Un septuagénaire creuse une route illégale de 2 km dans un parc protégé pour rejoindre son coin de pêche. Résultat : 19 000 m² de zones humides détruits et une amende salée. Découvrez comment tout a basculé.
Frank Reginald Clark a 74 ans et réside à Townsville, dans le nord-est de l'Australie. Pendant six mois, cet homme a fait creuser, à l'aide de machinerie lourde, une route privée de 2 km de long en plein cœur d'un parc national protégé.
Le chantier n'avait rien d'anodin. Clark voulait relier sa propriété à une zone de pêche et de navigation, plutôt que de remorquer son bateau jusqu'à une rampe publique comme le font habituellement les riverains. Pour cela, il a fait ouvrir un chemin à travers la boue et les mangroves, construit une rampe pour bateaux, ainsi que plusieurs digues traversant deux cours d'eau.
Les travaux ont mobilisé de la terre extraite illégalement du parc, mais aussi des matériaux de rebut : roches, béton, briques et tuyaux usagés.
Ces aménagements ont bloqué le passage de l'eau dans les rivières Alligator Creek et Crocodile Creek, perturbant le flux naturel des marées, alerte le quotidien Diario Uno. Le Département de l'Environnement australien affirme avoir averti Clark à plusieurs reprises que ces interventions étaient illégales. Il aurait ignoré ces avertissements et poursuivi le chantier jusqu'à achever une bonne partie de son accès privé.
La zone concernée, le Parc national Bowling Green Bay, n'est pas un terrain vague. Ses zones humides sont protégées au titre de la Convention de Ramsar, un traité international qui recense les zones humides les plus importantes de la planète.
Plus de 19 000 m² de zones humides détruits
L'ampleur des dégâts a fini par attirer l'attention des autorités. Plus de 19 000 m² de zones humides ont été détruits, et des milliers d'arbres de mangrove protégés ont été abattus durant les travaux. Des rampes et des passages surélevés ont également été construits sans aucune autorisation au-dessus des deux cours d'eau touchés.
Face à ces constats, le Département de l'Environnement a porté l'affaire devant la justice. Clark a finalement été condamné à une amende de 145 000 dollars. Une décision judiciaire l'oblige en outre à financer et exécuter lui-même la restauration écologique complète de la zone.
Le plan de restauration imposé prévoit le retrait des structures construites illégalement, la remise en état des zones humides et la replantation de végétation native. L'objectif affiché est de rétablir les conditions environnementales qui existaient avant les travaux. Clark devra collaborer avec les autorités pour mener ces opérations à terme.
Les photographies illustrant l'affaire ont été fournies par le Department of the Environment, Tourism, Science and Innovation.