Des souris et des jeux

Par Mellorine Blog créé le 28/05/12 Mis à jour le 09/06/17 à 22h29

Mon univers PC d'hier et d'aujourd'hui, sans prétention mais avec émotion !

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Édito

Une enfance sans jeu vidéo, cela a existé. Chez moi. Un vieil Amstrad CPC6128+ moisissant dans un coin faute de jeux, deux ou trois Game & Watch éventuellement, mais aucune console.

Puis, un jour, un PC débarque à la maison. Quelque part en 1994 il me semble. Et là, les CD de démos offerts par les magazines de jeux vidéo s'amoncellent, et même parfois des jeux complets ! C'est l'engrenage.

Me voilà en 2017, à bientôt 35 ans, et toujours aussi accro. Bien sûr, depuis, les consoles sont entrées dans ma vie et je prends beaucoup de plaisir à rattraper le temps perdu, mais je reste toujours plus à l'aise avec mon clavier et ma souris...

C'est cette histoire, que certains d'entre vous ont peut-être partagée, que je vais vous raconter.

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Elucubrations

Et voilà, encore une nouvelle personnalité publique qui vient se ridiculiser en s'attaquant aux jeux vidéo sans maîtriser le moins du monde son sujet... Rien d'étonnant à cela, certes, puisque notre passion a remplacé le jeu de rôle et le metal au banc des accusés, mais quand même, on s'attend toujours des journalistes qu'ils mènent une enquête avant de parler, qu'ils se reposent sur des études, des faits, des entretiens. On s'attend toujours à ce qu'ils fassent leur boulot. On est naïfs quand même.
Quand je pense que JulienC préfère humblement le statut de ménestrel à celui de journaliste, je ne peux que lui donner raison, même si personnellement, je lui donnerais avec plaisir celui de journaliste et recalerais tous ces prétentieux incompétents au rang de bouffons.

Je n'avais déjà aucun respect pour Natacha Polony, pas plus que pour l'immense majorité des chroniqueurs d'ailleurs, grassement payés pour lire des fiches, après lesquels Marcus s'est formidablement énervé sur Facebook (un grand moment). Mais là, force est de constater qu'elle a creusé elle-même la tombe de son statut de professionnelle de l'information et de la communication auprès de la France entière, en rapprochant un fait divers terrifiant au loisir préféré d'une moitié de ses concitoyens. Cette femme n'a pas plus de légitimité pour parler de jeux vidéo que moi pour disserter de politique... encore que moi, au moins, je vote ! A-t-elle seulement déjà testé un jeu vidéo ? Il vaut mieux pour elle que la question reste en suspens, car quelle qu'en soit la réponse, le ridicule serait le même.

 

Juste, tais-toi. Voilà, c'est mieux.

 

Cette triste histoire m'a rappelée un repas de famille récent, au cours duquel mon frère et moi parlions du système de combat de Fallout 3. Je lui conseillais de miser assez rapidement sur les armes à plasma (mes préférées !) lorsque mon père s'interrogea innocemment : "Mais ces jeux vidéo, là, c'est assez violent, non ? Vous ne croyez pas que ça peut influencer certaines personnes pour commettre des crimes ?". Pour sa défense, il était réellemment interrogatif, ce qui apparaît compréhensible étant donné la fréquence de ce message dans les média généralistes. Mon frère et moi, qui totalisons 30 ans de passion pour les jeux vidéo, arrivés tardivement sous notre toit, nous sommes entreregardés avec lassitude en préparant l'avalanche d'arguments qui allait s'abattre sur mon pauvre paternel.

Mon frère a commencé par dégainer les bases : il a été démontré que seuls les individus psychiatriquement fragiles étaient influencés par les oeuvres de fiction, qu'elles soient cinématographiques (Scream), littéraires (Le Silence des Agneaux) ou vidéoludiques. D'ailleurs, les accusations qui sont aujourd'hui portées à l'encontre du jeu vidéo ne l'ont-elles pas été, par le passé, envers les autres formes d'expression artistiques et médiatiques ? En son temps, Stravinsky a été accusé de toutes les perversions de la jeunesse à cause de ses compositions hérétiques ne respectant aucune des règles du classique. Un phénomène de rejet qui a trouvé un nouveau bouc émissaire à chaque génération musicale : blues, jazz, rock... Qui songerait, aujourd'hui, à considérer le déhancher d'Elvis comme de la pornographie ? Et pourtant, c'est ainsi que le qualifiaient les bien-pensants des années 50.

On peut porter ce regard sur toute l'histoire de la culture et ainsi dégager la conclusion suivante : le plus jeune des genres nés de la créativité et de la technologie d'une époque est toujours le grand satan, le responsable de tous les maux de la société. Et actuellement, le petit dernier, c'est le jeu vidéo. Ce qui semble étonnant tout de même, c'est que cette remise en question est très facile à faire ; il m'a fallu quoi, une dizaine de lignes pour expliquer combien cette répétition générationnelle de jugements hâtifs est toujours invalidée par la génération suivante ? Et pourtant nos intellectuels, qui n'ont jamais été aussi bien renseignés qu'aujourd'hui, sont incapables d'appliquer cette réflexion à leur époque propre. Ne se rappellent-ils pas que, dans leur jeunesse, c'est la télévision en couleurs qui a été accusée d'être trop réaliste, trop immersive, et donc trop dangereuse pour l'esprit malléable des petites têtes blondes qu'ils étaient ?

 

C'est vrai que ça fait peur...

 

Mais là, mon frère et moi ne faisions que citer Captain Obvious, car c'est ainsi que le veut la rhétorique. Les faits véritables, ceux qui ne peuvent être connus que des joueurs eux-mêmes, sont ceux qui ont véritablement rassuré mon père, jusque là plutôt dubitatif quoi que conciliant.

La vérité, et vous allez me dire ce que vous en pensez car je ne prétends pas détenir le savoir universel, c'est que les jeux vidéo ont beau être en vue à la première personne, ils ont beau offrir une certaine forme d'interactivité, avec des choix de dialogues ou d'actions, ils ont beau mettre à mal nos nerfs avec des séquences effrayantes ou stressantes, ils peinent encore à nous émouvoir. Moi qui suis une chialeuse invétérée devant les passages les plus épiques des films et des séries (ne m'invitez jamais à regarder un One Piece si vous êtes en rade de mouchoirs), moi qui lâche toujours une larmichette à la fin des bouquins ou des morceaux classiques les plus sublimes, moi qui m'investis émotionnellement dans toutes les oeuvres que je découvre, enfin, je compte sur les doigts d'une main les passages qui ont su me faire renifler dans un jeu vidéo.

Pourquoi ce médium, qui pourtant possède sur les autres des qualités incomparables en terme d'interactivité, est-il à ce point à la ramasse sur le plan de l'émotion ? Je vois plusieurs pistes à explorer : les graphismes, qui font sans doute de leur mieux avec les configs actuelles mais pédalent encore pour rendre les visages expressifs (j'attends beaucoup du prochain Quantic Dream) ; la mise en scène parfois cheap, qui nous fait sortir d'une histoire dans laquelle on a parfois eu du mal à rentrer ; les dialogues souvent aux fraises, trop longs, trop clichés ou trop niais ; les multiples bugs et malfaçons ternissant l'animation, les collisions, le level design ; les intelligences artificielles hyper scriptées que l'on a tôt fait d'exploiter ; les doublages parfois minables et les sous-titres orthographiés par des CE1, etc.
Aucun jeu n'est irréprochable, et pire, il y en a certains qui cumulent vilainement. Tous ces défauts nuisent fortement à l'immersion et donc à la capacité du joueur à ressentir totalement les enjeux, les peurs, les sentiments des personnages.

[Il vous sera apparu évident que, depuis tout à l'heure, je parle exclusivement des jeux scénarisés. Les sentiments de Mario, on s'en tape pas mal.]

 

Quoi que...

 

Le jeu vidéo est encore loin de l'ultra réalisme dont parlent sans arrêt les média généralistes complètement à côté de la plaque. Nous, joueurs, savons qu'il est très difficile de pleinement s'immerger dans un jeu sans voir tous les petits détails qui clochent, toutes les imperfections mineures et pourtant si visibles qui diminuent notre plaisir et surtout notre implication personnelle dans l'aventure. Cela ne nous empêche pas d'adorer les jeux vidéo, surtout lorsque ceux-ci sont magistralement réalisés, mais nous savons à chaque instant que nous sommes devant une oeuvre de fiction totalement détachée de la réalité. Que nous soyons joueur occasionnel ou depuis 10 heures non stop sur un MMORPG. Et point n'est besoin d'être un hardcore gamer pour faire la part des choses. Mettons n'importe quel profane devant le jeu vidéo le plus réaliste du moment, et il aura tôt fait de dire : "Humm, ce personnage fait toujours la même patrouille" ou "Oui c'est très beau mais les visages sont quand même assez figés, c'est moins bien fait que dans Avatar". Je suis sûre que même Natacha Polony pourrait avoir cette bonne foi.

Oublier la réalité pour plonger tout entier dans un jeu vidéo est de toute façon tout bonnement impossible lorsqu'on galère avec son contrôleur de jeu, qu'on est interrompu pour aller jeter la poubelle, que les enceintes pourries crachotent un son minable et qu'on voit, autour de son écran, le bordel qu'on amoncelle dans son appartement. La réalité se rappelle à nous à chaque instant : dans le jeu mais aussi à l'extérieur. Quand on a faim, un jeu vidéo peut-il nous nourrir ?

 

Je vais surprendre les journalistes télés mais je n'ai pas du tout l'impression de manger quand mon perso de Skyrim mange. En fait ça me donne juste faim, ces conneries.

 

Pourtant, il y a toujours des lents d'esprit pour imaginer que l'on peut devenir un fou sanguinaire à cause d'un jeu vidéo. Qu'on peut trouver la mort tellement fun dans un jeu qu'on a envie de l'infliger dans la réalité. Mais quand on doit tuer, dans un jeu vidéo, c'est le plus souvent des PNJ avec des balais dans le cul et une IA basique. Ils n'ont pas de nom, pas de motivation, ce sont des soldats, des malfrats, des terroristes, des aliens, des zombies. Ils ne parlent pas, ne se débattent pas, n'agonisent pas, ne demandent pas la pitié ; on ne les a jamais vus avant, ou plutôt on les a déjà vus et tués 50 fois plus tôt dans le jeu car ils sont assez souvent modélisés sans détail voire clonés. On ne ressent absolument aucune humanité émaner de ces personnages, comme on n'en ressent pas davantage lorsque le héros d'un film d'action descend des sbires dans une scène de fusillade pourtant photoréaliste. En fait, ce ne sont guère plus que des assiettes de ball-trap sur lesquelles on doit tirer rapidement.
Tuer, dans le jeu vidéo, c'est tout au plus une épreuve de réflexe et de précision, un gameplay comme un autre adapté à un contexte scénaristique sombre où la vie du personnage principal est en danger. Après tout, quel enjeu pourrait être plus facile à comprendre pour le joueur que la survie ? J'ai presque envie de dire qu'un jeu où on tue, c'est juste un Tétris dans lequel on aurait ajouté un scénario.

Alors oui, on peut se demander pourquoi les développeurs ne cherchent pas une autre façon de raconter des histoires, un autre gameplay qui ne demanderait pas de tuer des tas de pixels ambulants. Je me pose cette question sans cesse, parce que j'aimerais voir arriver de nouvelles thématiques dans le jeu vidéo, et non parce que son traitement de la violence me choque : les auteurs, comme je le dis plus haut, ont trouvé une histoire universelle, généralisable à tous les contextes et compréhensible par tous ceux qui ont un jour été enfant et joué à la guerre, aux cowboys et aux indiens, aux gendarmes et aux voleurs, à la balle aux prisonniers. Sois le meilleur tireur et tu gagneras le jeu. C'est un concept avec lequel on a tous grandi, hier et aujourd'hui.


Ouah, trop d'émotions, je sens que je vais chialer...

 

On m'objectera (mais seul un joueur pourrait me rétorquer cela, absolument pas un "journaliste") que certains jeux proposent des scènes où l'on ne tue pas des sbires mais des personnages importants dans l'histoire. Oui, c'est vrai, c'est la marque des grands jeux, notamment lorsqu'un choix moral vient perturber le joueur et l'obliger à prendre une décision non manichéenne qui affecte la suite du scénario. Les jeux qui proposent ce genre d'intensité sont rares et précieux, ils montrent la voie vers un jeu vidéo plus immersif en terme de contenu, plus mature, plus réaliste. Plus dangereux alors ? Allons bon, ce sont ces scènes qui ont réussi à m'émouvoir, parfois. Soyons sérieux : un joueur qui a une "poussière dans l'oeil" peut-il être dangereux ?

La conversation a duré bien plus longtemps et au terme de celle-ci, mon père, que l'argument des sbires dans les films d'action a achevé de convaincre, m'a promis de tester Mass Effect lorsqu'il sera à la retraite. De mon côté, je réfléchis à un scénario où l'on n'aurait pas à tuer mais à sauver. Cet enjeu passionnerait-il davantage les foules ? Je n'en suis pas si sûre, car des policiers ou des pompiers, je ne sais pas qui a le plus la cote auprès des petits garçons...

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Commentaires

Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Ha oui, le respect de la convention de Genève, je serais assez pour, dans les jeux réalistes, excellente idée. ça permettrait de voir si ça a un impact sur les ventes des jeux concernés, d'ailleurs. Mais bon, c'est comme tout, au bout d'un moment, ce qui est un texte fondateur en matière de droits de l'homme (faute d'un meilleur qualificatif ce matin, j'ai pas mal d'heures de sommeil en retard) deviendrait un simple niveau de difficulté supplémentaire...

Pour ce qui est de la banalisation, elle est à double tranchant : pour toi, l'acte est vide de tout contenu émotionnel. Mais tu as déjà un parcours derrière toi, une expérience, une maturité qui te donnent du recul. D'autant que tu as aussi de l'instruction, que tu as été moralement éduquée, que tu as une réelle intelligence (j'extrapole à partir de tes articles, hein. Tu me pardonneras...) (ou pas ? ;) ). Or même si c'est le cas de beaucoup de joueurs, cela n'englobe pas la totalité, loin s'en faut.
En travaillant auprès des franges marginales de la population, j'ai pu constater que pour certains (ça n'a rien d'une minorité, hélas), l'acte est au contraire extrêmement chargé en contenu émotionnel POSITIF. Il n'y a pas de distanciation vis-à-vis du sujet : symboliquement, on tue, et on prend du plaisir non pas à "jouer à tuer", mais à tuer tout court. Et tout ce dont "on" rêve, c'est de passer à l'acte dans la vraie vie. Pas mal voulaient d'ailleurs s'engager dans l'armée pour "balancer des patates et faire des headshots", en croyant que c'était comme dans CoD. Sans aucune espèce de considération pour la vie humaine ("c'est des ennemis"). Tu me diras, c'est une exception, les gens sains d'esprits ne tombent pas là-dedans. Mais franchement, internet la pose, la question des gens saints d'esprits. Parce que quand on surfe un peu, tomber sur des sites/blogs/forums de malades en (im)puissance, commentés par d'autres malades aussi gratinés, c'est choses trop courante pour ne pas être effrayante. Hélas. Rien que le blog où Zelda est taxé de jeu sataniques et où les gens embraient en remerciant l'auteur "parce qu'ils sentaient bien en y jouant que quelque chose n'allait pas, mais qu'ils n'arrivaient pas à savoir quoi". Donc non, il ne faut pas diaboliser les jeux vidéos. Mais il ne faut pas verser dans l'angélisme non plus, parce que le facteur humain, c'est quand même un fichu quelque chose.

Il faudrait faire l'expérience suivante : prendre un FPS de qualité, garder les mêmes mécaniques de jeu, mais dans l'un, supprimer le sang. Théoriquement, le jeu resterait aussi amusant, mais je reste convaincu qu'il se vendrait beaucoup moins de version modifiée. Si bien que les éditeurs se poussent les uns les autres à une constante surenchère.

Enfin, sur la violence, je te rejoins. Tu critiquais tantôt l'illusion de maturité que confèrent les thématiques sexuelles dans les jeux. J'y ajoute la violence, donc. Finalement, tout ce qui est censé faire les jeux "matures" sont les ingrédients qui en font des jeux profondément immatures. Quelle ironie.

Ico, chez moi, il reste à faire. Mais Shadow of the Colossus, c'est effectivement un jeu immense. Pas de sang, pas de violence gratuite... et le joueur en arrive même à culpabiliser de s'attaquer à ces monstres de pierre, sans pourtant qu'il n'y ait ni textes, ni dialogues, ni rien d'explicite pour l'encourager. Sans une seule leçon de morale, par son ambiance, il rend à la violence son ambiguïté détestable. Si ce n'est pas un tour de force...
Strife
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Strife
J'aime beaucoup comment tu transformes ton coup de gueule en quelque chose de constructif, agrémenté d'une expérience personnelle qui facilite l'identification. Très beau rebond sur le sujet de base!

"Mais quand on doit tuer, dans un jeu vidéo, c'est le plus souvent des PNJ avec des balais dans le cul et une IA basique. Ils n'ont pas de nom, pas de motivation..."
Intéressant quand on met en relation avec les études qui démontrent que les JV sont dangereux pour des personnes ayant déjà des troubles psychologiques. En effet, dans mes plus grandes périodes de parano et de misanthropie cette description correspond parfaitement à ce que je pensais des 3/4 des individus qui peuplent notre bonne vieille Terre...

"Ils ne parlent pas, ne se débattent pas, n'agonisent pas, ne demandent pas la pitié"
Ça par contre, quand on y réflèchit deux secondes, ça empêche tout passage à l'acte à moins d'être vraiment cinglé. Je pense même que certains perpétrateurs de tueries ont eu un effet de rejet en faisant leurs premières victimes, mais puisqu'ils avaient déjà commencé, plus moyen de faire machine arrière... ça a dû faciliter leur suicide après coup. Ça et l'adrénaline.
ipiip
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ipiip
personnelementje trouve qu'ico est un jeu horriblement sexiste, et que justement la valeur artistique qu'il propose est d'autant plus derangeante....
Mellorine
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Mellorine
C'est vrai que moi même je ne suis pas toujours d'accord avec mes propres propos (un comble ! mais tu verras, ça arrive souvent xD). Par exemple, j'avais trouvée plutôt pertinente d'idée d'instaurer dans les jeux de guerre se voulant réalistes le respect de la convention de Genève, ou en tout cas d'en proposer l'option. Il me semble logique, et pourquoi pas sain, de montrer qu'un conflit armé n'est pas une quête du frag.
De même, je désapprouve la complaisance dans la violence ultra gore. Personnellement cela me déplaît (je ne suis pas du tout cliente du gore sous toutes ses formes), et je trouve que cela enfonce davantage l'image du jeu vidéo auprès des masses, lui qui en a si peu besoin pour être calomnié. Je n'ai pas vu The Darkness 2 car les adaptations de comic-books sont rarement fantastiques, et je garde un lointain mais excellent souvenir des débuts de celui-ci. Cela dit je te crois sur parole car le contexte s'y prête fort, et cela me désole...
En fait, je parler surtout du fait de tuer, d'appuyer sur une gâchette pour abattre un PNJ ou un autre joueur. Cet acte est tellement banalisé et vide de tout contenu émotionnel qu'on ne peut même pas y avoir l'interprétation d'un meurtre. Nous, joueurs, avons cette conscience, en tout cas ceux qui ont la tête sur les épaules. Je serais intéressée par davantage de détails sur les influences dont tu parles =)

Si seulement les grands studios pouvaient s'inspirer des indépendants et rechercher une autre façon d'interagir avec son environnement que la voie du flingue ! Et pourquoi les graphismes photoréalistes sont-ils toujours associés à des œuvres dont la thématique et/ou le gameplay se réfèrent toujours à la violence ? Cette logique me désespère...

En ce qui concerne les jeux qui m'ont émue, il y a ICO et Shadow of the Colossus en première ligne, Mass Effect dans une mesure épique, et des jeux indépendants tels que Machinarium... sans compter la larmichette à la fin de Portal 2 aussi !
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Bon, je ne suis pas d'accord, mais l'article est bien écrit, comme d'hab', le désaccord n'empêche rien.
Je comprends qu'on veuille prendre la défense des jeux vidéos, et il le faut sans doute (ou en tout cas, c'est légitime, dans une certaine mesure), mais il ne faut pas fermer les yeux pour autant sur certaines dérives putassières, niveau violence. Quand je vois tourner the Darkness 2, par exemple, je suis atteré. Le pitch m'emballe un peu, je me dis "pourquoi pas ?". Mais ça, "c'était avant", comme dit la pub. Le jeu, lui, m'apparaît grotesque et consternant. Et il n'est pas le seul. C'est d'une complaisance malsaine absolument dégueulasse.
Ensuite, comme pour le cinéma, il y a une influence : pas forcément significative, ça varie selon les gens et leur équilibre intérieur. Mais l'influence est là. Pour avoir bossé auprès de populations fragiles, j'ai pu voir celle de GTA ou de CoD et franchement, ça fiche les jetons.
Dans le jeu, il y a forcément une charge symbolique, surtout lorsqu'il s'agit d'oeuvres photoréalistes. Et la façon d'accepter ou de rejetter ce qui est proposé en face nous parle de nous, aussi. Or par la répétition, on nous amène a accepter de plus en plus de choses qui, symboliquement, ne le sont pas forcément.

Pour l'émotion, par contre, effectivement, on peut repasser.
Et juste pour dire, si elle doit passer, ce ne sera pas forcément par l'entremise du photoréalisme. Les deux titres qui m'ont le plus ému (les deux seuls, en fait) en sont loin (Fragile Dreams et To the Moon).
Ominae
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Ominae
Un FPS qui proposerait de dézinguer des chroniqueurs télé, voilà un concept novateur...
pHiT
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pHiT
Je me suis reconnu lorsque t'as évoqué ta préparation d'arguments choc pour convaincre que les jeux vidéo ne sont pas des incubateurs de tueurs...J'ai moi aussi eu à faire ce discours plusieurs fois...
Mais bon il faut bien passer par là pour que les gens se remettent en question et pensent par eux-même au lieu de bêtement croire tout ce que dit la télévision (qui était elle aussi diabolisée il y a quelques générations en arrière ^^)
4815162342
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4815162342
Magnifique article ! Je suis complètement d'accord avec toi !
Seul les joueurs peuvent se rendre compte qu'un jeu vidéo n'est pas aussi immersif que les média le prétende. Moi aussi j'ai pu être touché mais comme quand je lis un livre ou regarde un film.
Je ne sais pas combien de temps ce débat va durer mais si personne ne répond aux médias, le jeu vidéo sera toujours critiqué !