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Parallaxe : Humeurs et réflexions

Parallaxe : Humeurs et réflexions

Par Dopamine Blog créé le 28/12/09 Mis à jour le 04/12/16 à 10h04

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Rue89


Blog Game Over

 

Régulièrement, j'ai la chance de pouvoir parler de jeu vidéo sur Rue89 par l'intérmédiaire du blog Game Over. Je vous en fais ici profiter, mais si vous souhaitez lire le billet dans son contexte original (et participer aux discussions), c'est ici que cela se passe. En attendant que je vous fasse une petite vidéo pour vous donner envie ;) .

 

Lorsque deux mastodontes s'associent pour créer un jeu vidéo, forcément, c'est un petit évènement. Pour "Ni No Kuni", on trouve d'un côté Level 5, réputé pour ses jeux d'aventure et son célèbre professeur Layton, et de l'autre le studio Ghibli, qui apporte tout son savoir faire en matière d'animation. 

C'est ce dernier qui a réalisé "Princesse Mononoke", "Le Château ambulant" ou encore "Le Voyage de Chihiro". Autant d'univers magiques qui s'adaptent parfaitement à un jeu d'aventure, et débarquent enfin en français.

 

Un vrai dessin animé interactif

Ce qui saute aux yeux dès les premières minutes (après avoir patienté le temps de la longue installation), c'est cette patte, ce style propre aux animateurs du studio de Hayao Miyasaki. "Ni No Kuni" est un jeu très haut en couleur et plein de charme.

Le choix de la technique du "cell shading" est particulièrement adapté, et le rendu ressemble de très près à un film d'animation. A tel point que les séquences animées sans calcul de la Playstation 3 semblent manquer de fluidité. Un comble.

Il faut savoir que ce jeu est déjà sorti il y a deux ans au Japon et initialement sur Nintendo DS (une console portable donc), ce qui explique peut être ces petites carences.

L'écriture est accordée avec le charme que dégagent les graphismes. Le joueur incarne Oliver, un jeune garçon comme les autres qui va voir décéder sa mère, après qu'il a commis une bêtise. Derrière cet évènement d'une très grande tristesse, se cache une sorcière maléfique qui oeuvre depuis un monde parallèle.

C'est en pleurant sur son doudou qu'Oliver réveille la fée (monsieur Lumi) qui s'y cachait. Ce dernier lui révèle qu'il y aurait encore un moyen de sauver sa mère, piégée dans un autre monde.

Plutôt classique et naïve, l'histoire parvient tout de même à captiver le joueur via les sentiments liés à lar perte maternelle, qui peut toucher tout le monde. Pour l'observateur passif, "Ni No Kuni" s'adresse donc aux enfants et rien qu'à eux.

C'est une fausse impression, et c'est tout le paradoxe de cette histoire. Elle se termine d'ailleurs avec un certain nombre de rebondissements et une fin beaucoup moins gnangnan qu'on aurait pu le prévoir.

 

Un système de jeu de rôle très classique

Si l'histoire est importante dans un jeu de rôle, le système de jeu et la gestion des combats sont primordiaux. La progression est d'un classicisme éculé ; on accumule de l'expérience, on s'améliore en gravissant les échelons et en faisant l'acquisition de matériel de plus en plus performant. La gestion de l'inventaire est simplifiée pour permettre au plus grand nombre de s'en sortir.

Au bout d'une quinzaine d'heures de jeu, l'ensemble des fonctions seront disponibles et l'équipe sera complète. Cette dernière est constituée de trois personnes (tous magiciens, dont Oliver au coeur pur) et de familiers qui répondent aux règles classiques du chifoumi.

Ils sont liés à certains éléments, ont des affinités particulières avec certains maîtres et sont versés soit dans la magie, soit dans les attaques physiques. A la manière des Pokémons, on les collectionne pour les faire évoluer et les utiliser au mieux en fonction des situations.

 Le joueur évolue en deux phases. L'exploration qui expose à des rencontres plus ou moins fortuites avec des monstres de passage (on peut les distinguer sur la carte) et les villes et niveaux spécifiques qui développent l'histoire.

Evidemment, ce long voyage sera l'occasion de proposer des ambiances très différentes : forêts luxuriantes, déserts, mers chaudes, volcans, villes industrielles ou au contraire très organiques. Le tout toujours et encore avec cette patte magique de Ghibli et une superbe photographie.

 

Le plus important, c'est l'histoire

On reste sur un sentiment partagé, où se mêlent l'enchantement devant les tableaux proposés, la légèreté du propos... et l'ennui provoqué par les longues séances de « leveling », c'est-à-dire d'enchaînement de séquences de combat pour améliorer ses familiers.

Les gens de Level 5 s'en sont probablement rendu compte et ont proposé un mode de difficulté allégé pour s'ouvrir au plus grand nombre et se concentrer sur l'histoire.

Les quêtes annexes sont loin d'être irréprochables. Ce sont les mêmes personnages que l'on retrouve d'un bout à l'autre de la carte. A ce titre, l'explorateur qui perd son carnet au moins cinq fois sur toute la durée de l'aventure est particulièrement pénible.

Il en va également ainsi pour toutes les recettes d'alchimie réalisables à l'aide d'un chaudron magique. Vous passerez des heures à trouver le bon élément perdu à l'autre bout de la carte. Les sites de solution sur Internet seront très précieux pour éviter la frustration.

L'absence du livre de magie (plus de 200 pages), uniquement livré avec la version collector (qui se négocie à prix d'or en ce moment) est très regrettable. Sa version digitale incluse dans le jeu n'est pas mauvaise, mais les formules et informations qu'il contient sont souvent utiles et malheureusement pénibles à chercher via des menus.

Malgré tous ces défauts, Ni No Kuni doit passer entre les mains des amateurs de jeux de rôle. Equilibrer des coeurs brisés en transférant les qualités en excès chez les uns, vers les autres en carence va dans le sens de la recherche du bonheur et de la vie.

C'est encore un élément que l'on retrouve beaucoup dans les productions Ghibli. Des pensées positives et bienveillantes qui font souvent défaut dans le jeu vidéo.

Le plus important est donc de se dire que l'on va faire un beau voyage dans un autre monde ("Ni No Kuni" signifie justement le second monde). Le jeu parle un peu à tous les enfants qui sont encore au fond de nous et parvient à susciter de l'émotion. C'est déjà un beau résultat pour un jeu vidéo.

 

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Commentaires

Waldotarie
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Waldotarie
Du peu que j'en ai vu c'était effectivement hyper classique, et vaguement calqué sur Pokemon...
J'ai dû le voir tourner deux heures, et j'ai vu un paquet de poncifs du RPG (l'apparition et la fin de combat de l'unique boss que j'ai vu était par exemple clairement plagié sur Zelda...).
Pour autant, graphiquement je trouve ça joli, très cohérent, et l'atmosphère me fait vraiment envie...

Sinon les "les séquences animées sans calcul" ? Ouais, les cinématiques quoi ! XD
Dopamine
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Dopamine
Je pense en faire gagner un prochainement, tu pourra tenter ta chance ;)

Moi, dès qu'une édition collector sort ou ressort à un prix correct, je saute dessus !
Oncle Ben's
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Oncle Ben's
Je vais attendre que son prix baisse doucement alors :-). Et puis de toute façon, il faut que je me calme un peu en ce moment en ce qui concerne les jeux :-p.
Dopamine
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Dopamine
C'est d'une certaine manière voulu. Je suis satisfait parce que je savais ce que j'en attendais. Pour moi la magie Ghibli a fonctionné et je me suis émerveillé avec mon fils devant la TV. Je suis Fan.

Cependant, en tant que RPG "nu" il reste moyen malgré une évidente envie d'enrichir le Gameplay. Les quêtes Fed Ex sont hyper nombreuses et très répétitives. Ils ne se sont pas foulés. Un lecteur de Rue89 a dit qu'il était content de ne pas voir une critique dithyrambique aveuglée par l'aura Level 5 + Ghibli. Il semble qu'il ait eu ce même sentiment partagé et c'est précisément ce que je voulais faire passer.

Après à chacun ses sensibilités ;)
Oncle Ben's
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Oncle Ben's
Je ne sais pas si c'est voulu mais le test me laisse perplexe quant à la qualité du jeu. C'est proprement rédigé mais j'ai du mal si tu es emballé où juste satisfait de ton expérience.

Édito

La parallaxe est l'’incidence du changement de position de l'’observateur sur l’'observation d'’un objet. En d'autres termes, la parallaxe est l'impact (ou l'effet) de changement de position de l'observateur sur un objet observé. 

 

Quoi de plus approprié pour vous parler de jeux vidéo que de titrer ce Blog Parallaxe ?

 

Pour ceux qui commencent à être des vieux clous du jeu vidéo (je ne suis pas aussi décrépi qu'AHL tout de même), la parallaxe c'était aussi le fait d'afficher plusieurs scrollings à des vitesses différentes dans le décor de fond d'un jeu. Cela donnait une impression de mouvement, de vitesse et surtout de profondeur. On s'extasiait devant le nombre de scrollings parallaxes qu'il pouvait y avoir (vive Thunderforce et autres shootings mythiques).

 

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