1,8 milliard d'années : c'est le nouveau délai avant l'extinction de la vie végétale sur Terre. Cactus, orchidées, plantes aquatiques... certaines espèces pourraient résister bien plus longtemps qu'on ne l'imaginait face à un Soleil de plus en plus brûlant.
Certaines plantes pourraient encore subsister sur Terre dans 1,8 milliard d'années, dans un environnement pourtant devenu extrême. C'est la conclusion d'une étude publiée dans la revue JGR Atmospheres, qui retarde nettement l'échéance de l'effondrement définitif de la biosphère par rapport aux travaux précédents sur le sujet.
Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont simulé l'évolution du climat terrestre sur les deux prochains milliards d'années, en s'appuyant sur 29 modèles climatiques. Leur hypothèse de départ : la Terre recevrait environ 9 à 10 % de rayonnement solaire supplémentaire par milliard d'années.
Ce surcroît de lumière finira par rendre la photosynthèse impossible, en réchauffant trop la planète ou en réduisant la quantité de dioxyde de carbone disponible dans l'atmosphère, celui-ci se retrouvant progressivement piégé dans des roches souterraines à mesure que les températures grimpent.
Deux scénarios, deux échéances voisines
Les chercheurs ont testé deux hypothèses extrêmes d'arrêt de la photosynthèse. Dans le premier scénario, celui d'un manque de CO2 avec une température stable, certaines plantes pourraient tenir jusqu'à 1,84 milliard d'années, mais la majorité aurait déjà disparu dès 1,35 milliard d'années.
Dans le second, celui d'une explosion des températures jusqu'à 65 degrés, mortelles pour toute forme de vie, les plantes pourraient survivre jusqu'à 1,87 milliard d'années, la plupart ayant néanmoins déjà disparu à 1,68 milliard d'années, quand le thermomètre dépasse déjà 50 degrés.
Cette fenêtre, comprise entre 1,35 et 1,87 milliard d'années, correspond à la survie de la biosphère végétale sous une forme réduite ou différente. Une estimation de référence est par ailleurs fixée à 1,8 milliard d'années, un chiffre qui coïncide à peu près avec la disparition attendue des océans terrestres, évaporés par la chaleur croissante.
La planète dispose pourtant d'un mécanisme naturel de régulation : quand la température monte, l'altération des roches silicatées s'accélère et consomme du CO2 atmosphérique, ce qui limite l'effet de serre. Mais ce système a une limite. Si le CO2 devient trop rare, la photosynthèse ralentit à son tour, et c'est tout l'équilibre qui finit par s'effondrer.
Des plantes plus résistantes que prévu
Les auteurs de l'étude ont pris en compte l'existence de plantes extrêmes, comme les succulentes et certaines orchidées, capables de survivre avec des taux de CO2 très faibles. Les cactus et les agaves figurent parmi les espèces les mieux armées pour tenir face à ce déclin progressif, grâce à leur capacité à capter efficacement le CO2 restant. Les plantes aquatiques pourraient également mieux s'en sortir.
Les chercheurs notent que la résilience du monde végétal face à la puissance croissante du Soleil est plus forte qu'on ne le pensait jusqu'ici. Ils avancent une hypothèse : celle d'un scénario où les plantes développeraient la capacité de réguler leur température et leur pression, peut-être en réponse aux changements climatiques. Un scénario qui reste, pour l'instant, une projection.
Cette estimation vient s'ajouter à une série de révisions successives. Dans les années 1980, les toutes premières études ne donnaient à la vie terrestre que 100 millions d'années à vivre ; ce chiffre avait ensuite été rallongé à 1 milliard d'années dans des modèles plus récents, avant ce nouveau saut à 1,8 milliard.
Le Soleil, lui, poursuit sa trajectoire. Formé il y a 4,57 milliards d'années à partir de l'effondrement d'un nuage de gaz, il dispose encore d'environ 5 milliards d'années avant d'épuiser l'hydrogène de son cœur. Il commencera alors à se dilater en géante rouge, engloutissant au passage Mercure et Vénus. Le sort réservé à la Terre lors de cette expansion reste incertain, mais sa surface sera à ce moment-là totalement inhabitable.