KIRO'O SPHERE

KIRO'O SPHERE

Par fenryo Blog créé le 10/08/13 Mis à jour le 16/01/14 à 20h33

Kiro'o : Le nouvel eldorado de l'imagination !!
Bon sinon je vais aussi poster mes analyses persos en tant que joueur et gamedesigner.

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Analyse de la Game-sphère

 

 

Bonjour ou Bonsoir (de toute façons vous vous en foutez),

Cet article s'inscrit dans la ligne éditoriale des réflexions que les old gamers se posent face à une évolution de la lassitude dans la game-sphère (sutout chez les gamers de plus de 22 ans qui semblent être blasés de tout). Je l'ai écris après avoir lu trop de critiques acerbes sur la news sur Assasin Creed 4.

Pourquoi sommes-nous blasés ?

La raison facile, et qui semble avoir fait son chemin dans notre inconscient collectif est de dire "oui les jeux ne sont plus aussi bien qu'avant, les développeurs nous prennent pour des simplets"... FAUX ce ne sont pas forcément les jeux qui sont moins beaux, c'est NOUS qui avons changé.

Il est évidemment vrai que nous devons exiger aux développeurs de se dépasser et de ne pas freiner la créativité, mais nous (les joueurs) devont aussi mûrir et prendre du recul sur ce que le jeu vidéo a comme mission et ce qu'il ne peut pas faire.

Déjà il faut commencer par faire une introspection simple sur le "avant" et le "maintenant" en nous-même.

                 >>>>> AVANT c'était mieux parce que:

  • Nous étions insouçiants: on (sur)vivait pour avoir de bonnes notes à l'école, on ne cherchait pas à savoir la formule qui mettait le beurre dans le pain du goûter.
  • Nous avions une vie sociale, une vraie qui comblait vraiment nos besoins "humains" journaliers: oui, les disputes avec les soeurettes pour avoir le droit de jouer pendant un épisode de série de RTL9(Top Model), ça rendait chaque partie plus savoureuse... le temps que les parents viennent bousiller votre sauvegarde avec une bonne taloche et un "éteint çaaaaa".

Oui ça c'était un moment mérité et il fallait en profiter un max !!

  • Nous étions en sécurité : du moins la plupart des parents évitaient de nous expliquer la crise, le terrorisme, etc et les journaux ont ne les regardait pas.
  • L'avenir était certain : on le savait, on devait finir cette torture d'école, avoir nos diplômes et il y aurait enfin cette vie de salarié assuré pépère au bout du tunnel... c'était ce qu'on nous avait dit.... ils avaient promis!!
  • Jouer était une récompense : on avait une disquette/CD par Noël et anniversaire, donc on avait vraiment intérêt à savourer un max avant la prochaine.
  • Et surtout (le plus important) on venait jouer POUR S'AMUSER ET RIEN D'AUTRE !!

Je vais développer le dernier point en particulier. Notre attitude en lançant une nouvelle partie a énormément changé, car :

               >>>>>> MAINTENANT On ne sent plus la flamme parce que quand on vient jouer on a ça en tête :

 

  • On a vieilli : il faut bosser pour que le beurre arrive sur la tartine du matin. Et le boulot est rarement ce lieu d'épanouissement personnel rêvé, mais une sorte de lieu de torture pour nos ambitions initiales laissées dans un placard (oui aucun de vous  ici n'a pu avoir son goldorak version réelle)
  • La vie sociale (très) réduite : alors je suis au Cameroun (Afrique Centrale) en écrivant ça, mais vu que notre modèle citadin est calqué sur le modèle occidental, on commence à ressentir nous aussi cet impréssion perpétuelle de solitude en fond sonore que la vie à 100km/h exige. J'ai perso fait une déprime de 4 mois quand j'ai emménagé dans ma nouvelle cité  où je connais même pas le nom de ma voisinne d'en face, vu mes horaires de taf. Et facebook/twitter/ google+ (le gosse des 2 premiers) a plus ou moins empiré les choses, on communique plus, mais on a moins de contacts "humains" vrais. On sait pas pourquoi on souffre du coup.
  • Insécurité : Oui nous le savons ça peut péter à tout moment maintenant. On nous le rappelle chaque soir à 20h30. D'ailleurs c'est épatant, les infos c'est comme les séries US, à chaque pb on a l'impréssion que c'est hyper grave et que le monde va s'éffondrer. Pourtant qui se souvient encore de la crise ivoirienne? ou de la guerre en Irak et ses enjeux imminents? on en vient même parfois à oublier le tollé sur le 11 septembre.
  • L'avenir c'est ... flou : On a réalisé que la carrière de 30 ans sans souçis est de moins en moins garantie, on est dans une concurrence féroce pour transformer le chomâge en stage, le stage en CDD, leCDD en CDI. Pour ceux qui sont patrons c'est la chasses aux investisseurs et le stress des actionnaires, les actionnaires font la guerres aux crédits (banques) et les banques aux bourses, les bourses c'est le sommet de la chaîne alimentaire actuelle, mais avec une guerre encore plus féroce pour n ejamais tomber dans l'enfer du "bas peuple".
  • Jouer c'est devenu "facile" : plus de "papa et maman" (ou tonton riche de la famille) à épater avec des notes, pour sa galette annuelle (trimestrielle pour les veinards). On a 8 jeux par semaine maintenant là en claquant des doigts. Plus de mérite à avoir attendu la sortie du jeu. Car le jeu vidéo c'est comme le s***e, le fantasme est nécéssaire pour le plaisir.

Au delà de toutes ces conditions (et bien d'autres), le jeu est pour la plupart des geeks, la seule distraction vraiment à nous dans la vie d'adulte. C'est le lieu du "ME time".On regarde des films avec sa meuf (et il faut l'écouter en même temps), on boit avec des potes (et on raconte pas tout ses pbs pour pas avoir l'air du faible de la meute), etc, mais quand on joue (même en online) c'est souvent un moment purement égoïste où on ne dit pas "je dois" mais "je veux".

Pour les mecs surtout (les plus blasés), jouer c'est la grotte (lire  les hommes viennet de Mars et les femmes de Venus) après la chasse. C'est là où on vient se reposer après des journées de frustrations à avoir sérré les dents dans tous les domaines (qui n'a pas renomé des adversaires à un jeu de combat ou un FPS dans sa tête avec des prénoms de personnes qui l'ont énervé dans la journée?).

 

 Mais ce n'est pas le rôle d'un jeu vidéo de pallier à tout ça.

Mais voilà, le jeu vidéo ne fait pas de miracle. Il ne viendra pas déclencher l'expérience transcendantale existencielle qui va redonner des couleurs à tout ce qui se passe autour. La mécanique subconsciente du jeu ne marche pas comme ça. Il FAUT VOULOIR s'amuser pour s'amuser.

En passant c'est une des causes du succès des vieilles licences "GTA, SKYRIM, etc" au delà de la technique magnifique, c'est surtout qu'ils font partie des rares jeux où nous voulons nous amuser avant même de les avoir. Nous les avons attendus avec envie d'en profiter sérieusement. Les "autres" jeux, ceux qui se proposent à nous subissent souvent plus le rôle de défouloir, et on est étonné, frustré de pas avoir eu notre "dose" et on râle (ça on maîtrise lol).

Voilà, j'espère avoir ouvert la réflexion pour vous là dessus. Il y a des daubes hein, mais bien souvent rappelez vous que l'amusement dans le jeu vidéo est un "travail à 2" le jeu ET vous. Et que le jeu ne peut  pas faire taire le malaise global qui tourne en boucle dans nos esprits remplis de stress et de peur dans cette époque trouble : il faut gérer sa spiritualité pour ça, et accepter de faire un travail sur soi-même (c'est dur, mais le bonheur n'est pas à la mode).

A voir aussi.

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Commentaires

pastaga-(51)
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pastaga-(51)
l'addiction comprend une partie physiologique et psychologique, je me souviens encore de ma mère nous supprimant "tetris" sur gameboy, car toute la famille devenait accro, et je l'ai surprise en train de se faire une partie quelques temps après.
j'en ai connus accros au vélo dans des proportions qui deviennent invivable pour la famille, pour d'autres cela va être le foot etc...
on peut devenir un accro du boulot ou l’extrême inverse,
on a tous des sensibilités différentes et certaines addictions seront plus facile à stopper chez certains, et plus dures pour d'autres.
toutes ces addictions ont souvent, pas toujours, un point commun, c'est d'échapper à la réalité,
nos passions peuvent se transformer en addiction, et en prendre conscience est une bonne chose pour garder un semblant d'équilibre.
fenryo
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fenryo
Oui sauf que justement le problème est que contrairement aux drogues qui arrivent à abattre nos résistances sans notre libre arbitre une fois ingurgitée, le jeu vidéo repose sur le principe subconscient qu'on veut s'amuser. Sinon la mécanique chimique prend difficilement.
Une des méthodes de game design est de générer une action exigeant de la concentration constante, parce que du coup c'est l'état "présent" apaisant qui fait son effet. C'est un des mérites des jeux de foot. On est rarement passif devant son écran et on a peu de mécaniques de routines qui se mettent en place.
pastaga-(51)
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pastaga-(51)
si jouer devient un exutoire, un moyen de s'échapper de ses emmerdes, cela ne durera qu'un temps, et le jeux peut facilement devenir une addiction, tout comme une drogue.
c'est dans ce sens que je rejoins ce que tu écris :

"Au delà de toutes ces conditions (et bien d'autres), le jeu est pour la plupart des geeks, la seule distraction vraiment à nous dans la vie d'adulte. C'est le lieu du "ME time".On regarde des films avec sa meuf (et il faut l'écouter en même temps), on boit avec des potes (et on raconte pas tout ses pbs pour pas avoir l'air du faible de la meute), etc, mais quand on joue (même en online) c'est souvent un moment purement égoïste où on ne dit pas "je dois" mais "je veux".

Pour les mecs surtout (les plus blasés), jouer c'est la grotte (lire les hommes viennet de Mars et les femmes de Venus) après la chasse. C'est là où on vient se reposer après des journées de frustrations à avoir sérré les dents dans tous les domaines (qui n'a pas renomé des adversaires à un jeu de combat ou un FPS dans sa tête avec des prénoms de personnes qui l'ont énervé dans la journée?)."
fenryo
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fenryo
hmmm ... okay j'ai tout suivi mais c'est à la partie sur "sen passer" où j'ai pas saisi la chute.
pastaga-(51)
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pastaga-(51)
la plus grande force que l'on peut avoir, c'est de ne pas avoir honte de nos faiblesses, les accepter
et ne pas les cacher quitte à risquer de se faire bouffer par un autre pour (se) convaincre, qu'il vaut mieux que toi.

suivre cette voie n'est pas facile, mais après on aborde tout avec plus de sérénité, et confiance sans se poser 10 milliards de questions.
et le jeux vidéo redevient instinctivement un simple divertissement dont on sait qu'il faut s'en séparer si celui ci commence à devenir une prise de tête avec sa conscience.
Donald87
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Donald87
Tu dois ma visite au commentaire que tu as fait à Retromag, je ne regrette rien, je repasserai ici ;)

Au passage, merci de ton appréciation :)
fenryo
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fenryo
hé bein même le grand donald87 (je suis fan) est venu dans ma tanière, je vais regarder ce post pendant 1 semaine !!
Donald87
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Donald87
Y a pas mal de vrai là dedans ;)
fenryo
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fenryo
merci si ça vient du "sage" retromag ça veut dire que je m'en sort pas mal.
Retromag
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Retromag
Tu mets de la forme à un vieux débat, c'est plus plaisant à lire. Ton diagnostique tombe juste en calquant le contexte économique et social à la pratique du jeu vidéo. Les aspirations changent dans un contexte de crises multiples. Et c'est vrai que le jeu objet (tous les coffrets collector) cherchent à supplanter le propos même du jeu, à savoir le plaisir de jouer.

La mienne a évolué, mes meilleurs souvenirs datent d'il y a 15 ou vingts. Mais je m'attends toujours à être surpris par cette industrie, avec notamment la montée en puissance de la scène indé qui se réclame d'une certaine idée du jeu vidéo qui avait court en 80/90. On est donc pas au bout de nos surprises !

Bon article au demeurant ! ;)
fenryo
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fenryo
merci facaw
facaw
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facaw
Je suis beaucoup plus en phase avec cette psychanalyse fast food que la plupart des gens qui cherchent à intellectualiser tout et n'importe quoi sur fond de "c'est la faute a la next-gen, c'était mieux avant blablabla, merde à COD, merde aux jeux AAA".

La source d'amusement, de vouloir retrouver son âme de gosse en jouant et non pas de chercher la petite bête, de voir si tel développeur a respecté son discours etc... Beaucoup de gens ne l'ont plus et sont blasés. Maintenant quand on dit qu'on joue aux jeux vidéo juste pour s'éclater c'est plus possible...
En tout cas pas en forum, chez les blasés c'est toujours du "oui c'est bien, mais ça n'apporte rien, ça n'invente rien bouh! " :/

Bon, il est clair que je ne joue presque plus de la même manière que quand j'avais 10 ans, où il était très facile d'être émerveillé ou d'être en transe, mais je fais tout pour rentrer dans le jeu et si le jeu m'apporte pas ça, alors c'est dommage. Je ne joue jamais à un jeu vidéo en étant sur la défensive, je peux rien n'attendre de certains mais je me dis jamais "bon voyons voir cette merde tiens...".

Fin bref. J'adore ton article. Il m'a beaucoup parlé.
fenryo
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fenryo
looool oui c'est de la psychanalyse fast food, mais bon je pense que ça devrait redonner la piste de la joie vidéoludique a certains lol
Strife
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Strife
Tu généralises un peu, spèce de blasé! :P

Mais tu poses les bonnes questions ;)

Édito

être réaliste c'est trouver un moyen rationnel d'atteindre un but magnifique.

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