Le nid du Zhibou

Le nid du Zhibou

Par zhibou Blog créé le 13/05/10 Mis à jour le 13/02/17 à 20h04

Le blog d'un animal nocturne qui se nourrit de cinéma, de jeux vidéos et d'autres aliments de la pop culture.

Ajouter aux favoris
Signaler
jeu vidéo (Jeu vidéo)

 

À l'heure actuelle, l'amateur d'action/aventure doit se contenter d'un genre dilué dans les mécaniques du jeu de tir (Uncharted, le reboot de Tomb Raider) ou du Beat Them All (God of War). Pour le meilleur (Castlevania LoS) ou pour le pire (Remember Me), ce constat révèle surtout la conception très uniformisée des titres d'aujourd'hui dans le genre. Les impératifs cherchant plus à appliquer une recette de gameplay à l'histoire plutôt que de créer une système original à son service. Dans ce contexte, laissons un temps de côté les grosses productions du moment pour se replonger dans un titre méconnu de l'air PS2. Deux ans avant que le premier God of War impose ses codes du BTA à grand spectacle, voici donc The Mark of Kri.

 

Le joueur est ainsi invité dans un univers tirant ses inspirations des peuples tribaux des îles d'Océanie. Pour donner vie à cet environnement, le titre choisit un parti pris visuel plutôt inhabituel. L'équipe créative, comportant des artistes et animateurs venus des studios Disney ou Warner, offre en effet un visuel proche des films animés des studios cité, mêlé à une violence graphique qui ne lésine pas sur la brutalité. De cette combinaison, de prime abord incongrue, il en sort pourtant une forte personnalité qui met en valeur les couleurs chaudes du contexte polynésien, tout en renforçant son aspect guerrier. Comme si le Mulan des studios Disney avait rencontré le Conan de John Milius. Le récit tend d'ailleurs vers un esprit pulp assez subtil, de par la sobriété de sa narration. Les aventures du jeune Rau Utu, imposant guerrier Maori, le pousse à vouloir faire preuve de ses talents à l'épée. Il accepte ainsi de remplir plusieurs missions pour les différents protagonistes qui peuplent l'auberge où il a toujours vécu et servant de lieu de repos entre chaque niveaux. Après un court dialogue avec le personnage concerné et avoir quitter l'auberge, une cinématique tout en esquisses dotée d'une voie-off se chargent donc d’introduire le prochain épisode du héros. Puis un dernier dessin se forme et se colorise sous les yeux du joueur en guise d’écran de chargement, ce dernier se fond ensuite vers les graphismes du jeu, il ne reste plus qu'à donner vie à l'image en prenant le contrôle de Rau. Si d'un point de vue technique cette transition ne fait plus autant illusion aujourd'hui, elle garde tout de même un charme qui ajoute à l'ambiance travaillée du titre. Par la suite, au c½ur même des niveaux, la narration y est quasi-absente. À part une séquence pour clore la mission, et quelques rares écrits anciens qui racontent les mythes du passé, rien qui ne viendra interrompre les sessions de jeu. Une retenue que l'on trouve trop peu dans les titres actuels. Le joueur suit alors cette histoire de tatouages maudits qui traversent les générations sans avoir envie d’appuyer sur Start.

 

 

L'on part ainsi à la conquête de ruines antiques, de monts enneigés, ou encore de forêts brumeuses. Bien qu'en faible nombre (6 pour être exact), les niveaux offrent cependant une belle variété. Et encore une fois la patte graphique unique affichent de bien beaux panoramas et contribue à l'ambiance aventureuse du titre. Mais cette aventure ne serait rien si elle ne proposait pas un peu d'opposition. Le joueur se voit offert à cet effet deux approches de gameplay qui cohabitent sans accrocs. La première est le système de combat. La mécanique ici à l’½uvre propose de cibler les ennemis avec le stick droit pour assigner les trois touches d'attaques disponibles à plusieurs ennemis (le nombre varie en fonction de la portée de l'arme). Dans les faits lorsque que l'on appuie sur une touche affectée à un adversaire, Rau ira frapper dans cette direction. L’intérêt du système est de forcer le joueur à évaluer ses alentours. Il peut frapper un ennemi dans son dos tout en restant en face à un autre. De plus si les touches ne sont pas toutes assignées, elles font offices de modificateurs de coups, les touches libres permettant autant de combinaisons possibles. Les commandes ainsi complétées se terminent dans des finish move particulièrement sauvages ou les membres tranchés sont légions. L'autre versant du jeu tend lui plutôt vers l’infiltration et l'élimination discrète. En rangeant son arme, le joueur doit se faufiler et longer les murs pour surprendre ses adversaires. Pour anticiper les mouvements des ennemis, Rau profite de la vision de l'aigle qui l'accompagne. Ce dernier peut être envoyer sur les perchoirs indiqués pour scruter dans un coin, ou même actionner un mécanisme. Les possibilités ne sont pas aussi larges que dans un Metal Gear Solid mais reste une agréable alternative aux combats.

 

Le level design joue dans l'équilibre de ces différentes phases de jeu. Même s'il facile de reconnaître une arène quand elle se présente, ou si les passages de discrétion reste particulièrement scriptés, les niveaux restent intéressants à parcourir. Linéaires sans être enfermés dans un couloir, il mettent bien à profit les éléments de gameplay cités plus haut. Il convient en général de bien réussir les passages d’infiltration, au risque sinon de finir dans des situations bien délicates. Pour peu qu'il laisse un garde alerter ses camarades, le joueur peut très vite être submergé par le nombre dans un espace restreint. Les armes cognant contre les murs et les lames se bloquant dans le bois ne sont pas là pour arranger ses affaires. On touche peut-être là une limite des vertus du système de jeu. Si les combats réussissent leur travail d'immersion en obligeant le joueur à faire attention à son environnement, ils montrent aussi qu'ils n'ont rien de la précision des BTA pur jus. Pour preuve le dernier niveau bâclé qui est, disons le clairement, totalement raté. Succession de salles rectangulaires avec des ennemis qui apparaissent en flux continu, il a le don de frustrer là les autres plongeaient totalement le joueur dans la peau d'un guerrier. Rien d'insurmontable cependant, il suffira juste de bien utiliser le système de sauvegarde et perdre ses habitudes de checkpoint automatiques. Pour cela, il faut récupérer des parchemins de sauvegardes et en conserver jusqu'à 5. Vu que les niveaux en offrent largement plus, pas de quoi s’inquiéter.

 

 

The Mark of Kri est toujours aujourd'hui pertinent à découvrir tant il offre une aventure prenante dans le folklore Maori. Avec un système original et immersif, couplé à une esthétique violente étonnamment mise en valeur par le parti pris graphique cartoonesque. On a là un vestige d'une époque où les titres d'action/aventure essayaient encore de se démarquer par leur originalité. L'expérience n'est gâché que par une faible durée de vie et une conclusion ratée. Rageante et terminant le jeu avec un amer goût d'inachevé, ce dernier chapitre laisse sur sa faim. On aurai aimé retrouver Rau pour d'autres périples, malheureusement la suite Rise of the Kasai ne quittera jamais le sol américain. En l'état, il y a là de quoi faire une dépaysante session de retrogaming.

 

Cet article a été originellemnt publié sur Chronics Syndrome :

http://chronicssyndrome.wordpress.com/2014/03/27/lempreinte-du-passe-critique-the-mark-of-kri/

Voir aussi

Jeux : 
The Mark of Kri
Ajouter à mes favoris Commenter (9)

Commentaires

Masahiko666
Signaler
Masahiko666
Bizarrement, je n'ai pas trop accroché au jeu, même si les mécaniques étaient un peu plus originales qu'à l'habitude. Je lui préfère des jeux comme Psychonauts ou même Primal. Enfin, les goûts et les couleurs hein...
Mr Jow
Signaler
Mr Jow
Je me souviens que le contraste entre l'aspect dessin animé et la violence assumée m'avait marqué. Super ambiance, notamment au niveau des musiques pour un jeu passé un peu trop inaperçu alors qu'il avait de vraies qualités de gameplay.
Silon Kin
Signaler
Silon Kin
J'ai de très bon souvenir mark of kri, et il été quand meme précurseur de pas mal de truc niveau gameplay BTA, le passage d'un ennemis à l'autre entre autre. Il y avais également un mode arène très sympa avec pas mal de challenge !
Kanakou92
Signaler
Kanakou92
Assurément un de mes jeux favoris de la ps2 de meilleurs souvenirs a cette époque mais aussi angoissants..
En plus d'avoir des graphismes "cartoon" a la disney, la violence m'a plus que frappé dans ce jeu juste énorme les finish move, tain je m'en souviens encore des cris qu'ils faisaient lorsqu'on les empalait ou qu'ils se trainaient a terre !
En plus d'avoir une dimension tactique l'utilisation du jostick droit car il faut soigneusement choisir les ennemis vu qu'on que 4 boutons, il fallait souvent jongler entre l'épée (chair) et le bâton (enlever l'armure) et nom de dieu que c'était casse bon bon le dernier niveau.. a un moment donné j'étais obligé de jouer en god mode rien que pour voir la cinématique de fin ben ouais c'était chiant le pop d'ennemis a chaque mec tué !
Strife
Signaler
Strife
Il était bien sympa et son originalité était bienvenue.
Faudra que je retrouve à qui je l'ai prêté :P
GangBangTheory
Signaler
GangBangTheory
Je ne dirais pas que le titre n'a pas été soutenu : il a bénéficié de bonnes critiques en son temps, et je me souviens qu'il avait eu l'honneur d'un Level One sur Game One. Par contre il est passé totalement inaperçu dans les charts du fait, si ma mémoire est bonne (mais je peux confondre), à une concurrence assez élevée cette année là.

Perso je lui reconnais une vraie identité, mais j'avoue n'avoir pas du tout accroché au gameplay. Malgré tous mes efforts, ce jeu n'arrivait pas à me divertir, en dépit de bonnes idées. Ceci étant, il mérite néanmoins qu'on se penche sur son cas, ne serait-ce que par curiosité.
superskrull974
Signaler
superskrull974
L'un de mes coups de coeur de la génération ps2! Pas parfait mais avec une vraie âme et de bonnes petites idées dont on retrouve certaines variantes dans les hits d'aujourd'hui (notamment les Batman Arkham).

Dommage que Sony (et dans une certaine mesure les joueurs et la presse spécialisée) n'ait pas plus soutenu le titre, il y a matière à une grosse bonne franchise. Pour une fois, je serai pas contre un bon reboot/remake.
b2zo-almendha
Signaler
b2zo-almendha
Je ne l'ai jamais fait, mais il m'a toujours fait envie ! Cet article me donne encore plus envie !
Badalamentis
Signaler
Badalamentis
Très bon jeu, dommage que les déplacements au corps à corps soient trop lent et que le jeu soit beugué

Édito

Vous êtes ici sur le blog "conpagnon" de Chronics Syndrome.

 

Vous aurez en effet droit aux articles écrit par mes soins, publiés en intégralité sur Gameblog. Je ferais de la pub racoleuse seulement pour les articles de mon collègue de blog. Cela me semble plus juste ainsi.

Donc, des critiques d'un coté (cinéma, jeux, etc...) mais aussi quelques rares bonus qui n'ont pas leurs place sur les Chroniques. Un cru spécial pour la comunauté Gameblog.

 

N'hésiter pas à venir jeter un coup d'oeil, aimer, partager, vous abonner sur Chronics Syndrome, les chroniques de la Pop Culture :

 

Archives

Favoris