A Clermont-Ferrand, comme dans plusieurs autres villes de France, un nouveau type de rond-point révolutionne la sécurité routière et réduit considérablement le nombre d’accidents.
Le rond-point dit « à la hollandaise », importé des Pays-Bas, s'installe progressivement dans le paysage urbain français. Et s'il a fait ses preuves chez notre voisin européen, cela a également été le cas à Clermont-Ferrand, où une expérimentation menée s'est faite sans fracas. Et surtout sans accident.
Pourquoi les ronds-points hollandais sont aussi efficaces ?
Pour apaiser la cohabitation entre automobilistes, cyclistes et piétons (un défi qui semble impossible à relever sur le papier), tout en fluidifiant des carrefours souvent à l'origine des accidents routiers, la ville de Clermont-Ferrand a ainsi construit un de ses fameux ronds-points à la hollandaise. Depuis la crise sanitaire, l'usage du vélo s'est intensifié, tout comme les accidents recensés. 240 cyclistes sont en effet morts sur les routes entre septembre 2023 et septembre 2024, soit environ 7% des décès sur la route. Une hausse de près de 30% comparée à 2019, qui pousse les autorités à multiplier de nouveaux dispositifs de sécurité routière, comme des sas vélos aux feux rouges, des pistes cyclables, une signalisation renforcée, sans que cela ne suffise. Entre en jeu le rond-point à la hollandaise, qui segmente davantage les flux de circulation en changeant les priorités traditionnelles.
Là où les cyclistes circulent comme les voitures habituellement, le système hollandais introduit une piste cyclable prioritaire et circulaire, qui encadre l'anneau réservé aux voitures. Les priorités sont alors inversées. Les automobilistes doivent céder le passage aux cyclistes et aux piétons, à l’entrée comme à la sortie du rond-point. Ce découpage en zones distinctes (souvent marqué par une bande colorée) améliore ainsi la lisibilité de la circulation et réduit les points de conflits, habituellement à l’origine d’accidents. Un double arrêt est imposé aux automobilistes. Un pour les pistes cyclables et un pour les piétonnes, mais une fois engagés, les véhicules ont la priorité entre eux. Ils doivent cependant à nouveau la céder aux cyclistes et piétons à la sortie du rond-point.

Une adoption à plus grande échelle en France ?
Les premiers retours de terrain, opérés dans plusieurs villes françaises, sont jugés encourageants. À Rennes, sur le rond-point des Gayeulles, l'un des axes les plus fréquentés de la métropole, réparti sur cinq axes différents, les deux années de test (et un investissement à hauteur de 600 000 euros) ont permis une meilleure cohabitation entre cyclistes, écoliers, piétons et véhicules motorisés, tout en renforçant la sécurité routière. Même son de cloche à Bures-sur-Yvette, en Essonne. La ville y a installé son premier rond-point hollandais en janvier 2025 et où les résultats ont également été concluants. Partout, une phase d'adaptation s'avère cependant nécessaire notamment en imposant une réduction de la vitesse, en créant de nouvelles règles, et en misant sur une pédagogie des forces de l’ordre plutôt que la répression. Face à de tels résultats, il y a fort à parier que d'autres municipalités adopteront ce système.
Source :