Rouages et Dentelles

Rouages et Dentelles

Par Ashlotte Blog créé le 31/03/11 Mis à jour le 19/12/14 à 01h52

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Les bons contes font les bons amis.

 

 

Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, les autres.
Imaginez que Rouages et Dentelles fût un manoir mystérieux, trônant fièrement sur majestueuse colline, derrière une magnifique clôture en fer forgé, que des roses viennent envahir lentement. Imaginez alors que la pâle clarté de la lune vient miroiter aux fenêtres, alors que tous les petits gamebloguiens (et les autres, ne soyons pas ségrégationistes pour deux sous.) viennent se rassembler près de l'âtre, alors que Grand-mère Ashlotte ouvre son grand livre de contes , afin de faire connaître aux petits comme aux grands les contes de notre enfance, qui nous ont émerveillés et epoustoufflés durant des générations et des générations.
Approchez-donc, mes petits. Regroupez-vous, et surtout, arrêtes de te fourrer les doigts dans le nez, au fond, je t'ai vu.

 

Je vais donc aujourd'hui vous faire part d'un magnifique poème, écrit à l'origine par le fameux Charles Lutwidge DodgsonCa ne vous dit rien? C'est normal. Celui-ci étant plus connu sous son pseudonyme de Lewis Caroll, célèbre auteur anglais du roman "Les aventures d'Alice au pays des merveilles". Le poème est donc tiré de De l'autre côté du miroir, ou Through the Looking-Glass, and What Alice Found There , pour les plus snobs d'entre nous, écrit en 1871 par un auteur que nous qualifierons d'éclairé, n'est-ce-pas, et, certains l'auront compris, il s'agit du fameux Jabberwocky.

Dans ce poème, Lewis Caroll révolutionne le monde de la littérature en inventant les mots-valises, les portmanteau comme les appellent nos amis outre-manche, qui sont des amalgames de deux mots différents, liés ensembles pour donner un tout nouveau terme. Il les utilise ainsi avec abondance, pour inspirer à son poème une idée de folie omniprésente, alors qu'il conte la quête épique d'un jeune homme héroïque qui va trancher la tête à une abominable abomination. On ne comprend pas grand chose à la première lecture, mais plus on le relit ,et plus celà nous parraît naturel et formidablement bien écrit, et ce poème demeure l'un de mes préférés. Mais place au récit , dont je vous livre ici la traduction de Henri Parisot, faite en 1946, qui est la plus citée en France :

 

 

 

 

Il e'tait grilheure; les slictueux toves
Gyraient sur l'alloinde et vriblaient:
Tout flivoreux allaient les borogoves;
Les verchons fourgus bourniflaient.

«Prends garde au Jabberwock, mon fils!
A sa gueule qui mord, à ses griffes qui happent!
Gare l'oiseau Jubjube, et laisse
En paix le frumieux Bandersnatch!»

Le jeune homme, ayant pris sa vorpaline épée,
Cherchait longtemps l'ennemi manziquais...
Puis, arrivé près de l'Arbre Tépé,
Pour réfléchir un instant s'arrêtait.

Or, comme il ruminait de suffêches pensées,
Le Jabberwock, l'oeil flamboyant,
Ruginiflant par le bois touffeté,
Arrivait en barigoulant.

Une, deux! Une, deux! D'outre en outre!
Le glaive vorpalin virevolte, flac-vlan!
Il terrasse le monstre, et, brandissant sa tête,
Il s'en retourne galomphant.

«Tu as donc tué le Jabberwock!
Dans mes bras, mon fils rayonnois!
O jour frabieux! Callouh! Callock!»
Le vieux glouffait de joie.

                                                                     Il e'tait grilheure; les slictueux toves
                                                                      Gyraient sur l'alloinde et vriblaient:
                                                                    Tout flivoreux allaient les borogoves;
                                                                    Les verchons fourgus bourniflaient.

 

Inspirations

 

A noter que le poème Jabberwocky a inspiré un grand nombre de médias , que ce soit la littérature en elle-même, mais également le cinéma, la télévision, ou le jeu (de rôles et vidéo.) Parmi les plus célébres , on peut remarquer le monstre Jabberwock lui-même dans plusieurs films adaptés du poème (le dernier et, à mon sens, l'apparition du monstre qui lui rend le moins justice étant Alice au pays des merveilles de Tim Burton). Le monstre apparaît également dans plusieurs jeux, notamment le jeu de rôle warhammer (première édition) , où il est un monstre particulièrement puissant. On le retrouve aussi dans Final Fantasy 9 en tant que monstre, et retourne dans final fantasy 13 en tant que boss. C'est également un personnage central et boss final du jeu American's mcGee Alice.
Les autres termes moins centraux furent également repris, en particulier le Vorpalin, devenant Vorpal , et servant à désigner le fil d'une lame particulièrement aiguisée en littérature depuis.

 

C'est ainsi , mes petits amis, que je referme cette page de mon grand livre de contes, en espérant vous revoir pour une prochaine veillée, si ce petit intermède culturel ne vous a pas trop rebuté. Dormez-bien !

 


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Commentaires

Yohann26
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Yohann26
Merci pour le cours d'histoire, sensei ! Très intéressant :)

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