Samsung projette des usines de puces entièrement automatisées d'ici 2030.
Samsung, basé à Suwon en Corée, a annoncé qu'il accélérait l'automatisation complète de ses usines de puces d'ici 2030. Lancé en 2023, ce programme doit permettre de se passer de main-d'œuvre humaine dans ses installations de fabrication de semi-conducteurs. La raison invoquée par l'entreprise tient en une phrase : « Les robots ne font pas grève ». Ce virage fait suite aux tensions sociales et aux grèves du printemps 2026, qui avaient fortement perturbé sa production.
Un projet qui prend de l'ampleur après des grèves
En avril 2026, le principal syndicat de Samsung a voté la grève à plus de 90 %, pour réclamer des hausses de salaire et des primes indexées sur les bénéfices. Le mouvement a fait chuter de plus de 50 % la production des lignes de fonderie et de 18 % celle des usines de mémoire.
Un accord a été conclu en mai 2026 : Samsung a accepté une prime équivalant à 10,5 % du bénéfice d'exploitation. L'épisode a mis en évidence le besoin de sécuriser ses chaînes de production contre ce type de perturbation.
Samsung n'est pas seul sur cette voie : ses concurrents TSMC, SK Hynix et Intel visent eux aussi des usines autonomes à l'horizon 2030. Les tensions économiques et les nouvelles attentes des salariés, nourries par la flambée des profits liée à la pénurie de composants comme la RAM, ont accéléré le mouvement.
Des technos Samsung et des partenariats pour y arriver
Samsung s'appuie sur plusieurs technologies pour y parvenir. La Data Sharing Eco Platform (DSEP) donne à plus de soixante fournisseurs un accès en temps réel aux données de fabrication. Elle permet de diagnostiquer et de réparer les équipements à distance, et de réduire ainsi les temps d'arrêt des machines.
Autre dispositif : des capteurs conçus en Corée surveillent en continu l'uniformité du plasma pendant la fabrication des plaquettes. Avec NVIDIA, l'entreprise développe des jumeaux numériques de ses usines pour simuler et améliorer la production sans intervenir sur les installations réelles.
Ce que ça change sur le plan économique et géopolitique
Ces usines sans personnel soulèvent des questions économiques de fond, en particulier pour des régions comme l'Europe, qui veut produire 20 % des puces mondiales d'ici la fin de la décennie. La généralisation des usines autonomes pourrait réduire le nombre d'emplois créés, malgré les subventions massives versées par les gouvernements occidentaux.