ERROR 404 BLOG NOT FOUND

ERROR 404 BLOG NOT FOUND

Par Le Gamer aux Mains Carrees Blog créé le 04/11/11 Mis à jour le 23/08/17 à 19h02

Ce blog n’'existe PLUS. Si tu y as accès, c’'est que tu n’'existes plus non plus. Au mieux, tu es l'’émergence d’'une anomalie systémique au sein d'’une structure virtuelle parfaite. Mais ça pourrait être pire. Tu pourrais attendre impatiemment la sortie de Kingdom Hearts III.

Ajouter aux favoris
Signaler
Carré Barré - Le bazar du bizarre (Cinéma)

 

 

C'est officiel, je viens d'en obtenir la confirmation objective.
 
Mon thérapeute, Christopher Nolan, est formel : je suis devenu un vieux con.
 
Blasé, de surcroît.



Mais bon, dans mon malheur, j'ai quand même de la chance : ça vaut mieux que d'être noyé dans la masse de ceux qui, pour se singulariser (un paradoxe bien de notre temps), conspuent ce même Nolan à chacun de ses nouveaux films - parce que ça fait "expert en cinéma" -, ni au point de trouver trop verbeuse ou complexe une oeuvre qui n'est ni l'une ni l'autre (à croire que les Oblivion, After Earth, Edge of Tomorrow et autres séries B friquées à la Elysium ont nivelé le public par le bas, jusqu'à lui rendre insupportable plus de quatre lignes de texte consécutives)... tout comme je n'étais pas de ceux qui comparaient Inception à Shutter Island, à l'avantage de ce dernier juste pour le nom du réalisateur en tête d'affiche.
 


 
Vieux con blasé, disais-je.

 

 

Mais ne nous méprenons pas.

 

Oui, je suis sorti d'Interstellar avec des étoiles plein la tête, de toutes formes et de toutes les tailles : des nébuleuses, des comètes, des naines blanches en kaléidoscope avec, entre deux fantasmes inavouables sur les singularités nues, un avant-goût prémonitoire de ce que réservait ce 12 novembre aux petits princes dans l'âme.

 

Oui, je ne cesse de me répéter depuis, comme un gosse trop vieux pour son âge, que ma place est là-haut et pas planté devant le photocopieur au bout du couloir, à attendre placidement la grande aventure d'un bourrage papier (Gravity, version administration française. Palpitant).

 

Oui, bien sûr, cela m'a conforté dans mon idée que si je ne peux pas les atteindre, ces étoiles bien-aimées, au moins, je devrais pouvoir les écrire - et que je devrais même ne me consacrer qu'à cela.

 

Oui, oui, je ne mentirai pas, Hans Zimmer a beau être au son ce que Nolan est à l'image (comprendre : une cible facile, pour ceux qui ne jurent que par John Williams parce qu'ils ont un jour lu son nom dans les Cahiers du Cinéma), j'entends encore l'orgue tonner dans ma tête, alors que me reviennent par flashs des instantanés de séquences à contre-jour, la quiétude salutaire de visions spatiales en apnée, des vestiges d'émotions parfois contradictoires - poignantes jusque dans la nuance (une grande première pour le réalisateur, dont les personnages n'étaient jusqu'alors que des outils narratifs parmi d'autres, sans plus d'affects que le récit ne le leur commandait). 

 

Oui.

 


 
MAIS.
 
Oui mais voilà, j'attendais tellement, tellement plus, tellement mieux, tellement trop de Christopher Nolan - et tant pis pour la pompe et pour la prétention, je suis un fan de Muse - que ce "simple" bon film, voire ce simple TRES bon film. Compte tenu du sujet comme du passif de l'homme, j'espérais la tête à l'envers, j'espérais le vertige, j'espérais l'infini promis dès l'écran-titre, la folie des grandeurs étirée sur cinq dimensions - quitte à en perdre le fil, quitte à m'y perdre moi, quitte à y dériver des heures en état d'apesanteur intellectuelle, à essayer vainement d'en démêler l'écheveau scénaristique.

 

J'attendais la surprise, l'émerveillement, l'ivresse des profondeurs (intersidérales), j'attendais d'être soufflé, pris de haut, malmené, ramené sans ménagement à ma petitesse de fond comme de forme - quitte à y abîmer un peu de cet orgueil qui fait chez moi office de gravité -, happé comme je le fus par Inception jadis (moins par la fausse complexité de son propos que par celle, authentique, de sa structure) mais à la puissance un milliard.

 

Au lieu de quoi ai-je dû me contenter d'une belle, très belle - mais pas trop belle, hélas - promenade spatiale comme j'ai pu en lire des dizaines dans ma lointaine adolescence, sans rien de plus ni rien de moins : un voyage dans le temps, en somme, plutôt que dans les astres - une variation habile, mais remâchée, de thèmes chers à cette SF dite "classique" qui a fait ses armes avec les Arthur C. Clarke, Isaac Asimov ou A.E. Van Vogt de l'âge d'or. Celle qui connaît ses gammes et qui sait ne pas sacrifier l'humain à la péripétie, le coeur à la raison, le métal à la chair. Cette SF qui nous parle de nous, plutôt que d'un avenir qui ne sert qu'à nous mettre en perspectives, et où le langage binaire se fait l'écho métallique des chuchotements de l'âme. Le tout, écrit à quatre mains avec un amour sincère, naïf, total du sujet comme du genre ; et filmé avec un talent qui confine à l'inspiration lors de séquences terrestres qui sont aussi (et curieusement) les plus "célestes" de l'oeuvre.

 

 



SAUF QUE.

Sauf qu'à mes yeux de vieux con blasé, en dépit de ses qualités esthétiques, de ses exigences quasi-scientifiques, de son mecha-design intelligent (original, de surcroît, ce qui n'est pas un mince exploit), Interstellar reste, à l'heure du bilan, une promesse non-tenue. Car comment Nolan peut-il implicitement prétendre s'affranchir de la pesanteur et envoyer son public en l'air, s'il n'ose jamais ni surprendre, ni bousculer, ni trahir les attentes – ni, du reste, jouer la carte d'une complexité qui aurait pourtant été de mise dans ce cadre hors de toute mesure.

 

On touche ici du doigt la limite de son cinéma : cette obstination presque autistique avec laquelle il s'échine à concevoir ses films comme des mécaniques d'horlogerie, parfaitement réglées, parfaitement calibrées, d'une logique implacable, obsessionnelle, sans rien pour gripper la machine ni espace laissé libre à l'approximation (ce qui n'empêche pas les incohérences, c'est vrai - mais quel film n'en a pas ?). Une approche cérébrale, austère, propre à l'auteur - déshumanisée, jugeront certains -, dont on ne manquera pas de louer la rigueur formelle mais dont, une fois n'est pas coutume, on pourra aussi déplorer le caractère trop prévisible.

 

Pour peu que le spectateur se montre attentif et qu'il se soit constitué une culture dans ce sens, rien ne pourra le prendre de court ni dans le déroulement des événements, ni dans leur horizon, ni dans les quelques twists qui se cachent au-delà. Réglé comme du papier à musique (l'expression n'est pas vaine, dans ce contexte), le script déroule sa petite mélodie sans la laisser ni s'emballer, ni prendre quelques distances d'avec le « bon usage » - si bien qu'elle ne parvient qu'à peine à couvrir le bruit des rouages, jamais à le faire oublier, au point d'en inspirer (dieu sait qu'il m'en coûte de l'admettre) quelque ennui attristé.
 
Le mot aura été lâché. Interstellar ne manque ni de style, ni d'idées, ni d'atouts plastiques ou scénaristiques. Interstellar manque de complexité. Or avec un tel pitch, le constat apparaît contre-nature.

 


 
S'il est incontestablement plus abouti que le Contact qui lui sert de modèle, le film souffre à mon sens de la comparaison avec l'oeuvre de Zemeckis, qui offrait plus à rêver en dix minutes de voyage spatial avorté que celui de Nolan en deux heures et demi, plaçant ses personnages au coeur de son récit sans s'autoriser à les perdre de vue, même à l'échelle de l'infiniment grand.

 

 

 

 

Il souffre aussi, puisqu'on en parle, de la comparaison avec le Monsters de Gareth Edwards, qui sait donner du relief à une intrigue minimaliste en la sublimant à grand renforts de silences et de pauses nostalgiques, qui donnent une dimension intime à des enjeux qui dépassent l'être humain (c'est, j'en suis convaincu, l'approche qu'aurait dû retenir Nolan, plutôt que d'hésiter sans cesse entre l'odyssée et la psychanalyse).

 

 

 

 

 

Enfin, Interstellar souffre également de la comparaison avec le Love (Space Time) de William Eubank, qui n'est pourtant que le brouillon raté d'un chef d'oeuvre tué dans l'oeuf, mais dont l'audace et le jusqu'au-boutisme forcent le respect face à ce blockbuster frileux en termes de prise de risques.

 

 



 
Car il est peut-être là, pour moi, le principal point d'achoppement : Interstellar a beau être un film magnifique, une incontestable réussite cinématographique, peut-être bien le tout meilleur film de science-fiction depuis fort fort longtemps (depuis 2001, même, peut-être ?), il ne me laisse après coup qu'un vague sentiment de satiété.

 

De la satisfaction, plutôt que de l'enthousiasme.

 

Je n'éprouve pas le besoin maladif d'y réfléchir. Je n'ai rien à mûrir. Pas de regrets. Pas de pincements au coeur. Pas de "si seulement il avait fait ça comme ça". Pas de "bon sang, pourquoi il n'a pas exploité cet élément-là ?". Pas de "j'ai envie de le réécrire", qui donne habituellement à mes proches envie de m'étrangler. Pas de complexes. Non. Nolan a parfaitement mené sa barque, il a exploité sa matière première comme il se devait de le faire.

 

Fin de l'histoire.

 

C'est là le drame, pour moi : ce "fin de l'histoire", à des lieues de la fameuse toupie qui a fait couler tant d'encre en son temps. Si frustrant soit-il, Space Time ne cesse de me hanter, mes pensées m'y ramènent encore, et encore, et encore. Les regrets sont toujours là, de même que la colère, la déception, le besoin de comprendre. L'impression d'avoir effleuré du bout du doigt l'ébauche d'une oeuvre unique, grandiose, mais qui ne sera jamais que l'ombre d'elle-même. Interstellar me laisse juste le sentiment d'avoir vu un bon film.
 
 
C'est déjà beaucoup, par les temps qui courent.


Mais pas assez pour moi, compte tenu du sujet.

 

 

 

Diagnostic Psychiatrique : 7,5 weirdo / 10

 

 

 

 

*

 

 

 

 

 

 

*

 

 

 

 

Bonus exclusif, ascendant [SPOILER] :

 

 

 

Puisque Nolan n'a pas daigné le faire, et si on donnait une fin « à la Inception » à son Interstellar ?

 

 

 

Pour ce faire, rien de plus simple, pas besoin de budget, ni même d'en faire des caisses :

 

 

Reprendre les toutes dernières minutes du film, qui servent d'illustration au monologue de Murphy Cooper.

 

 

Lors des plans sur le visage du docteur Brand, profiter du focus pour laisser deviner, peut-être, une ou deux formes indistinctes en arrière plan - lesquelles, peut-être, se rapprocheraient progressivement.

 

 

Terminer le monologue par la ligne : « et qui sait, aussi, quelles nouvelles rencontres elle s'apprête à faire ? ».

 

 

Là dessus, filmer le docteur Brand qui se retourne, comme saisie d'un pressentiment.

 

 

Conclure le film ainsi.

 

 

 

 

Toupie power.

 

 

 

 

 

 

 

*

 

 

 

 

A lire également, dans la catégorie critiques à contre-courant :

 

 

Le Vent se Lève (Hayao Miyazaki)

 

Albator (Shinji Aramaki)

Ajouter à mes favoris Commenter (12)

Commentaires

BlackLabel
Signaler
BlackLabel
Liehd :"De la même façon, le choix du père pour symboliser cette rencontre me semblait tout aussi pertinente. Je comprends qu'elle ait pu décevoir, mais je déplore que tant de spectateurs n'aient pas cherché à voir plus loin que le bout de leur nez"


Le film faisant coïncider science et foi, le choix du "père" s'impose de lui-même de toute façon. Comme Matthew, c'est ça qu'elle cherche dans le ciel.
Le Gamer aux Mains Carrees
Signaler
Le Gamer aux Mains Carrees

@Kyalie :

Je dois faire partie des rares spectateurs qui trouvent qu'au contraire, le choix de Zemmeckis de ne pas montrer les extraterrestres, dans Contact, était le plus en accord avec le fond du film, son atmosphère, voire sa "philosophie". J'aurais été déçu qu'il en soit autrement, parce que j'ai vu l'oeuvre comme une invitation à rester "à l'écoute", à continuer de rêver en regardant les étoiles et en envisageant l'infinité de possibilités qu'elles représentent. Choisir une possibilité dans cette infinité, donner une réponse visuelle aurait tué le rêve en tuant sa raison d'être, et serait allé à l'encontre des deux heures précédentes.

De la même façon, le choix du père pour symboliser cette rencontre me semblait tout aussi pertinente. Je comprends qu'elle ait pu décevoir, mais je déplore que tant de spectateurs n'aient pas cherché à voir plus loin que le bout de leur nez (ou de celui de David Morse, en l'occurrence). En voyageant dans l'infiniment grand, c'est aussi en elle qu'Ellie voyage. Tout est dans tout. Nous sommes connectés à l'univers, l'univers est connecté à nous, parce que nous sommes une partie de celui-ci et en cherchant à le connaître, c'est aussi, voire d'abord, à la rencontre de nous-mêmes que nous allons.

Il y aurait encore beaucoup à dire au sujet de ce choix, je n'ai fait qu'effleurer la surface et c'est une des grandes forces de ce film, que n'a malheureusement pas Interstellar : l'air de rien, entre ses lignes, il développe une vraie réflexion et invite le spectateur ouvert à la prolonger, là où Interstaller assène didactiquement sans laisser de place au mûrissement personnel. Il clôt toutes ses parenthèses, il n'invite pas à prolonger. Le film est un ensemble fermé : comme sa narration, il est fermé sur lui-même, prisonnier de sa boucle scénaristique.

Là encore, on se rejoint : j'ai pareillement aimé Interstellar jusqu'à l'arrivée sur la première planète, moment où j'ai compris ce qu'allait vraiment être le film... rien qu'un Mission to Mars amélioré, au fond. Effectivement, passé ce point-charnière, tout devenait prévisible, formaté, artificiel et sans âme véritable. ça restait sympathique, c'est sûr, c'est Nolan après tout, mais compte tenu du sujet, des moyens et des compétences du Nolan en question, ça aurait dû être bouleversant, intrigant, novateur. Dommage.

Au moins, le film donne envie de revoir Contact, c'est toujours ça de pris.



@Black :
 

 

C'est exactement ça : mécanique, huilé, millimétré. Le cinéma de Nolan en trois mots. Il fait ça avec un talent dingue, attention ! Et ce n'est pas rien. ça donne une touche particulière à ses films, unique, personnelle, et c'est devenu l'une de ses marques de fabrique. Mais en contrepartie, ça déconnecte émotionnellement le spectateur de son travail, et ça l'empêche de s'immerger dans ce dernier, de couper complètement les ponts avec la réalité du canapé ou de la salle de cinéma pendant deux heures, d'être happé intégralement par l'écran et d'en ressortir chamboulé. Tu as raison d'évoquer The Prestige, parce que finalement, ce film parle autant de magie que du cinéma de Nolan lui-même, qui se conçoit finalement comme un tour de passe-passe élaboré. C'est à la fois une grande qualité et un défaut proportionnel, surtout que la plupart des spectateurs s'arrêteront à leur ressenti, y verront un défaut, sans réaliser que c'est simplement une approche différente, qui se veut telle et qui se pense ainsi.

 

Bon, personnellement, j'aime déployer des processus mentaux, ça passe le temps, ça occupe la tête, mais souvent, je peste intérieurement de ne pas pouvoir apprécier ses oeuvres aussi avec le coeur (Inception excepté), parce que ça manque souvent un peu. En ce sens la dernière-première séquence de Memento est autant un couperet qu'un soulagement parce que, comme tu dis, il y casse son moule (même si ça fait partie d'un moule plus grand).

 

Tu parles de divertissement de qualité et c'est exactement pour cette raison que je défends son cinéma. Parce que oui, c'est du divertissement qui s'assume comme tel, qui ne prétend à rien d'autre, mais qui n'oublie pas de faire preuve d'une certaine forme d'intelligence, d'inviter le spectateur à faire un peu autre chose qu'ingurgiter des fusillades et des explosions jusqu'à la lie... et en ce moment, il est quand même un peu tout seul dans ce créneau, malheureusement.

Enfin, pour ce qui est de Shutter Island, je te rejoins également, le réalisateur arrive vraiment à distiller une ambiance, un feeling, une tonalité, ce qui manque à Nolan. Par contre, je ne lui pardonne pas d'avoir grillé si vite son suspens à trop nous prendre pour des ânes, ce qui m'a pas mal gâché mon visionnage quand même... :(

Kyalie
Signaler
Kyalie
Faudrait que je revoie Contact mais je suis contente de constater que je ne suis pas la seule à qui les similitudes ont sauté aux yeux (peut-être du fait de la présence de McConnaughey :P), là où tout le monde le comparait à 2001. J'ai un bon souvenir de ce film et je n'avais pas trouvé le principe des extra-terrestres prenant l'apparence du père aussi idiot que la plupart des gens qui l'avaient trouvé risible et qui a été parodié à l'envi.
Je crois que j'ai aimé Interstellar jusqu'à l'arrivée sur la première planète. Après j'ai décroché, ça devenait trop prévisible (le personnage de Matt Damon en guise de 'traître' comme attendu), ne faisait plus rêver (le passage du tesseract était une incroyable déception, autant dans l'esthétique que dans ses événements), et le trop d'humanité des robots a fini par m'agacer (là où Icare de Sunshine ou le robot de Moon paraissent faire preuve de sympathie mais demeurent distants et rigoureux).
Dans son aspect philosophique j'ai trouvé Contact plus réussi (dans mes souvenirs) et la touche 2001 d'Interstellar aurait été un bel ajout au film.
BlackLabel
Signaler
BlackLabel
Y'a un côté mécanique chez Nolan, superbement huilé et millimétré, et les personnages comme le sujet ne sont que des rouages. Dans Memento la fin (ou le début c'est selon :D ) tu échappes à la mécanique pour en venir à un drame humain, mais ça fait partie de la mécanique, c'est la cerise sur le gâteau, un peu comme quand Gary Oldman dit "The Dark Knight" à la toute fin du film, ou Abracadabra dans The Prestige (mais là c'est pas Gary Oldman, j'espère que tu arrives à suivre :ph34r: ).

Mais avant ça faut passer par toutes les étapes du film, pour apprécier. C'est pas comme d'autres films où quand tu revois une scène tu replonges dedans direct. Là y'a tout un processus à déployer pour que ça fonctionne.

Après je trouve que c'est du divertissement de qualité hein, mais c'est pas non plus un grand réalisateur à cause de ça, ce côté cérébral, étudié où l'émotion perce sur commande. Genre Insomnia, des réalisateurs moins doués auraient réussi à en faire un film troublant et glauque, alors que lui il arrive à rendre palpable l'insomnie grâce à des effets de caméra, mais le film n'a au final pas la noirceur qu'on sent dans les deux personnages principaux. Je dirai pas qu'il reste en surface, mais plutôt qu'il arrive pas à creuser le sujet autrement que par analyse minutieuse.

Pour prendre en contre-exemple Shutter Island, le film se grille assez vite sur le suspense, il essaye des trucs visuellement pas toujours convaincants, mais psychologiquement ça reste éprouvant et noir.
Le Gamer aux Mains Carrees
Signaler
Le Gamer aux Mains Carrees

@Kelun :


Exactement. Venant d'un random réalisateur, ce classicisme serait peut-être passé comme une lettre à la poste le jour de la semaine où les facteurs travaillent (:troll:) mais de la part de Nolan, intuitivement, on ne pouvait que s'attendre à être surpris... aussi ne pouvait-on ressortir de la salle qu'avec une légitime déception, même si le film n'est pas mauvais en soi. C'est mathématique.


@Voron :

 

En tant que fan de SF, si tu vas le voir sans attentes ni espérances particulières, et si tu te mets dans la tête que tu vas juste te promener un peu en terrain connu (mais aimé !), tu passeras un bon, voire un très bon moment, Parce que, comme je le suggère, c'est quand même un très bel hommage à la SF classique, et que ça fait forcément vibrer quelques cordes sensibles ici et là...

@Black : que vois-je ? Que lis-je ? Toi ? Tu écris que ma critique est tout à fait juste ?
:blush:
Quel honneur ! Quelle consécration !

Rien que pour ça, ça valait le coup de revenir en coup de vent sur GB, tiens ! :wub:
J'en rougis par smiley interposé.

Plutôt que de m'enfermer dans mon ressenti personnel, j'ai essayé de l'analyser au mieux, de le comprendre, de l'intellectualiser (façon Nolan - rires), histoire de ne pas en rester au seul stade du point de vue subjectif. J'ai cherché à mettre des mots clairs sur le sentiment de vide que le cinéma de Nolan m'inspire (attention, qu'il n'y ait pas d’ambiguïté : j'adore Memento, The Prestige, The Dark Knight Rises et surtout Inception, mais l'un n'empêche pas l'autre), je suis donc heureux que tu t'y retrouves aussi. C'est peut-être que j'ai mis le doigt sur quelque chose... A vrai dire, je suis même d'autant plus heureux que nous sommes également d'accord au sujet de ce grand film sous-évalué qu'est Contact... tu auras d'ailleurs noté que je n'ai pas choisi le titre de cet article sau hasard ! ;)

Je te le confirme donc (et tu n'en seras pas surpris) : non, Interstellar n'est pas bouleversant en lui-même. Il le sera pour celles et ceux qui feront là leurs premières armes dans le champ de la hard-SF façon C. Clarke, ceux qui n'auront jamais rien lu ni vu de similaire(et ça en fait déjà, du monde, mine de rien...). Mais les autres resteront au moins à moitié sur le carreau.

 

Je te rends donc la politesse en étant d'accord avec toi, et en louant le style avec laquelle tu as fait valoir ici ton point de vue. :)

 

 

@Romain :
 

 

Tu es vachement gentil avec Matrix, je trouve. Ceux qui me connaissent savent que je n'aurais pas été si tendre. Si tu voulais me faire de la peine, il aurait fallu te trouver une autre cible... ;)

Tu as aimé Interstellar, c'est très bien pour toi, je l'écris sans ironie ni arrières-pensées : moi aussi, j'aurais adoré sortir de la salle avec le même enthousiasme que toi, vraiment. Si tu me lis attentivement, tu remarqueras d'ailleurs que je n'en dis pas que du mal, de ce film (je n'en dis pas de mal du tout, d'ailleurs, quand on y réfléchit), tout comme je n'écris pas que c'est un mauvais film. C'est juste un film qui a déçu mes attentes. Or j'estime assez Nolan que pour attendre de lui le meilleur à chaque fois. Ce n'est donc pas que je ne l'aime pas, mais peut-être bien que je l'aime trop, en somme. Comme quoi, tu vois, il ne faut pas juger sur des apparences... 

Pour ce qui est d'Inception et de Shutter Island, la comparaison ne vient pas de moi, elle s'est imposée à l'époque car les deux films brouillaient la frontière entre le réel et l'irréel. ça ne va pas chercher plus loin, et je l'ai toujours trouvée ridicule.

 

Quant à la fin, je l'ai réécrite par jeu, parce que je trouvais qu'elle manquait elle aussi d'originalité, qu'elle n'était pas assez percutante. ça ne va pas chercher plus loin non plus.

 

 

@Fremen :

Merci beaucoup pour ton retour !

 

Honte à moi, je n'ai toujours pas vu Cloud Atlas : il est là, sur le dessus de ma pile de DVDs à regarder, ça fait des mois qu'il y traîne mais je n'arrive pas à oser le glisser dans le lecteur. Lui aussi, j'ai envie de l'aimer très fort, mais j'en ai peur. Je sais que ce sera un visionnage joué à quitte ou double, pour moi, et j'appréhende en proportion le moment où je devrais me confronter à sa réalité. Mais bon. Ce que tu écris à son sujet a réveillé cette curiosité naturelle qui est la mienne, et que j'avais cryogénisée pour l'occasion. Je tenterai donc peut-être l'expérience ce week-end...


@Masahiko :

Merciiiiii !
Bon, de toi à moi, je pense que ça fait un petit moment maintenant que je fais partie du club, mais jusque-là, j'arrivais encore à rester dans le déni ! :) Je viens de passer un cap... tout ça, c'est la faute de Nolan ! :D


@Olff :

Facile de se moquer des détracteurs de Nolan ? Certes. J'en conviens tout à fait.

Autant qu'il est facile de se moquer du cinéma de Nolan lui-même.

C'est de bonne guerre. :)

C'est également, quand on y pense, le même problème qu'avec Final Fantasy VII dans le champ des J-RPG, ou Steven Moffat dans celui des séries TV, pour ne citer que ces deux exemples-là. Il suffit que des fans sans nuances s'enthousiasment plus qu'il n'est sensé de le faire pour que cela suscite chez autrui un rejet viscéral, et entraîne des réactions négatives proportionnelles à leur engouement.

Or les deux positions sont aussi idiotes, irrationnelles et puériles l'une que l'autre.

A quoi bon être "un détracteur de Nolan" ? ça mène à quoi ? ça apporte quoi à qui ?

Celui qui n'aime pas son cinéma ne le regarde pas, point à la ligne.

Pourquoi perdre son temps aussi bêtement, à s'imposer des oeuvres qui ne nous correspondent pas ?

Personnellement, après avoir vu Matrix 1, je ne suis pas allé m'infuser le 2 et le 3. Pour moi, ça coulait de source, c'était ce que j'avais de plus raisonnable à faire (ou disons : ne pas faire, le cas échéant). 

Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, quel que soit le domaine créatif envisagé, nous n'avons pas tous les mêmes attentes, nous ne sommes pas tous sensibles aux mêmes éléments, nous ne pourrons donc jamais tous être d'accord. Le cinéma de Nolan parlera à certains, et laissera d'autres sur le carreau. ça vaut pour n'importe quel cinéaste, quel qu'il soit. Je n'ai jamais pu accrocher à ce que fait Spielberg, ou à ce que fait Miyazaki. Est-ce que, pour autant, je m'en fais le "détracteur" ? Et est-ce que je vais les considérer comme de mauvais réalisateurs pour autant ?

 

Oui, j'aime le cinéma de Nolan. Oui, je suis conscient qu'il a des défauts. L'un n'empêche pas l'autre (et au risque de me répéter, je doute qu'il existe ne serait-ce qu'un seul réalisateur dont le travail en serait dépourvu). Cette critique prouve que je ne suis pas prêt à accueillir l'ensemble de ses oeuvres à bras ouvert, et que je m'efforce de garder les idées claires, en dépit de mon fanboyisme. Et je ne suis pas certains qu'il y ait beaucoup de monde qui en fasse autant, sur le net comme ailleurs (ce qui, du reste, est bien dommage).

Parce que bon, qu'on critique Interstellar, ça ne me dérange pas, du moment que c'est "bien fait", et pas du lynchage organisé. Car franchement... de là à y voir un clone d'Armaggedon en moins bien dialogué, il y a un espace infini qu'on appelle la mauvaise foi. ;)

Olff
Signaler
Olff
Un peu facile de moquer les détracteurs de Nolan comme des prétentieux ?

À part Memento pas mauvais, j'ai jamais apprécié le cinéma de Nolan dans sa globalité, et les 45 minutes de mode d'emploi comme entrée pour Inception m'avait conduit au divorce. Pis comme j'aime à le détester finalement, ou simplement que je persévère à essayer de percer le mystère du "génie" de Nolan dont je n'ai jamais aperçu signe, je suis allé voir Interstellar dont le sujet m'intéresse.

Ben résultat j'ai vu Armageddon version longue, avec des dialogues plus nuls et des acteurs moins bons. Je me demanderais presque si c'était pas une caméra cachée... J'ai compris que ça passerait pas du tout pour ma pomme quand il traverse le trou version Space Mountain, et le coup de grâce fût ce tsunami lol.

Bref je reste complètement ébahi par tant de critiques positives à son égard, et si peu de négatives. Ca doit être le seul cas tous médiums confondus où je ne pige pas :)
Masahiko666
Signaler
Masahiko666
Bienvenue dans le monde des vieux cons blasés et râleurs mon ami...
fremen73
Signaler
fremen73
Parfaitement d'accord avec toi. Il manque quelque chose...mais je me dis la même chose à chacun de ses films.
PS : pour moi le meilleur film de SF de ces dernières années c'est plutôt Cloud Atlas malgré quelques faiblesses sur certains des récits (notamment le dernier).
romain51
Signaler
romain51
très bon film, a l inverse de la trilogie matrix qui part d un bon premier pour finir comme une merde,le dernier matrix est tout simplement un nanar,le deuxième est gerbeux et ressemble plus a une baston de super sayian.
ce film de Nolan est tout simplement splendide ,le film commence doucement pour finir de facon plutot magistral.Nolan a tout simplement réussi un film de science fiction ou les effets spéciaux passent plutôt au second plan et ne nous pète pas a la gueule toutes les cinq secondes pour se focaliser sur un scénario particulièrement bien réussi (ce qui est plutôt dans la SF surtout ces derniers temps).
par ce film Nolan prouve belle et bien qu il est une étoile montante du cinéma ,bien que je n ai pas du tout accroché batman.
pour ce qui est de comparaison entre shutter island et inception,je vois vraiment pas ce que ca vient faire la ,les films n appartenant pas du tout a la même catégorie.
inception rentre plus dans le coté SF que thriller et shutter island est un thriller exclusivement.
pour ce qui est de la fin d interstellar,je vois pas pourquoi tu veux en inventer une puisqu il y en a déjà une .
tu peux inventer des fins a des films comme doberman ou le film se finit sur l hélicoptère au dessus de la voiture des gangsters ,nous laissant le doute sur la mort ou la survie de ceux ci
Dans la cas d interstellar ,tu réinvente une fin dans ce cas la car celle ci existe déjà.
BlackLabel
Signaler
BlackLabel
Je l'ai pas vu mais ta critique est tout à fait juste (je peux d'autant mieux l'affirmer vu que je l'ai pas vu :lol: ). Les films de Nolan ne font pas rêver, ils sont "très bien faits", y'a une dimension qui épaissit le film pour ne pas que ce soit juste un travail de premier de la classe, mais ça fait pas rêver. Inception, et là je me concentre sur un seul point car y'aurait beaucoup à dire, les visions sont totalement plates et froides, bêtement logiques, là où les rêves sont flous, approximatifs, symboliques jusqu'au grotesque et à l'absurde. Lui il a fait visuellement du Matrix avec 10 ans de retard, et avec une DA de Call of Duty :/

Contact, ça fait rêver. Parce que porté par une Jodie Foster qui te donne des frissons. Le plus beau passage dans l'espace, c'est même pas les effets spéciaux, c'est son visage bouleversé "Je n'avais pas idée..." T'as beau te foutre royalement de l'espace en temps normal, tout le film te le fait voir à travers elle et sa passion, son obsession.

Interstellar je suis sûr que je vais beaucoup apprécier, mais je suis sûr aussi que c'est pas bouleversant. Ou sagement, avec l'émotion parfaitement calibrée pour monter au moment voulu, quand Nolan le décide, le confortable orgasme programmé du samedi soir dans un vieux couple routinier, au lieu de s'échapper ici et là par les interstices d'une histoire où tout n'est pas maîtrisée, où chaque spectateur peut réagir à un détail différent, où c'est la vie capturée sur pellicule qui mène le bal plus que le réalisateur-chef d'orchestre.
Voron
Signaler
Voron
En tant que fan de sf, j'arrive pas à être motivé à aller voir ce film, mais tu confirme un peu ce que j'anticipe: on peut compter sur Nolan pour nous en mettre plein la vue façon gros blockbuster, mais au delà de ça... j'ai un peu du mal à comprendre ce qu'il peut bien se passer de fou quand je lit le pitch...
Kelun
Signaler
Kelun
J'ai eu la même ressentiment que toi quand je suis ressorti de la salle, c'était très bien et sympa mais il manque un truc, c'était trop "simple".

Sans parler de tout les trucs qui ne m'ont pas plu. Mais ça c'est une autre histoire.

Édito

 

pour : "Le Gamer aux Mains Carrées, l'homme qui murmurait à l'oreille du manque de race"

(Du coup je ne sais pas trop comment je dois prendre cette distinction)

 

Gameblog Community Award de l'article de l'année 2016 pour un post sans texte, c'est sûr, ça fait toujours plaisir, mais c'est quand même assez surprenant.

Ce qui l'est beaucoup moins, par contre, c'est que ce post traite ENCORE de Final Fantasy.

 

Bref, pour de vrais "articles de l'année" passionnants, passionnés, pertinents et bien écrits, allez plutôt lire :

- Migaru

- Noiraude

- Snake_in_a_box

 

 ET QUE CA SAUTE, COMME TIDUS DANS L'INTRO DE FFX !

 

*

 

Parce qu'on n'est pas tous nés avec des doigts aux mains (fonctionnels, en tout cas) !

 

Parce qu'on a tout à fait le droit de ne pas savoir parer aux jeux de combats, ou de ne pas savoir freiner aux jeux de course automobile, ou de ne pas savoir diriger son bonzhomme à Resident Evil 1 !

 

Parce qu'on n'est pas tous à l'aise avec plus de deux boutons, surtout quand il faut alterner leur utilisation !

 

Parce qu'on n'est pas tous au courant qu'on est au XXIème siècle et que de toute façon, c'était mieux avant !

 

Parce qu'on est libre de préférer acheter nos jeux à Cash Converter plutôt qu'à Micromania !

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrés vous propose des tests périmés et de mauvaise foi, des dessins réalisés à la hache, à l'arrache et avec des mains carrées (aussi), des découvertes culturelles à manger son code du psychiatre (sans sauce) et autres billevesées qui vous demanderont au mieux beaucoup d'indulgence, au pire du prozac. Mais surtout, surtout, depuis quelques mois, du gros troll qui tache.

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrées se veut un blog tout à fait inutile, sous-documenté, sous-illustré et sous-créatif, qui ne vous guidera en rien dans vos futurs achats ou vos quêtes du fini-à-200%. Le Joueur aux Mains Carrées fait un plus gros score à Tetris s'il laisse les pièces descendre sans toucher à la manette.

 

Tout est dit.

 

Enfin, le Joueur aux Mains Carrées est fan de Mr Patate, Paul Binocle et Boulet, dont il s'évertue à plagier les meilleures idées, des fois que. 

Archives

Favoris