Des scientifiques ont fait une étonnante étonnante en Zambie qui laisse entrevoir la formation possible d'une nouvelle limite de plaque tectonique.
Des scientifiques de l'Université d'Oxford ont mis en lumière des résultats fascinants en géologie, qui laissent entrevoir la possible formation d'une nouvelle limite de plaque tectonique en Zambie. Publié le 26 mai 2026 dans le journal Frontiers in Earth Science, l'article s'intéresse au Kafue Rift et à son extension apparente sur 2 500 km depuis la Tanzanie jusqu'à la Namibie. Ces observations scientifiques pourraient changer notre lecture des mouvements tectoniques en Afrique australe, tout en ouvrant des perspectives économiques.
Pourquoi cette découverte a de l’importance
L'équipe de scientifiques a analysé huit sites de sources chaudes géothermales : six dans le Kafue Rift et deux en dehors, utilisés comme groupe contrôle. Les chercheurs ont relevé un ratio d'hélium-3 (He-3) exceptionnellement élevé, dépassant sept fois les valeurs normales de la croûte terrestre au cœur du rift. Les données géochimiques indiquent que ce gaz remonte depuis une profondeur estimée entre 40 km et 160 km, ce qui correspond à une signature de fluides mantelliques.
Ces résultats scientifiques sont interprétés comme une preuve géochimique d'une fracturation complète de la lithosphère: une piste solide suggérant qu'une nouvelle frontière de plaque tectonique pourrait être en train de se former. Les deux sites hors rift, choisis comme contrôle, n'ont montré aucune de ces signatures, ce qui renforce l'idée d'un processus tectonique actif sous cette région d'Afrique australe.

Ce que ça peut rapporter
La zone du Kafue Rift attire l'attention des acteurs de l'énergie renouvelable. Des fluides contenant jusqu'à 2,3 % d'hélium industriel représentent une ressource stratégique pour la médecine, l'électronique et les technologies spatiales. La société Kalahari GeoEnergy, qui a partiellement financé les scientifiques pour cette étude, voit aussi un intérêt pour l'exploitation géothermique.
Les retombées économiques potentielles vont au‑delà de l'hélium : on parle d'hydrogène non contaminé et de chaleur géothermale détectée dans ces rifts en formation, des atouts pour des projets d'énergie propres et pour l'extraction de ressources stratégiques.
Comment les scientifiques ont travaillé et ce qu'il faut creuser
Pour arriver à ces conclusions, l'équipe de scientifiques a prélevé et analysé des gaz dans des sources chaudes géothermales. Le professeur Mike Daly de l'Université d'Oxford a supervisé l'étude et participé à l'interprétation des résultats. Le Kafue Rift présente aussi d'autres caractéristiques intéressantes, comme des anomalies gravitationnelles et une topographie particulière.
Mais l'étude ne couvre qu'une portion du rift. Les auteurs recommandent d'étendre les prélèvements sur l'ensemble des 2 500 km pour vérifier la continuité de cette fracturation. Trouver des signatures mantelliques similaires le long de la zone viendrait renforcer de façon décisive l'hypothèse d'une nouvelle dynamique tectonique.
Même si la sismicité locale reste faible, le passage à une frontière de plaque mérite une surveillance soutenue. La plupart des rifts ne franchissent jamais ce cap, mais l'observation actuelle remet en question cette tendance et place le Kafue Rift sous la loupe des scientifiques et des industriels.