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Parallaxe : Humeurs et réflexions

Parallaxe : Humeurs et réflexions

Par Dopamine Blog créé le 28/12/09 Mis à jour le 27/06/17 à 19h32

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[MAJ] Article remonté en rapport avec cette actu.

Cet article est passé en théma GameBlog, merci !

J'ai récemment participé à un fil de discussion concernant le revente des jeux vidéo. Le directeur créatif de THQ (Cory Ledesma) affirmait qu'acheter des jeux d'occasion c'était les tromper. S'en suivait une discussion animée (comme souvent dans les tuyaux ici) concernant le droit de revente des jeux vidéos. Le sujet pose en fait plusieurs questions. Ce n'est pas le premier à s'attaquer à la chose, EA et Ubisoft ont déjà fait part de leur intentions de tondre, pardon de récupérer une dizaine d'euros par jeu d'occasion.

Tu l'as dans le CLUF

En effet un forumeur a cru voir dans les CLUF, les Contrat de Licence d'Utilisateur Final, mention de l'interdiction de revendre le logiciel. Vous savez les CLUF ou encore EULA (End User Licence Agreement) en anglais dans le texte. Mais si, ces textes que vous ne lisez jamais et que vous acceptez sans sourciller. De toute manière, soit vous les acceptez, soit vous ne jouez pas. Première contradiction dans le principe. Pour pouvoir lire le contrat, il faut ouvrir la boîte. Or le code de la consommation (Art L121-20-2) ne prévoit d'autoriser le retour d'un logiciel (c'est le droit de rétractation) que si ce dernier est encore scellé. En outre le CLUF inclue presque systématiquement la possibilité de modifier le contrat sans préavis et à loisir...

Mais ce n'est pas parce qu'un éditeur écrit ce qu'il veut dans le CLUF que le consommateur doit s'y tenir. Même si ce genre de contrat n'entre dans aucune catégorie juridique définie, les CLUF ne sont pas au dessus des lois des pays où sont vendus les jeux. En principe, on peut considérer ces contrats comme des contrats d'adhésion relevant du commerce électronique. De ce fait, on peut tout à fait caractériser des situations de clauses abusives (directive 93/13/CEE du 5 avril 1993) et s'appuyer encore une fois sur le code de la consommation français pour protéger le joueur. L'article L 131-1 stipule en effet ; Dans les contrats conclus entre professionnels et non-professionnels ou consommateurs, sont abusives les clauses qui ont pour objet ou pour effet de créer, au détriment du non-professionnel ou du consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat

Et les déséquilibres sont souvent légion dans les CLUF. Pas de négociation, pas le choix. La partie forte impose, l'utilisateur n'a que le choix de rentrer chez lui.  L'éditeur s'arroge très souvent le droit de modifier à loisir le contrat et s'exonère d'un certain nombre de responsabilités qui semblent pourtant évidentes (le maintient d'un service par exemple). Dans le cas ou le CLUF n'est pas rédigé en français, il est en contradiction avec la loi Toubon et donc caduc. Pour finir, le CLUF demande également souvent à l'utilisateur de renoncer à tous ses droits de propriété intellectuelle. Par exemple en créant des niveaux avec un éditeur inclus, des histoires supplémentaires etc. Toutes proportions gardées, c'est comme si Microsoft s'appropriait les droits de tout ce qui est écrit avec word... Les éditeurs ne sont pas idiots. Ils vont se retrancher derrière le désir d'éviter l'anarchie avec leurs créations. De louables intentions pour éviter que la communauté ne détourne leurs oeuvres en faisant preuve de mauvais goût ou pire en essayant de faire passer de la pornographie ou des idées subversives. Seulement l'arsenal juridique pour traiter ce genre de souci existe déjà. Nul besoin de CLUF.

Revenons à nos moutons. Quand bien même ce forumeur aurait trouvé mention d'une interdiction de revente de logiciel, il ne prendrait aucun risque à aller le vendre, même devant les portes de l'éditeur.

Mon précieux est à moi

En droit européen il existe une directive qui confirme que le logiciel que j'ai acheté m'appartient et que je peux le revendre. Il s'agit du droit d'épuisement. C'est la Directive 91/250/CEE du Conseil, du 14 mai 1991, concernant la protection juridique des programmes d'ordinateur. Elle stipule dans son article 4 que La première vente d'une copie d'un programme d'ordinateur dans la Communauté par le titulaire du droit ou avec son consentement épuise le droit de distribution de cette copie dans la Communauté, à l'exception du droit de contrôler des locations ultérieures du programme d'ordinateur ou d'une copie de celui-ci. J'ai donc parfaitement le droit de revendre mon jeu. Il est bien évident qu'il faut faire la différence entre la possession du support matériel et le droit de la propriété intellectuelle qui n'est pas acquis. Pourquoi est ce important ? Parce que le téléchargement d'oeuvres immatérielles liées à un compte (steam par exemple) n'est pas soumis à ce régime. La directive du 22 mai 2001 le confirme dans son considérant numéro 29 ; La question de l'épuisement du droit ne se pose pas dans le cas des services, en particulier lorsqu'il s'agit de services en ligne. [...] Contrairement aux CD-ROM ou aux CD-I, pour lesquels la propriété intellectuelle est incorporée dans un support physique, à savoir une marchandise, tout service en ligne constitue en fait un acte devant être soumis à autorisation dès lors que le droit d'auteur ou le droit voisin en dispose ainsi.

L'occasion au secours du neuf

La question des CLUF est réglée, celle du droit de revente aussi. Venons en maintenant au marché de l'occasion qui tuerait celui du neuf. Tout d'abord, il faut noter que ce marché a existé de tout temps. Cela n'a jamais empêché nos chers éditeurs, distributeurs et constructeurs de prospérer. Ce qui les tue, c'est la concurrence, pas le consommateur. Ensuite, d'autres intervenants du forum l'ont souligné, si on revend son jeu, c'est très souvent pour en acheter un autre. Et acheter un jeu d'occasion ne signifie donc pas une perte de vente de jeu neuf pour l'éditeur. Vision arrangeante, mais réductrice.

Le marché de l'occasion est en fait un catalyseur des ventes de jeux neufs. Eh oui. Si vous faites attention à votre budget et en fonction de l'affect que vous allez avoir avec le titre en question, vous pouvez déjà envisager le coût réel de votre investissement en déduisant son prix de revente. Si je trouve Modern Warfare 2 à 40€ en neuf et que je sais que je vais pouvoir le revendre environ 20€, il ne m'aura au final coûté que 20€. En supposant que je veuille investir dans un autre jeu à 40€, je vais injecter une somme supplémentaire et m'offrir un autre jeu neuf. La boucle est bouclée. En économie, on appelle cela "l'appropriabilité indirecte". Le vendeur initial peut bénéficier de ventes supplémentaires grâce à la revente du particulier.

Continuez à chercher les bonnes affaires, continuez à profiter du marché de l'occasion. La culture jeux vidéo est vaste aujourd'hui, il serait dommage de ne pas en profiter. Et puis, c'est une autre façon de tordre le cou au piratage sans non plus se ruiner.

 

Références :

- Le marché des jeux vidéo d'occasion est-il pire que le piratage ?

- La nature juridique du contrat de licence sur un logiciel

- Jeu vidéo 2.0 : le véritable Far West du droii d'auteur

- Location et téléchargement de jeu vidéo : quelle réglementation ?

 

Pour ceux qui ont lu jusqu'au bout. Et pire ceux qui ont lu la CLUF dans cet article, vous n'avez rien remarqué ? Si oui, bravo, si non voyez ceci.

Voir aussi

Sociétés : 
Electronic Arts, THQ, Ubisoft, Microsoft
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Commentaires

fremen73
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fremen73
ah ok...autant pour moi
Dopamine
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Dopamine
Ok, effectivement si c'est bien cette situation que tu décris, je pense qu'il y a matière à tenter le coup en justice.
Thnos
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Thnos
@Dopamine

Tu le sais déjà, mais tu as omis de noter qu'ils respectent parfaitement les textes en vigueur... Les services en ligne ne sont pas épuisables au même titre que les biens physiques. La question sera toute autre lorsque des jeux lieront l'utilisation d'un bien matériel à un usage exclusif à un compte. En l'état il n'y a pas matière à saisir qui que ce soit si ce n'est pour perdre le procès.

-----------

Visiblement je me suis mal exprimé, je vais donc essayer d'être plus clair:

Ce à quoi je fais référence, c'est exactement la situation que tu décris, à savoir une œuvre de l'esprit sur un support physique (un jeu en version boite quoi) dont la clé d'installation est liée à un compte steam, par le DRM steamworks, qui est implémenté de plus en plus souvent dans les jeux en version physique, et qui de fait en interdit la cession, le prêt ou encore la revente, puisque steam se réfugie derrière la réglementation qui concerne les jeux en version dématérialisée, et refuse à ce titre de délier la clé d'installation.

On est donc bien dans le cas que tu décrit, à savoir celui d'un bien matériel (un jeu en version boite) lié à l'usage exclusif d'un compte steam (qui est service, non sollicité et donc imposé dans mon cas) et qui contrevient donc, selon moi, aux L.122-3-1 du Code de la propriété intellectuelle et 544 du Code civil, mais ce dont steam se moque éperdument visiblement.

Toujours est-il que j'ai saisi la DGCCRF, je verrai donc bien ce qu'elle en dit.
Dopamine
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Dopamine

marrant comme les articles sur ce thème pullulent en ce moment...

@Fremen : Cet article a un an au moins...
Dopamine
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Dopamine

Rien que je ne sache déjà, ceci dit j'aimerais rappeler que tant qu'aucun, jugement ne viendra condamner les pratiques actuelles des éditeurs et des distributeurs, alors le consommateur continuera à se faire spolier et rouler dans la farine.

Pour la petite info voilà ce que steam pense de l'Art. L.122-3-1 du Code de la propriété intellectuelle, et relatif à l'épuisement du droit de distribution, ainsi que de l'Art. 544 du Code civil:


"La licence du jeu est à usage unique. Vous pouvez vendre le DVD et le support physique, mais
la clef CD est associée à votre compte de manière permanente."

Une réponse sans ambiguïté qui démontre bien à quel point, tout ou partie de l'industrie du jv se croit au-dessus des lois et des règles fondamentales qui régissent pourtant le secteur marchand.

@Thnos : Tu le sais déjà, mais tu as omis de noter qu'ils respectent parfaitement les textes en vigueur... Les services en ligne ne sont pas épuisables au même titre que les biens physiques. La question sera toute autre lorsque des jeux lieront l'utilisation d'un bien matériel à un usage exclusif à un compte. En l'état il n'y a pas matière à saisir qui que ce soit si ce n'est pour perdre le procès.
Dopamine
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Dopamine

T'es sérieux là ? Il m'arrive très peu d'acheter des jeux neufs à cause de l'argent que je n'ai pas, j'achète donc d'occasion, mais quand je le revends c'est pour m'acheter un autre jeu... d'occasion, pas neuf. Comment cette possibilité là ne figure même pas dans ton article ?

@Tony : Parce que le billet parle de l'occasion Vs le neuf et que la théorie exposée n'est pas la mienne et est énoncée en ce sens. C'est tout :)
Dopamine
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Dopamine
Eh bien, je vois que ressortir un article qui date déjà un peu anime toujours autant les débats. En même temps, le sujet est et sera souvent remis sur le tapis grâce à son actu...

Pour répondre à quelques interventions :

@Nintenboy

Des arguments parfois expéditifs, pardon de me faire l'avocat du diable mais il y a des affirmations discutables, dans le désordre :

"ce marché a existé de tout temps. Cela n'a jamais empêché nos chers éditeurs, distributeurs et constructeurs de prospérer. Ce qui les tue, c'est la concurrence, pas le consommateur"

Le contexte économique a considérablement évolué, la crise s'est durablement installée. Le retour sur investissement est beaucoup plus difficile à atteindre (un million d'exemplaires). Il faut s'intéresser un peu plus aux résultats financiers qui confirment que tous les géants sont sur la brèche.

Ce n'est pas le problème du consommateur. Lui, parce que c'est la crise justement, voudrait essayer de conserver son pouvoir d'achat. Au lieu de prendre le problème du bon côté, c'est à dire de se demander comment faire pour réduire les coûts de productions sans fabriquer de la fiente, on se tourne invariablement vers le consommateur pour alimenter la caisse enregistreuse (c'est de bonne guerre...). Comment expliquer que, alors que nombre d'intermédiaires son zappés, des jeux en démat soient tout aussi chers (voir plus chers) que leurs versions boîte ? Les plateformes en ligne prennent aussi leur dîme, mais il ne faut pas exagérer...

Enfin, pour ceux qui ont de la mémoire, lors de l'explosion du net, le succès d'un jeu se faisait précisément parce qu'il y avait un service en ligne gratuit. Aujourd'hui tout le monde trouve normal qu'il faille payer pour bénéficier de ces prestations qui étaient incluses dans les coûts des jeux précédents (prix de vente). C'est un peu la même chose avec les mp3 aujourd'hui. Tout le monde trouve ça super, sauf ceux qui ont connu les CD et se rendent comptent à quel point le mp3 est merdique sur un matos qui tient la route (je sais ça fait vieux con, mais j'assume).


"Le marché de l'occasion est en fait un catalyseur des ventes de jeux neufs."

Ce jeu de vase communicant c'est du phantasme. Aucune statistique sérieuse qui sort des vérités de comptoir ne vient valider ce jeu de loterie. Le bénéfice est à sens unique - le joueur - et n'est pas soluble dans le compte de résultat des éditeurs.

C'est un fantasme d'économiste alors. Ce n'est pas moi qui l'ait inventé, je ne fai que reprendre une théorie exposée par des gens qui sont spécialistes en la matière. De plus, j'ai déjà moi même fonctionné comme cela et je vois régulièrement des gameblogeurs qui fonctionnent de cette façon. La sortie de la Vita en est un bel exemple récent. Combien en ont fait l’acquisition avec des offres de reprise ou en revendant du matériel ? Un nombre conséquent si j'en juge par la teneur de certains messages.

Je ne jette pas la pierre aux joueurs, j'en suis un, je profite de l'occasion. Ce qui me gène, c'est l'idéologie liberticide qui existe chez les éditeurs qui s'octroient tous les pouvoirs pour contrôler leur marché. Mais pour toute réponse, les joueurs prônent une identique idéologie liberticide alors qu'un appel à la responsabilité des deux acteurs seraient plus sain pour l'avenir de l'industrie. Il faut arrêter de se voiler la face et faire comme si de rien n'était parce que les conditions de marché vont se durcir avec l'arrivée des nouvelles consoles.

Malheureusement, tu peux considérer que la messe est déjà dite. On va avoir droit à des jeux liés à un compte unique sous couvert de lutte contre le piratage. Ce ne sont pas des initiatives opposant les consommateurs aux éditeurs qui vont donner quelque chose... Seules les lois du marché pourraient nous sauver. Paradoxalement, c'est peut être un fabriquant qui irait à contre pied de la démat qui pourrait tirer son épingle du jeu....
fremen73
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fremen73
@Sharn : tout à fait d'accord avec toi.
Sharn
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Sharn
"L'acquisition d'un jeu occaz t’affranchis de cette redevance mais représente un surcoût pour l'éditeur car tu utilises un service non facturé."

Et j'ai envie de poussé un sacré: QUOI??!! Quel surcoût? Monsieur X achète un jeu comprenant du multi. Il joue sur le multi. Le jeu ne l'intéresse plus il va donc le revendre. Monsieur Y achète ce jeu et joue au multi. Où est le surcoût? Le nombre de personne qui joue au multi reste le même.
Les développeurs devraient plutôt penser à arrêter de sortir un jeu multi par an (CoD en exemple) ce qui accroit globalement leur coût avec aucun gain faut bien le dire.
Nintenboy
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Nintenboy
Non, l'offre de base se veut complète pour des raisons évidentes d'obligation de marché, et le distinguo est irréalisable sur un plan purement pratique. Cas d'école : j'achète une baguette de pain mais j'en fini que les 3/4, le reste passe à la poubelle. Dois-je demander à mon boulanger de m'en fabriquer une sur mesure ? Bien sûr que non car le marché de la baguette de pain est indifférencié, idem pour celui du jv. Les éditeurs ne peuvent faire sans, au joueur de trancher, il dispose d'une option activable à son bon vouloir.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Nintenboy :
J'entends bien.
Mais alors en ce cas, ça ne concerne que les jeux online. Première ambiguïté. Or tout le monde ne joue pas online, même aux jeux le permettant, si bien que la totalité du marché s'alignera sur la base d'UN cas particulier.
Ensuite, deuxième ambiguïté : acheter un jeu, c'est acheter un jeu. Point. M. Lapalisse, je te dois tout. L'entretien d'un éventuel réseau, ça n'est qu'indirectement lié, le financement de celui-ci devrait donc se faire différemment et être distingué, justement, du prix du jeu. Pour la raison évoquée ci-dessus.
Payer un jeu, ce n'est pas tout à fait la même chose que "payer un jeu + une connexion" (ou l'entretien de celle-ci).
Bref, si l'éditeur a un problème avec le online, c'est à ce niveau qu'il doit trouver une solution, et pas au niveau du "jeu" en lui-même.
fremen73
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fremen73
marrant comme les articles sur ce thème pullulent en ce moment...perso si le marché de l'occasion disparaissait, "ça m'en toucherait une sans me faire bouger l'autre".
Marrant aussi de voir certains (ils se reconnaîtront) essayer de faire de belles phrases plombées par des problèmes de vocabulaire qui alourdissent inutilement la lecture.
"L'acquisition d'un jeu occaz t’affranchis de cette redevance mais représente un surcoût pour l'éditeur car tu utilises un service non facturé." : bah oui mais l'acheteur initial l'a payé lui donc s'il y a un manque à gagner pour l'éditeur il ne se situe pas à ce niveau mais plutôt sur le phagocytage supposé sur les ventes de neuf.
Thnos
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Thnos
Rien que je ne sache déjà, ceci dit j'aimerais rappeler que tant qu'aucun, jugement ne viendra condamner les pratiques actuelles des éditeurs et des distributeurs, alors le consommateur continuera à se faire spolier et rouler dans la farine.

Pour la petite info voilà ce que steam pense de l'Art. L.122-3-1 du Code de la propriété intellectuelle, et relatif à l'épuisement du droit de distribution, ainsi que de l'Art. 544 du Code civil:


"La licence du jeu est à usage unique. Vous pouvez vendre le DVD et le support physique, mais
la clef CD est associée à votre compte de manière permanente."

Une réponse sans ambiguïté qui démontre bien à quel point, tout ou partie de l'industrie du jv se croit au-dessus des lois et des règles fondamentales qui régissent pourtant le secteur marchand.

Faute d'avoir des politiques soucieux des droits du consommateur, je suis donc d'avis qu'il revient donc au consommateur, lui-même, de saisir systématiquement la DGCCRF, pour qu'elle se saisisse enfin du dossier, et fasse une bonne fois pour toutes le ménage dans ce far ouest du droit d'auteur, qui permet tous les abus.
Tony12V
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Tony12V
"En supposant que je veuille investir dans un autre jeu à 40€, je vais injecter une somme supplémentaire et m'offrir un autre jeu neuf."

T'es sérieux là ? Il m'arrive très peu d'acheter des jeux neufs à cause de l'argent que je n'ai pas, j'achète donc d'occasion, mais quand je le revends c'est pour m'acheter un autre jeu... d'occasion, pas neuf. Comment cette possibilité là ne figure même pas dans ton article ?
Jamic
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Jamic
MERCI !

Enfin un article qui parle de législation en expliquant les textes de loi d'une manière compréhensible par le commun des mortels.
Nintenboy
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Nintenboy
"L'éditeur ne va pas toucher de l'argent pour un même produit vendu plusieurs fois d'affilée, si ? Ce serait aberrant. Et scandaleux."

Je crois qu'ils en sont conscients Liehd. Mais regarde, lorsque tu achètes un jeu 70 euros, cette somme couvre un millefeuille de coûts de production dont l'achat, la maintenance de serveurs ainsi que la location de la bande passante payée aux constructeurs. L'acquisition d'un jeu occaz t’affranchis de cette redevance mais représente un surcoût pour l'éditeur car tu utilises un service non facturé. L'idée n'est donc pas d'interdire mais de taxer le joueur occaz afin de couvrir les dépenses citées plus haut. C'est une réalité que l'on ne peut nier, il serait plus judicieux de s'y intéresser afin de mieux la combattre plutôt que d'y opposer une réaction émotionnelle ou doctrinaire.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Oui et non. J'approuve les grandes lignes, mais quand un jeu est vendu, il est vendu, son proprio peut en faire ce qu'il en veut. L'éditeur ne va pas toucher de l'argent pour un même produit vendu plusieurs fois d'affilée, si ? Ce serait aberrant. Et scandaleux. Est-ce qu'on en fait autant pour les bouquins, par exemple ? Jamais de la vie ! Est-ce à dire que les jeux vidéos ont un statut à part ? Qu'ils soient considérés comme produit de consommation ou comme œuvre créative, je ne connais pas d'exception qui auraient le traitement de faveur réclamé ici. Pour qui se prennent les éditeurs, alors ? Et pour qui nous prennent-ils NOUS ? Ces considérations en disent long sur leur SEULE motivation : le fric. Or en gagneraient-ils moins qu'ils pourraient moins en investir dans la technique des jeux proposés, ce qui les obligerait à soigner le fond du jeu plutôt que sa forme. ça éviterait qu'on soit submergés par les beaux jeux insipides qu'on connaît actuellement.

Qui plus est, si on leur accorde gain de cause, on aboutit à des situations potentiellement absurdes : si on ne peut pas revendre le jeu d'occase, c'est que l'éditeur en reste propriétaire. Ce qui fait que l'on n'aura pas le droit, non plus, par exemple, de détruire le jeu. On pourrait se chopper une amende. Quel intérêt de détruire un jeu ? Ben déjà, certains le méritent et ensuite, dans le cas d'une destruction accidentelle, l'éditeur serait quand même en droit de réclamer dédommagement. Classe.
Nintenboy
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Nintenboy
Des arguments parfois expéditifs, pardon de me faire l'avocat du diable mais il y a des affirmations discutables, dans le désordre :

"ce marché a existé de tout temps. Cela n'a jamais empêché nos chers éditeurs, distributeurs et constructeurs de prospérer. Ce qui les tue, c'est la concurrence, pas le consommateur"

Le contexte économique a considérablement évolué, la crise s'est durablement installée. Le retour sur investissement est beaucoup plus difficile à atteindre (un million d'exemplaires). Il faut s'intéresser un peu plus aux résultats financiers qui confirment que tous les géants sont sur la brèche.

"Le marché de l'occasion est en fait un catalyseur des ventes de jeux neufs."

Ce jeu de vase communicant c'est du phantasme. Aucune statistique sérieuse qui sort des vérités de comptoir ne vient valider ce jeu de loterie. Le bénéfice est à sens unique - le joueur - et n'est pas soluble dans le compte de résultat des éditeurs.

Je ne jette pas la pierre aux joueurs, j'en suis un, je profite de l'occasion. Ce qui me gène, c'est l'idéologie liberticide qui existe chez les éditeurs qui s'octroient tous les pouvoirs pour contrôler leur marché. Mais pour toute réponse, les joueurs prônent une identique idéologie liberticide alors qu'un appel à la responsabilité des deux acteurs seraient plus sain pour l'avenir de l'industrie. Il faut arrêter de se voiler la face et faire comme si de rien n'était parce que les conditions de marché vont se durcir avec l'arrivée des nouvelles consoles.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Les éditeurs ont prévu d'ici peu de vendre leur père et leur mère en DLC pour un peu plus de thunes.
Dopamine
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Dopamine
Merci bien ! :)
Alastorgz
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Alastorgz
Très intéressants et intructifs. Favoris direct ;)
jahiro
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jahiro
Merci pour cette article complet et très bien documenté, qui a le merite de remettre les pendules à l'heure.
Catharsis
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Catharsis
Oui, je t'avoue que la combinaison physique/immatériel rend les choses plus compliquées (c'est pourquoi j'émet des réserves quant à la "pratiquabilité" de mon raisonnement).

Mais, selon l'application qui est faite du principe d'effet utile par la Cour de justice (une fois de plus, je me base sur des arrêts en matière de libertés de circulation et de concurrence, donc il faut voir si l'idée peut être juxtaposée dans d'autres matières), il me semble que ce principe pourrait s'appliquer dans une telle situation, car malgré le fait que le jeu en ligne soit un service immatériel, il n'empêche que la pratique récente (faire payer un supplément par les acheteurs de jeux d'occasion) diminue en tout cas la valeur du jeu physique de base et les possibilités d'une revente de celui-ci (et ceci serait d'autant plus vrai si la vraie "force" du jeu se trouve dans son service en ligne).
Dopamine
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Dopamine
@Catharsis : En fait, ils jouent également sur un autre tableau. Le fait de jouer en multi est un service qui peut être considéré comme immatériel. Donc, si j'ai bien le droit de revendre le support physique que j'ai en ma possession, ce n'est pas le cas pour les fonctionnalités en ligne du bouzin...
Catharsis
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Catharsis
Je tiens à féliciter l'esprit de synthèse dont tu as fais preuve pour la partie juridique du problème, qui est tout à fait concise et exacte.

Etant donné que la directive portant sur le principe d'épuisement communautaire nous permet, in fine, à nous, consommateurs de jeux vidéos (en format physique), de revendre ce que nous avons acheté, on pourrait logiquement se plaindre devant les Cours et tribunaux face aux pratiques récentes qui tendent à faire payer une somme supplémentaire par les acheteurs de jeux d'occasion, ce qui conditionne leur droit de pleine jouissance du produit qu'ils achètent. De prime abord, on peut se demander en quoi cela toucherait de vendeur de jeux d'occasion, mais en fait, il y a un raisonnement en droit européen qui pourrait jouer en sa faveur, à savoir le "principe d'effet utile" : en l'espèce, c'est le fait que la pratique récente porte atteinte à l'effet utile de notre droit de revendre un jeu vidéo que l'on a acheté neuf, puisque les acheteurs d'occasion potentiels auront beaucoup moins envie d'acheteur un jeu d'occasion (s'il faut payer un supplément pour pouvoir en jouir pleinement).

NB : je viens de sortir cette idée de ma tête. Il colle parfaitement avec ce qui peut se faire au niveau des libertés de circulation et du droit de la concurrence européens, mais mériterait de poser la question à un professionnel en droit européen, chose que je ne suis pas (encore ?). Donc, mieux vaut ne pas prendre ce raisonnement pour argent comptant et s'informer davantage pour approfondir la question (c'est-à-dire : lire entièrement la directive dont tu fais référence et consulter la jurisprudence de la Cour de justice de l'UE pour voir si le raisonnement peut s'appliquer dans ce domaine-ci).

En tout cas, très bon article ;-)

Édito

La parallaxe est l'incidence du changement de position de l'observateur sur l'observation d'un objet. En d'autres termes, la parallaxe est l'impact (ou l'effet) de changement de position de l'observateur sur un objet observé. 

 

Quoi de plus approprié pour vous parler de jeux vidéo que de titrer ce Blog Parallaxe ?

 

Pour ceux qui commencent à être des vieux clous du jeu vidéo (je ne suis pas aussi décrépi qu'AHL tout de même), la parallaxe c'était aussi le fait d'afficher plusieurs scrollings à des vitesses différentes dans le décor de fond d'un jeu. Cela donnait une impression de mouvement, de vitesse et surtout de profondeur. On s'extasiait devant le nombre de scrollings parallaxes qu'il pouvait y avoir (vive Thunderforce et autres shootings mythiques).

 

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