Le Sahara, c'est l'image typique de ce qu'on imagine spontanément quand on pense à un désert : des kilomètres et des kilomètres de terre arides sous 60 °C. Si bien des jeux en ont fait un décor très intéressant à explorer, de Flight Simulator à Battlefield, la science, elle, en fait sous terrain d'expérimentation. À l'heure où l'écologie est devenue un sujet de premier ordre, des groupes de chercheurs y multiplient les projets pour tenter de faire naître une nature verdoyante sur ce territoire hostile. Après des dizaines d'essais, une initiative pourrait tout bouleverser.

Le Sahara trouvent ses ingénieurs dans la faune

Plantation massive d'arbres, traitements chimiques des sols ou encore bassins d'eau... les exemples d'expériences loupées ne manquent pas au Sahara. Mais les chercheurs n'ont pas baissé les bras pour autant. Désireux de trouver comment renverser l'assèchement d'un tel environnement, ils continuent de multiplier les tentatives. Une opiniâtreté qui a conduit en 2021 à une expérience qui, pour une fois, porte ses fruits encore des années après.

En effet, il y a 5 ans, des chercheurs se sont appuyés sur les constations faites par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour tenter un nouveau coup audacieux. Ils ont tout bonnement relâché 500 tortues géantes Centrochelys Sulcata, soit la plus grande espèce du contient africain, dans la région du Sahel. Cette zone particulièrement dégradée correspond à une bande semi-aride qui borde le sud du Sahara. La désertification y est exemplaire. Mais depuis cette initiative, les choses ont changé.

Grâce à l'introduction de ces tortues pouvant peser jusqu'à 100 kilos, le Sahara s'est doté d'ingénieurs capable de transformer son paysage. Et pour cause, ces reptiles creuses profondément, jusqu'à 10 ou 15 mètres sous la surface, pour échapper aux températures arides du jour ou glaciales de la nuit. Ce véritable instinct de survie a eu un effet radical sur le désert, puisqu'il permet de contenir l'eau de pluie et l'aide même à s'infiltrer dans le sol avant évaporation.

Au Sahara, le schéma des galeries creusées par les tortues.
© Creek Engineering.

Après des années sur place, les tortues Centrochelys Sulcata ont contribué à repousser la désertification du Sahara. La nouvelle humidité préserver dans leur localisation permet à des graines de germer, attirant des insectes et relançant ainsi la chaîne du vivant. Les images satellites témoignent d'ailleurs de ce renouveau en Afrique. Elle relève l'apparition de nouvelles taches vertes au milieu des sables. Nous ne sommes évidemment pas face à des forêts luxuriantes, mais cela témoigne déjà de la capacité à la nature à renaître grâce à la dynamique propre aux écosystèmes.

Source : Union internationale pour la conservation de la nature et Gizmodo.