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Après avoir développé des jeux de rôle phares et désormais cultes comme Baldur's Gate, NeverWinter Nights, Jade empire ou encore Star Wars : Knights of the old Republic, Les studios canadiens de Bioware n'ont désormais plus rien à prouver en matière de jeu de rôle. Ayant produit ces fameuses licences, Microsoft semble avoir fait un choix judicieux quant à l'édition de cette production que constitue Mass Effect. Paru fin 2007, ce titre se présentant comme un space-opéra pourra ravir les aficionados des cycles de Iain M Banks, Asimov ou Frank Herbert. Car pour ces derniers, que peut-il y avoir de plus grisant que de se trouver aux commandes du vaisseau du commandant Shepard et, de ce fait, d'une des plus prometteuses aventures spatiales de ces dernières années.

 

Il était une fois...

2183. Cela fait désormais plusieurs décennies que des vestiges d'une autre civilisation ont été trouvés sur Mars, permettant à l'homme d'effectuer un bond technologique et de partir à la conquête de l'univers. L'utilisation du relais cosmodésique (système de navigation qui permet de voyager à une vitesse insoupçonnée aux fins fonds de la galaxie) permis aux humains de multiplier des colonies et découvrir par-là même d'autres espèces et d'autres contrées. Vous êtes donc le Commandant ('commander' en anglais, comprenez capitaine de frégate) John Shepard, membre de l'Alliance Interstellaire (armée terrienne), jeune homme sémillant né il y a 29 printemps de cela, en 2154.

 Même pas encore trentenaire, vous avez déjà de hautes responsabilités au sein de ce qui est en passe de devenir votre vaisseau, le Normandy. Vos responsabilités se hissent au niveau de votre réputation due à vos faits militaires. Car effectivement, vous êtes un héros de guerre et cela vous vaut l'honneur d'être parrainé par vos supérieurs pour être un Spectre, un soldat d'élite travaillant à la solde du Conseil de la Citadelle (la Citadelle faisant office de capitale de la galaxie en quelques sortes). Cela constitue un tournant dans l'histoire de l'humanité dans la mesure où cette dernière n'est pas réellement estimée par les autres espèces, nouvellement arrivée, elle fait office de jeune dernière que l'on a tendance à mépriser. Vous incarnez un potentiel renouveau. Et c'est en tant qu'aspirant Spectre que vous entrez dans l'histoire... et que vos ennuis commencent.

Pour faire bref, vous poursuivez un dénommé Saren, membre des Spectres qui se révèle être un traitre. Ses desseins sont encore assez flous aux débuts de l'aventure, mais vous devez l'arrêtez à tout prix, sans quoi, ça risque de sentir le roussi pour la Galaxie (rien n'est trop grand). On ne saura s'épancher davantage sur l'histoire bien plus complexe et recherchée que ce vil résumé à peine alléchant, mais commencer à en donner des détails ce serait trahir le suspens qui attend le joueur au fil de cette aventure.

 

 

A peine dans la peau de John Shepard, le ton est donné, l'ambiance 'space-opéra' est de mise dès que l'on fait ses premiers pas à bord du Normandy. La foulée du soldat que nous incarnons pourra paraître un peu déroutante au début surtout si l'on a déjà été habitué à la foulée plus immersive (et charismatique) des soldats de Gears of War. Mais dans la mesure où on se fait à tout et que ce n'est pas là-dessus que repose l'essentiel du jeu ou ne serait-ce que du gameplay, on passe outre. On notera que l'aspect 'anticipation' respecte toute une tradition hygiéniste : le vaisseau est évidemment ultra-futuriste, mais on pensera aussi à la Citadelle, clinquante de pureté nacrée où plans d'eau et technologies de pointe se mêlent afin d'installer le protagoniste au sein d'un pole économique, politique et militaire aussi pur que du cristal.  Du reste, cela ne signifie en rien un manque d'originalité dans les décors. Au contraire, ces derniers se présentent souvent fort jolis et les environnements sont assez variés.

 

Trêve de bavardages

Mais vous n'avez pas fait cinq mètres que déjà (RPG oblige) vous voilà embarqué dans un des nombreux dialogues que vous allez avoir tout au long de l'aventure. Ces derniers sont en effet le point fort du jeu. Lors des joutes oratoires ont aura constamment le choix entre plusieurs réponses. Dès lors, votre réponse influera sur la suite de la discussion ainsi que sur les choix au sein même de l'aventure. Vous aurez parfois à faire des choix cornéliens.

Par les dialogues vous pourrez gagner à être conciliant ou au contraire à faire face à vos interlocuteurs en imposant votre charisme et en les intimidant. Cependant, il faut tempérer l'impact des réponses sur l'aventure en général car à certain moments, le choix s'avère tout simplement fastidieux et l'histoire nous force à suivre une ligne directrice. Une espèce de fausse liberté qui n'entache cependant en rien la qualité des dialogues particulièrement pertinents et vivants. On se plaît à contempler les visages toujours très bien faits, très détaillés, même si on regrettera de ne pas avoir un héros plus expressif... enfin, c'est un militaire, vous me direz...

Donc, si le bavardage n'est pas votre fort et que vous préférez l'action à toute discussion, inutile de vous dire que vous risquez fort d'avoir du mal à vous retrouver dans ce titre, d'autant que l'immersion demande un certain temps, et de la patience. En effet, les créateurs du jeu ont eu à coeur de créer tout un univers et de ce fait, ils se sont évertués à intégrer le joueur à cet univers. Seulement, il ne s'agit pas ici de deux trois espèces extra-terrestres dont il est fait l'inventaire, mais bien de toute une odyssée. On y traite des espèces adhérant au conseil de la Citadelle, dite les espèces conciliennes. Par opposition, il y sera fait l'inventaire de l'ensemble des espèces non-conciliennes. Les divers conflits seront énumérés, ainsi que les grands faits historiques. C'est plus d'un siècle de cours d'histoire que le joueur doit rattraper ici.

 Afin de faciliter la progression et l'immersion du joueur, les programmeurs de Bioware ont eu l'ingénieuse idée de mettre en place un codex répertoriant toutes ces petites choses, ce qui permet  de s'y retrouver. On bénira la présence de ce codex  notamment si on vient d'essuyer une discussion avec quelqu'un venu d'une autre planète et que l'on est un peu égaré à cause des termes qui ont pu être employés au cours de la conversation. Bref tout cela est riche et n'est pas nécessairement facile d'accès. Il faudra d'ailleurs au joueur plusieurs heures de jeu avant de réellement savoir de quoi il s'agit... De quoi qu'on cause... Qu'est-ce qu'il se passe dans l'espace?

 


Use of weapons

Très vite cependant, c'est la guerre, les coups partent de toutes parts, on perd un de ses camarades... Damned, on sait qu'on n'est pas vraiment là pour rigoler, et si ce détail semble vous avoir échappé, le faciès du commandant Shepard, toujours aussi peu enclin à la galéjade, est là pour vous le rappeler. Vu que les premières attaques sont portées et que ce ne sont pas des balles mais bien des rayons lasers sortis des canons de vos petits ennemis robotisés qui fusent, vous êtes dans la contrainte, que dis-je, l'obligation de riposter. Fondamentalement, vous avez le choix entre quatre armes : fusil sniper, fusil d'assaut, pistolet et fusil à pompe (ou 'shotgun' comme disent les jeunes), plus les grenades. Ces armes, vous aurez tout le loisir d'en changer en cours d'action à l'aide d'une simple touche qui figera l'action et vous permettra de naviguer dans le choix des armes ainsi que dans le choix des armes de vos collègues, car oui, vous ne partez jamais en missions tout seul, mais c'est un point que l'on  verra plus tard.

Les armes sont customisables, au même titre que l'armure. Les MODs, que l'on peut obtenir en tuant des ennemis, faisant commerce sur la place publique ou en dévalisant des coffres, permettent donc d'agrémenter votre matériel de quelques bonus. Ces modifications permettront entre autre d'avoir une visée plus stable, de pénétrer davantage les boucliers biotiques ou d'infliger de plus gros dégâts à des cibles organiques. Ces armes peuvent également posséder une caractéristique élémentaire comme 'chimique', 'cryo' ou 'incendiaire'. Il vous faudra d'ailleurs régulièrement changer tout votre attirail pour des armes plus sophistiquées car, est-il besoin de le rappeler, nous sommes bien ici en présence d'un jeu de rôle et aucunement d'un simple TPS. Le Level-up se fait donc également au niveau de votre arsenal.

Votre équipe, elle, est composée de trois personnages, même si avant chaque mission, vous aurez le choix entre cinq de vos camarades triés sur le volet et réquisitionnés au cours de votre aventure. Les différents protagonistes venant des quatre coins de la galaxie, il va sans dire que chacun de ces soldats a ses caractéristiques propres : pouvoir biotiques (magie), puissance armée, capacité de décryptage, etc. Inutile de dire qu'il faudra scrupuleusement choisir ses camarades. On fera appel à ces différents pouvoirs lors d'un menu contextuel auquel on aura accès en pressant sur une touche. A l'instar du choix des armes, l'action se fige, ce qui nous permet d'effectuer notre choix le plus judicieusement possible. Tout l'intérêt du combat se trouve ici, notamment lorsqu'il faudra affronter des ennemis de grande envergure ou en masse. D'autre part, ce sera au joueur de se charger de l gestion des déplacements de ses coéquipiers ce qui ne sera pas toujours évident compte tenu du manque de rigueur que l'on observera parfoi au niveau des déplacements de ses camarades. Ces déplacements se feront à l'aide de la croix directionnelle, permettant au joueur de placer ses cmarades derrière des abris, de les envoyer en éclaireur, ou encore de les rappeler près de soi, ce qui sera fondamental notamment lorsqu'il s'agira de battre en retraite (fondamental, mais pas nécessairement efficace). Les amateurs des séries Rainbow Six Vegas et Ghost Recon : Advanced Warfighter retrouveront ici des phases de gameplay qu'ils connaissent bien... et qu'ils auront déjà vu plus soignées.

Car le système d'affrontement est assez spécial et un brin déroutant. En mode combat, la visée est bien celle d'un TPS , mais le jeu ne s'avère intéressant que lorsque l'on utilise les différentes caractéristiques de vos trois personnages. Car pour ce qui est du système de visée, il faut bien concéder que le jeu ne brille pas forcément par sa précision, on pense notamment à la visée sniper difficilement praticable. D'autre part, le système de couverture n'est pas des plus efficaces. Heureusement que nos ennemis ne sont pas des excités de la gâchette  sans quoi on risquerait de se faire allumer lorsque les commandes répondent mal. On pourra déplorer le manque d'efficacité des commandes d'un Gears of War, pour ne citer que le plus fameux des TPS, même s'il est difficile de comparer les deux opus tant les univers et les enjeux de gameplay semblent éloignés.

 

ET BIOWARE CREA LE MAKO

 Hormis les phases de combat, on sera amenés à explorer diverses planètes afin de suivre la quête principale ou une  des nombreuses quêtes annexes. La galaxie est abordable par le biais d'une carte que l'on retrouve au sein du Normandy. Si la galaxie est assez vaste et regorge nombre de systèmes solaires, on se calmera de suite en précisant que toutes les planètes présentes ne sont pas visitables. La plupart possèdent un descriptif et c'est tout. Pour les autres, on les abordera à l'aide du Mako et c'est ici que commence une autre partie du jeu. Effectivement, lorsqu'il s'agira d'explorer d'autres planètes, vous le ferez à bord de ce bolide hybride entre le tank et la grosse voiture futuriste de l'américain moyen, le tout agrémenté de propulseurs le permettant de s'élever afin d'éviter divers obstacles (notamment les missiles ennemis). Alors le Mako... euh, comment dire... disons que les promenades en Mako constituent LE moment de torture du jeu. A l'instar des véhicules disponibles dans Halo 3, on a vraiment du mal à s'en sortir avec ce 4X4 customisé. Même après vingt heures de jeu, on n'est pas bien sûr de savoir comment la conduite de cet engin fonctionne. Les moins patients risquent d'y mettre leurs nerfs à l'épreuve.

 Esthétiquement, le titre tend à émerveiller et même s'il demeure quelques inégalités graphiques, le jeu, par bien des aspects a de quoi flatter la rétine. On déplorera peut-être des planètes parfois un peu vides mais le jeu, dans son ensemble est beau les environnements assez variés. Techniquement, le jeu pêche déjà un peu plus. Certaines textures s'affichent au fil du jeu (notamment suite à un dialogue ou à une cinématique), un frame rate un peu à la ramasse donc et qui pénalise le jeu par de méchantes saccades qui viennent gâcher purement et simplement le plaisir du jeu à certains moments.

L'ambiance musicale saura ravir les amateurs de science-fiction. Les différents thèmes se révèlent être efficaces et les sonorités sont très électroniques ce qui ne plaira pas nécessairement à tout le monde. Les bruitages, eux sont très propres. D'autre part le soft offre une version française de qualité avec des dialogues crédibles ce qui est fondamental pour un jeu de ce type où la discussion prend une place plus qu'importante.

En ce qui concerne la durée de vie, elle décevra les amateurs de jeu de rôle puisqu'il ne faudra pas plus d'une quinzaine d'heures afin de venir à bout de la quête principale. On notera cependant que les quêtes annexes et l'exploration de toutes les planètes possibles viendra gonfler la durée de vie du titre de façon exponentielle. D'autre part, le jeu jouit bel et bien d'une rejouabilité intéressante compte tenu des divers scénarii proposés et des choix que vous auriez aimé faire.

 

Concrètement, Mass Effect s'impose comme un très bon titre qui dénote de par son originalité, un RPG majeur voué à s'imposer comme une référence sur la console de Microsoft et qui plus est LE jeu de rôle à l'occidentale sur cette plateforme. Car même si ce titre est constellé d'imperfections, il possède ce je ne sais quoi qui distingue un titre oubliable d'une référence. Une âme, certainement. Le géant américain tient là une exclusivité  et semble avoir misé sur le bon cheval en faisant confiance à Bioware notamment quand on sait que Mass Effect n'est pas un opus isolé mais le premier volet d'une trilogie... une trilogie ne devant voir le jour que sur PC et XBOX 360. Un jeu à ne pas manquer, et une série à suivre.

 

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Commentaires

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Par balaziouf Blog créé le 03/12/10 Mis à jour le 01/03/15 à 12h05

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