Eyrio

Par Eyrio_ Blog créé le 13/01/18 Mis à jour le 07/08/19 à 14h56

Un petit blog perso ou je parle avec plus ou moins de qualité de jeux vidéo un média qui me fascine !

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(Cinéma)

Il est souvent intéressant de regarder le film lauréat de la sélection d’un certain regard à Cannes. Même si on est sur une sélection ou on retrouve du tout et n’importe quoi, le lauréat est souvent un film intéressant comme celui de l’année 2018 : Border

Comme Un regard de chien

Border est une expérience particulière, une expérience unique qui sera surement l’expérience cinématographique de l’année, même si je ne l’ai pas vu au cinéma. On suivra Tina (Eva Lemander) une douanière ayant la particularité de flairer les gens par son odorat. Sauf qu’elle rencontrera Vore (Eero Milonoff) pour qui elle a des soupçons, mais elle n’arrive pas à le cerner et va même avoir une attirance.

Le sujet de Border est de parler de l’étrangeté et au début on n’arrive pas forcément à comprendre les choix de réalisation qui au début du film on va mettre en avant une certaine laideur de Tina, ses traits de visage assez différents. Il y a eu un énorme travail de maquillage pour Tina et Vore pour montrer qu’ils ne nous ressemblent pas, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas Homos Sapiens, mais des hommes de Neandertal qui comme on le voit dans Border n’ont pas les mêmes traits de visage.

On commence vraiment à avoir des doutes sur le de percevoir de Tina ou même Vore c’est son reniflement qui aura tendance à nous agacer, car il y a une sorte d’exagération de la part de Ali Abbasi réalisateur du film, mais cela nous permet de comprendre ce qu’il veut nous faire raconter. Quand on voit ces reniflements, j’avais l’impression de voir les chiens qu’on voit à la douane qu’on appelle plutôt des chiens de détection et ce qui m’a le plus frappé c’est de voir ses « collègues » l’utiliser comme un chien et cela m’a amené à une réflexion pendant le film, car quand on voit son quotidien utilisé avec une caméra à épaule et cette caméra illustre cette ennuie de sa vie qui grâce à son « don » est rentré dans la société, tout en restant éloigné, car dans son boulot elle s’ennuie. En dehors elle va voir certes son père, mais je n’ai pas l’impression qu’il y a un coup de froid entre les deux et il y a aussi sa vie de couple qui ne la passionne pas trop avec quelqu’un qui est plus préoccupé par ses chiens et les concours de chiens. Heureusement que pour Tina il y la nature.

Suis-je un homme/une femme ou pas ?

Border c’est aussi un moyen pour Ali Abbasi qui réalise son deuxième long métrage de parler de la nature. Cette nature sera au centre du récit avec parfois des moments pour mettre en avant la beauté,ce qu’elle peut nous offrir avec un certain calme dans cette réalisation montrant cette harmonie entre Tina et la nature. Quand elle est seule au milieu de cette végétation elle est apaisée, elle se sent dans son mode et elle est surtout libre. On change complètement de registre quand Tina veut en savoir plus sur Vore, sur elle-même avec un style de réalisation assez agressif, on pourrait même employer le mot sauvage pour montrer en quelques sortes que la nature peut être sauvage et c’est ce que va devenir Tina quand elle se rendra compte de ses origines, qu’elle connaîtra un certain bonheur. Je dirais même un bonheur sauvage.

Une bonne partie du film se repose sur cette réflexion autour de Tina qui se demande si elle est « humaine » ou pas. Réflexion qui va commencer après sa deuxième rencontre avec Vore où elle va rapidement comprendre qu’il est comme elle et cela va amener une attirance entre les deux personnages qui sera très bien amené par les deux acteurs qui seront très convaincants surtout dans les moments ou Tina sera elle-même. Cette partie de réflexion est très intéressante, car elle a une portée philosophique. Tina hésite entre cette nouvelle vie qui l’a libère ou elle a un sentiment de bonheur, mais d’un autre côté c’est rejeter toute sa vie, l’éducation qu’elle a reçue. Il est très intéressant de voir le choix qu’elle va faire pour savoir la personne qu’elle va être et ce qu’elle veut être.

La particularité de Border c’est d’être un film de genre qui joue sur plusieurs genres. On est sur un drame social, un petit côté fantastique quand on évoque l’étrange et enfin un thriller et c’est sur le dernier genre que repose les problèmes d’intrigue du film. Généralement j’ai tendance à féliciter le fait de mélanger plusieurs genres pour en faire un film unique, mais il faut que ce soit maîtrisé, hors le côté thriller ne l’est pas du tout, cette histoire de pédophile, selon moi n’était pas nécessaire et elle n’apporte pas grand-chose au film, à part de nous faire sortir du film, j’avais même cette impression que cela apportait une longueur inutile pour le film.

On retiendra tout de même que Border est un film fascinant quand on est cinéphile ou grand amoureuxdu cinéma qui justifiant l’existence de festivals, car Border en plus d’être une expérience unique est un film de festival et ce n’est pas pour rien qu’il est le prix du festival de cannes : Un certain regard en 2018.

 

Passionnant, Malaisant, angoissant, intriguant ? Difficile de trouver un mot juste pour caractériser le film de Ali Abbasi qui ne sera pas forcément le meilleur film de l’année avec les défauts liées à l’intrigue, mais Border est une expérience particulière qui vaut le coup pour le côté sauvage et la beauté unique de la nature.


Border est sortie le 9 janvier 2019, si l’article t’a plu, n’hésite pas à me soutenir en regardant une pub sur mon Utip : 
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