste à voir s'il y a matière à ce que Legendary Pictures puisse reprendre complètement le flambeau de la Toho dans d'éventuelles suites. En l'état, celui ici présent se suffit largement à lui-même.

 

Cet article a été originellemnt publié sur Chronics Syndrome :
http://chronicssyndrome.wordpress.com/2014/05/16/rules-of-nature-critique-godzilla/

 

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Commentaires

Yao
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Yao
Le casting est catastrophique pour ma part !! Ça m'a plombé le film !! Ken Watanabe et L'acteur qui jour Ford… Non masi au secours quoi !
superskrull974
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superskrull974
j'en sors. dans l'absolu, un blockbuster très correct filmé avec soins mais perso je suis un peu déçu et assez frustré. Le choix de tout filmer ou presque à hauteur d'hommes ne m'a pas emballé plus que ça; Godzilla aurait du être le perso central du film et je n'ai pas trop eu cette impression sauf sur la fin.
Rust
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Rust
J'aime bien ton idée de la gradation dans l'apparition de Godzilla, j'y avais pas pensé pour ma critique et c'est intéressant.

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