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American Mcgee's Alice, jeu PC réalisé par American McGee (d'où son titre) sorti en 2000, s'inscrit comme étant la suite des deux livres de Lewis Carroll que sont Alice's Adventures in Wonderland et Through the Looking-Glass and What Alice Found There.

L'histoire qui nous est contée est celle d'une petite fille de sept ans vivant dans l'Angleterre victorienne et prénommée Alice. Ce n'est pas la même Alice que celle issue des écrits de Carroll, mais une autre fillette qui adore lire les aventures de son homonyme. Une nuit, pendant qu'elle et sa famille dorment, un incendie se déclare par accident dans sa chambre et se propage dans toute la maison. Ses parents meurent, mais elle réussit à s'en échapper. Devenue orpheline, accablée par la culpabilité et angoissée à l'idée d'affronter la solitude, elle se replie sur elle-même. Le monde des rêves et des illusions lui semble être un refuge suffisamment sûr pour fuir cette terrible réalité.

Pour son bien, on l'interne alors dans l'asile de Rutledge avec l'espoir de la voir recouvrer un semblant de santé mentale et qu'elle reprenne enfin contact avec la réalité. Après dix ans passés dans l'établissement, son état ne semble pas s'améliorer dans le bon sens. Mais un soir, alors qu'elle est seule au lit dans sa cellule avec pour seule compagnie son lapin blanc en peluche, ce dernier lui crie d'une voix rauque, ou du moins elle se l'imagine, : « Save us Alice ! ». L'imaginaire de l'adolescente, très imprégnée de l'univers du pays des merveilles qu'elle a tant visité dans les lectures de son enfance, se met en marche. Elle devient l'Alice de Lewis Carroll !, mais plus âgée et prête à vivre de nouvelles aventures.

La voilà donc repartie à suivre le lapin blanc, dans un pays qui a bien changé depuis ses dernières visites, pour accomplir une quête : sauver le pays des merveilles de la tyrannie de la terrible reine de coeur qui a réduit à l'esclavage ses habitants et qui reçoit le soutien du vil Jabberwock.

Dans cet article, nous n'aborderons pas les qualités ludiques du titre. L'objectif sera d'essayer de vous montrer que ce jeu, derrière son ambiance violente et gothique, est très proche du classique de Lewis Carroll. Pour cela, nous ferons en premier lieu un comparatif de ce jeu avec le classique de Lewis Carroll. Nous montrerons les ressemblances que le jeu entretient avec sa source d'inspiration. Ensuite, nous le comparerons aux deux adaptations produites par Disney : celle de 1951 et celle de Tim Burton, sortit cette année. McGee a expliqué dans un making of qu'il considère que son jeu propose une vision bien plus proche du conte que ne l'est celle de l'adaptation de Disney de 1951. Nous verrons en quoi son avis est justifié et en que son titre constitue une véritable antithèse de ce dessin animé. Pour ce qui est du film réalisé par Tim Burton, son scénario est bien trop ressemblant au jeu vidéo de McGee pour qu'on ne puisse pas y voir une inspiration ou un plagiat. Nous comparerons le jeu et cette dernière adaptation par Disney pour démontrer que, malgré ses similitudes scénaristiques, le jeu de McGee constitue une bien meilleur suite du classique de Carroll que ne l'est le film de Burton.

"But I don't want to go among mad people," Alice remarked

Commençons par décrire et analyser la source des adaptations que nous traiterons : « Alice's adventures in Wonderland ». Par commodité, nous appellerons principalement le pays des merveilles en anglais, « Wonderland ». C'est plus court et ça économisera quelques caractères. On me pardonnera les quelques autres mots en anglais que j'emploierai, les aventures d'Alice se prêtant plutôt mal aux traductions à cause des nombreux jeux de mots, il est conseillé de les lire dans leur langue d'origine.

Alice ne connaît pas le moindre répit depuis qu'elle s'est décidée à suivre le lapin blanc. Elle se retrouve jetée dans un monde où les propriétés du temps et de l'espace n'y ont plus court. Les aliments qu'elle consomme lui donnent des sensations inconfortables et déroutantes comme s'ils avaient des effets psychotropes. Elle change si souvent de taille et d'apparence qu'elle arrive à un point où elle ne se reconnaît plus et qu'elle se questionne sur sa propre identité : "I wonder if I've been changed in the night ? Let me think: was I the same when I got up this morning? "

Les habitants de cet étrange univers, quant à eux, ne se lassent pas d'éprouver sa raison, de la mettre mal à l'aise et d'agir à l'encontre de ce qu'elle pourrait attendre de la part de gens sensés. En bonne représentante de l'éducation bourgeoise de l'époque, bien versée dans l'art de la politesse et bonne élève studieuse qui apprend bien ses leçons, Alice use de son savoir pour entamer la conversation avec les habitants de Wonderland. Elle essaye de nouer des liens avec eux mais n'y parvient pas. Les autochtones de ce pays merveilleux, à force de paroles insensées, n'ont de cesse de la désorienter et de la railler. Leur cruauté sans limites va jusqu'à lui faire réciter ses leçons et ses poésies, comme si elle était à l'école, mais - pauvre Alice ! - elle n'arrive plus à se rappeler de quoi que ce soit et son auditoire fait tout pour l'embrouiller.

Elle s'en retrouve honteuse et vexée. Les habitants de Wonderland n'ont de cesse de lui signifier ce qu'ils pensent d'elle, et ce qu'elle redoute plus que tout : être prise pour une petite fille stupide et inculte, pas très bien élevée et incapable de bien se tenir en société sans commettre d'impairs. Elle lutte seule contre tous ces fous qui font tout pour lui renvoyer une bien piètre image d'elle.

Mais heureusement pour elle, rien de tout cela n'est réel. Après son réveil, elle peut constater avec soulagement que ce n'était qu'un rêve - mais quel rêve ! Selon Freud, les songes sont le reflet de notre subconscient, une confrontation avec nos peurs et nos désirs refoulés. Les situations incongrues qu'Alice affronte, et les personnages hallucinés qu'elle rencontre et qui composent ce Wonderland, ne peuvent être créés et dirigés que par son inconscient, celle d'une petite fille qui - comme tous les êtres humains sur cette Terre - s'évertue à faire bonne impression aux yeux de ses pairs, qui redoute de ne pas jouer correctement son rôle en société et qui cherche à conserver son amour propre.

Entre nous, ce rêve qu'Alice a fait, n'avez-vous pas l'impression de l'avoir déjà fait ? Je ne parle pas de chat avec un sourire jusqu'aux oreilles, ni de chenille bleue fumeuse de narguilé. N'avez-vous pas déjà fait un rêve qui vous a donné pareils sentiments ? En tout cas ça m'est arrivé : se voir venir en classe mais - pour je ne sais quel raison - sans remarque que j'ai complètement oublié de m'habiller, que je ne suis qu'en sous-vêtements. Et je sens peser sur moi les regards de mes camarades et de mon enseignant. Voici ce genre de rêve ; un rêve comparable à celui d'Alice, un rêve qui vous dit : tu n'as rien à faire ici, tu es incompétent, tu es lamentable, tu es dérisoire aux yeux des autres.

Après cette brève description du classique de Carroll, vous pouvez constater que le Pays des Merveilles a finalement un nom bien trompeur : il n'a rien de merveilleux, du moins pas dans le sens féérique et paradisiaque du terme. Passons maintenant à la description d'American McGee's Alice.

"Oh, but you can't help that," said the Cat: "we're all mad here"

L'univers du jeu est une espèce de syncrétisme du Wonderland issu du premier livre, celui qui se passe sous terre, et de celui du deuxième livre qui se passe derrière le miroir. Cette vision de Wonderland se veut glauque et horrifique. Mais bien que ce monde le soit encore davantage que celui décrit dans les livres de Carroll, il ne s'en éloigne pas tant que ça. Suite à l'épisode tragique de l'incendie, la fillette s'est mise à entamer une vie de souffrances. Elle a sombré dans la folie. En retournant à Wonderland, elle retrouve les lieux qu'elle connaissait si bien, mais complètement gangrenés par le chaos et la violence, oeuvres de la Reine de Coeur.

Le Wonderland du jeu partage une caractéristique essentielle avec celle des livres : celle d'être le miroir de la psyché de son héroïne. S'il est si torturé, c'est parce qu'il n'a fait que remplir son rôle : refléter l'esprit malade d'Alice. Le grand traumatisme qu'elle a subit l'a plongé dans un état mutique et déconnecté de la réalité, qui lui a valu d'être internée dans l'asile. Son retour dans Wonderland, les épreuves qu'elle y subit servent de métaphores pour imager son combat intérieur pour la guérison. Elle y retrouve la plupart des personnages des deux contes de Carroll. Nombre d'entre eux ( la Reine de Coeur, les frères Tweedles, ou le Chapelier Fou) sont devenus quasiment aussi torturés et violents que notre héroïne. Ces retrouvailles avec les icônes de son enfance, corrompus par sa folie, illustrent combien elle est brisée.

Pour regagner la raison et se libérer de sa souffrance, elle doit tuer cette reine diabolique qui représente une part d'elle-même : celle-là même qui s'est mise à refuser d'affronter la réalité, depuis la mort de ses parents. Heureusement, des alliés sont là pour l'assister dans sa quête de guérison : le Lapin Blanc, la Chenille, le Griphon et bien sûr le Chat du Cheshire.

Wonderland étant le reflet du subconscient d'Alice, des personnages et lieux de cet univers fantasmé sont là pour illustrer la condition d'Alice dans la réalité. Tweedledee, Tweedledum et le Chapelier Fou rappellent l'internement d'Alice. Les Tweedles, par des remarques déplaisantes faites sur sa léthargie lui rappellent les infirmières méprisantes à son égard dans l'asile. Le chapelier fou représente évidemment son psychiatre, qui semble plus soucieux de lui donner des traitements expérimentaux que de l'aider efficacement.

Dans un niveau du jeu, après avoir longtemps longé une rivière, nous y découvrons enfin sa source : les pleurs d'une statue de pierre à l'effigie de notre avatar. Cette scène renvoie évidemment au chapitre « The Pool of Tears » des premières aventures d'Alice.

Et enfin, un dernier exemple. En avançant dans un lieu volcanique, nous trouvons une maison au beau milieu des champs de lave qui s'avère être celle de notre héroïne avant la catastrophe. La présence de cette maison dans ce décor de fournaise n'est-il pas sans rappeler l'incident qui est la raison des souffrances de la jeune fille ?

Le jeu prend une orientation plus mature par rapport au classique de Carroll mais lui reste fidèle. S'il n'y a qu'un seul point sur lequel il s'en différencie c'est par le fait que l'Alice de McGee vit une véritable quête initiatique en replongeant dans Wonderland. Cela s'oppose aux aventures de l'Alice de Carroll, totalement dépourvues de sens, car la fillette passe d'un lieu à un autre et d'une saynète à une autre sans suite logique ni cohérence. Ce qu'elle expérimente n'a ni valeur d'apprentissage ni de portée morale. Ce n'est juste qu'un rêve. Passons maintenant à l'adaptation de Disney de 1951

"You know very well you're not real." said Tweedledum

Nous voici en présence de l'adaptation cinématographique la plus connue du conte de Carroll - la plus connue mais pas la plus fidèle. La vision du pays des merveilles que le studio nous propose est plutôt édulcorée en comparaison de celle des livres. McGee semble avoir voulu tourner en dérision cette adaptation un peu trop mignonne du conte en reprenant l'apparence de cette Alice-là. Mais nous y reviendrons plus tard. Si Wonderland est un mauvais rêve ou un cauchemar, Disney nous le présente comme le contraire : un monde amusant, une farce, qui ne donne qu'à rire et non plus à être confus ou mal à l'aise.

Le studio d'animation a repris l'essentiel des scènes et des personnages du premier livre et y a rajouté certains éléments du deuxième livre. Mais il a retiré tout ce qui pourrait aller à l'encontre de l'idée de divertissement pour enfants que se font les parents : le sentiment de solitude chez Alice, ses interrogations personnelles et angoissées du classique de Carroll, etc. Les quelques rares scènes du livre où la fillette fait preuve d'un semblant de méchanceté et d'agressivité n'y figurent pas non plus - sans doute pour pouvoir promouvoir à l'écran un modèle de gentillesse et d'obéissance à son jeune public.

En anglais, l'adjectif « fair » peut aussi bien désigner une personne juste ou vertueuse, qu'une chevelure blonde. Ce mot sied à merveille à cette trop sage Alice plongée dans un univers trop sage.

Les habitants de Wonderland, quant à eux, ne cherchent plus à indisposer la fillette en la sommant de réciter ses leçons. Ils se doivent d'être amusants et rien de plus. Pour ce faire, ils se mettent à cabotiner excessivement. De personnages bizarres et anxiogènes, ils deviennent de simples bouffons - à la fois comiques et risibles.

American McGee semble avoir voulu aller à l'encontre de cette image un peu trop gentille du conte. Son jeu ressemble à une antithèse de ce film d'animation. Du moins, le character design de son Alice appuie cette théorie. Regardons l'apparence de l'Alice de Disney. Son style vestimentaire (robe bleue, tablier blanc) et ses cheveux blonds semblent indissociables du personnage. Or les deux livres de Lewis Carroll sont plutôt avares en descriptions et ne donnent en aucun moment d'indices sur le physique de la fillette. Disney a figé dans nos esprits, dans l'imagerie populaire, cette représentation du personnage qui n'est pourtant propre qu'à la firme et non à l'écrivain. Comme pour Peter Pan. Quant on pense à lui, on a en tête l'elfe au bon caractère, en tunique vert et en bonnet vert du dessin animé, alors qu'il n'est pas du tout décrit ainsi dans le livre de J.M Barrie.

Si American McGee a donné une robe bleue et un tablier blanc à son Alice, c'est certainement pour qu'on se réfère à celle de Disney. Dans son jeu, d'ailleurs, il y fait encore référence quand, portée par une bouffée d'air, sa robe fait office de parachute tout comme celle de l'Alice de Disney lors de la chute dans le terrier. Cependant, en la représentant en plus âgée, avec un couteau de boucher à la main, du sang sur son tablier et un regard assassin, le message du jeu est clair : son Alice n'est pas « fair », contrairement à l'Alice de Walt Disney. Elle a des cheveux aussi sombres que son esprit. En faisant ressembler physiquement son héroïne à l'Alice de Disney, McGee n'a fait que contraster davantage la violence et l'ambiance glauque de son titre avec l'innocence du dessin animé. Pour terminer, passons enfin au film réalisé par Tim Burton.

"I am real!" said Alice, and began to cry

Le film du célèbre réalisateur chevelu fait suite au dessin animé de 1951. Tout comme son prédécesseur, il mixe des éléments du premier « Alice » et de sa suite. Son scénario, écrit par une scénariste de chez Disney, Linda Woolverton, affiche des similarités évidentes avec celui du jeu de McGee. Mais malgré sa ressemblance, il s'éloigne énormément de l'esprit des livres de Lewis Carroll. Il reprend la majorité de l'iconographie des deux livres, mais c'est tout.

Résumons grossièrement le synopsis du film : Alice - personnage tout aussi « fair » que dans la version de 1951 - est devenue une jeune femme en âge de se marier. Fuyant la décision de répondre à la proposition d'un mariage arrangé, elle se remet à la poursuite du lapin blanc pour accomplir une prophétie : libérer Wonderland de l'emprise de la vile Reine Rouge et de son chien de garde, le Jabberwock, pour réinstaller au pouvoir la gentille Reine Blanche.

Avant toute chose, explicitons un point qui peut prêter à confusion. Dans ce film, le personnage de la Reine Rouge, issu du deuxième livre, s'avère plutôt être la Reine de Coeur du premier livre. Elle lui a repris son goût pour les coeurs, les crises de nerfs et la décapitation, et elle a troqué avec elle son armée de pièces d'échiquier rouge contre ses cartes à jouer. Tandis que sa rivale, la Reine Blanche, a su conserver sa même armée de pièces d'échiquiers, eux-aussi blancs. Et donc, au lieu d'assister à la fin du film à un combat entre des pièces d'échiquier blanches et des pièces d'échiquier rouge, on se retrouve devant une joute qui oppose des cartes à jouer toute rouge et ses pièces blanches d'un échiquier.

Bref, pour en revenir à notre sujet, l'histoire du film est messianique et manichéenne. Elle aurait convenu à merveilles pour un film d'heroic-fantasy de la même veine que « The Chronicles of Narnia » - lui aussi adapté au cinéma par la même firme - mais pour une suite du conte de Carroll qui ne traite nullement d'un combat du Bien contre le Mal, cela ne parait guère approprié.

Pour compléter cette prise de liberté par rapport à l'oeuvre originale, le film n'a pas non plus repris ce qui faisait sa singularité : le fait de raconter les déambulations d'une jeune fille dans un monde surréaliste entièrement créé par son esprit. Il n'est rien de tout ça dans ce film. Wonderland n'est plus le fruit des songes de la jeune fille. C'est un pays magique présenté comme cohérent, avec un passé et un avenir. Il existe vraiment quelque part sous terre et il ne cesse pas d'exister quand Alice le quitte car il est totalement indépendant de son esprit.

Les habitants de ce Wonderland sont pour beaucoup complètement dénaturés par rapport à leur personnage d'origine (le Chapelier Fou devenu un courageux résistant à l'oppression ?). Dans American McGee's Alice, le changement de caractère de certains de ces personnages bien connus s'explique par l'esprit malade d'Alice. Or comme ici Wonderland n'est plus relié à l'esprit d'Alice, ces changements sont difficilement compréhensibles.

Le rire, la confusion, le malaise et même l'angoisse. Toute cette palette d'émotions propre au livre est quasi absente du film. Pour combler ce vide, on y rajoute ce qui fait la recette d'un bon film familial commercial : une surenchère de scènes d'actions tapageuses et inopinées, un humour simple - voir idiot - pour détendre l'atmosphère, si elle devient trop sombre, et enfin des bons sentiments et une morale plate pour essayer de donner un semblant de richesse à un récit impersonnel et lisse.

Le film ne ressemble en rien au classique de Carroll. Il en constitue une telle trahison qu'il est dubitable que la firme américaine se soit efforcée de respecter l'oeuvre d'origine. Elle utilise tout ce qu'un film de producteurs a besoin pour réaliser un bon chiffre d'affaire : participation d'un réalisateur bankable, présence d'un acteur populaire auprès des adolescentes sur l'affiche, utilisation de la 3D et campagne marketing imposante. L'histoire en est presque secondaire. Quand on a une panne d'inspiration, il faut reprendre une idée de scénario ailleurs, et pourquoi pas dans un jeu vidéo.

Pour finir, signalons la fin du film qui est très douteuse d'un point de vue éthique, à savoir l'ambition d'Alice d'aller en Chine pour y faire du commerce. A cette époque de semi-colonisation de l'Empire du Milieu par les puissances européennes comme la Grande Bretagne, la Russie, la France et l'Allemagne, suite aux Guerres de l'Opium, on peut se demander si Linda Woolverton a délibérément écrit pareille fin en nostalgie de l'empire colonial Britannique ou si elle a commis une maladresse par simple ignorance de cette période de l'Histoire.

"It was the best butter," the March Hare meekly replied

De ce comparatif entre trois adaptations, American McGee's Alice remporte sans problème la palme de la fidélité. Il est drôle de voir que c'est en faisant un jeu vidéo pour un public mature - en s'affranchissant des contraintes données au réalisateur de films d'animation pour enfants - que McGee a pu accoucher de l'une des adaptations audiovisuelles les plus fidèles au conte. Car oui, « Alice's Adventures in Wonderland », le livre, est glauque. L'image de ce conte que le grand public possède est en fait issue des deux films précités et elle s'avère complètement fausse. C'est pourtant avec un jeune média décrié, considéré comme « sous-culturel », qu'American McGee a su rendre un vibrant hommage à un classique de la littérature anglaise.

PS : à noter qu'une suite au jeu American McGee's Alice a été récemment annoncé par Electronic Arts, suite qui se nommera Alice : Madness Returns. Tout un programme.

Par Scrogneugneu

www.consolesyndrome.com

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Commentaires

RubisCon
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RubisCon
Ton article est vraiment excellent ! Tu m'as fait redécouvrir un classique de mon enfance et donné une irrésistible envie de jouer à un jeu qui m'était inconnu jusqu'alors ! Bravo !
Le blog de Console Syndrome Editions

Le blog de Console Syndrome Editions

Par Console Syndrome Blog créé le 23/12/09 Mis à jour le 09/02/12 à 18h52

Le blog des éditions Console Syndrome ! Vous retrouverez également quelques articles du site ConsoleSyndrome.com.

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Édito

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