Oubliez l'avion pour aller en Italie : la ligne ferroviaire Lyon-Turin promet de changer la donne en reliant Paris à Milan en un peu plus de 4 heures. Le projet prévoit un tunnel de 57 km sous le Mont-Cenis, qui compterait parmi les plus longs tunnels ferroviaires du monde.

Où en sont les travaux et quels sont les défis techniques ?

En avril 2026, le promoteur public franco-italien TELT a indiqué que près de 47,6 km de galeries ont déjà été creusés, sur un total prévu de 164 km. Le rythme s'est nettement accéléré ces derniers mois, après plusieurs années de préparation. Le tunnel de base du Mont-Cenis, cœur de l'ouvrage, a atteint 20,5 km d'avancement, avec l'un de ses tubes principaux qui dépasse les 12 km creusés.

Le chantier emploie plusieurs centaines de personnes sur les deux versants des Alpes. Il s'est doté de sept tunneliers, des machines géantes pesant chacune plus de 2 000 tonnes, mises en service côté français et côté italien. Ces engins sont indispensables : ils doivent percer les trois quarts de l'ouvrage à eux seuls.

Gagner du temps et améliorer les performances

L'un des principaux atouts avancés du projet, c'est le temps gagné pour les voyageurs. Le trajet Paris-Milan pourrait tomber d'environ 7 heures aujourd'hui à un peu plus de 4 heures. Pour la liaison Lyon-Turin, on prévoit moins de 2 heures au lieu de plus de 4 heures actuellement. Cette vitesse sera possible grâce à une circulation pouvant atteindre 220 km/h dans le tunnel de base, rendue viable par une pente faible et quasiment plate, à l'opposé de la ligne historique qui culmine à plus de 1 300 mètres d'altitude.

Conséquences environnementales et défis à relever

Le tunnel Lyon-Turin vise aussi à transformer le fret en retirant chaque année 1 000 000 de poids lourds des routes alpines. Ce transfert modal devrait réduire les émissions de gaz à effet de serre d'environ 3 000 000 de tonnes par an et soulager des vallées souvent encombrées par les camions.

Le projet suscite pourtant une forte opposition depuis des décennies. Le coût élevé, estimé à 11 milliards d'euros, les risques pour les réserves d'eau et des retards qui pourraient différer les gains climatiques attendus figurent parmi les principales critiques. Un passage illustre ces difficultés : une galerie n'a avancé que de 244 mètres en 273 jours, alors que le rythme prévu était de 12 mètres par jour.

Et après ? perspectives et calendrier

La mise en service du tunnel transfrontalier est prévue pour 2033, même si les accès côté français accusent du retard. Selon un ingénieur, les retards accumulés pourraient ajouter au moins deux années de travaux si certains obstacles techniques ne sont pas levés.

Les promoteurs présentent malgré tout le projet comme une prouesse technique et une étape vers la décarbonation des transports. Pour les détracteurs, il reste inutile et dommageable pour l'environnement.