L'industrie tech réagit à une annonce venue de Corée du Sud. Samsung et SK Hynix, deux géants de la mémoire, ont dévoilé un plan pour doubler leur capacité de production de RAM d'ici cinq ans, rapporte Frandroid. Le projet, soutenu par le gouvernement coréen, tombe quatre jours après le dépôt d'une plainte aux États-Unis, qui accuse les deux groupes d'avoir volontairement réduit l'offre pour faire monter les prix.

Une réaction quatre jours après la plainte

Le 25 juin, dix-sept plaignants américains, dont des particuliers et de petits revendeurs, ont saisi un tribunal fédéral en Californie. Ils reprochent à Samsung et SK Hynix d'avoir organisé une baisse de l'offre de mémoire RAM, avec à la clé une hausse de 700 % du prix de la mémoire en quatre ans. Les deux entreprises avaient déjà été visées par des accusations comparables au début des années 2000. Elles avaient plaidé coupable en 2005 pour entente sur les prix, ce qui leur avait valu des amendes de 300 millions d'euros pour Samsung et de 170,2 millions d'euros pour SK Hynix.

En réponse à ces nouvelles allégations, Samsung et SK Hynix ont annoncé le 29 juin, avec le soutien du gouvernement coréen, un plan de 542,8 milliards d'euros pour construire quatre nouvelles usines. Objectif affiché : doubler la production de RAM en cinq ans. La mise en service de ces installations n'est toutefois attendue que pour le milieu des années 2030.

Ce que ça peut changer sur le marché des RAM

Samsung, SK Hynix et Micron, les trois principaux fabricants de RAM, se partagent près de 90 % du marché mondial. Avec une telle concentration, le moindre changement de stratégie pèse vite sur les prix. La banque d'affaires Jefferies table sur une hausse de 40 à 50 % au troisième trimestre 2026, puis de 30 à 40 % au quatrième, avant un possible reflux qui n'arriverait pas avant 2028.

Une part de cette nouvelle capacité pourrait aller à la HBM (High Bandwidth Memory), utilisée dans les puces d'IA de fabricants comme Nvidia. Depuis 2022, environ 25 % de la production mondiale est allée vers cette mémoire spécialisée, qui occupe deux fois plus de surface de silicium qu'une barrette DDR classique. Résultat : même en doublant la capacité, le nombre de barrettes destinées au grand public, notamment pour les PC classiques, ne suivra pas la même courbe.

Une affaire plus symbolique qu'immédiate

Le calendrier et le ton des annonces laissent la place à plusieurs lectures. Pour une partie des observateurs, il s'agit surtout d'un geste destiné à rassurer les investisseurs et à soigner l'image des deux groupes. Dans les faits, ces projets s'étalent sur une décennie, ce qui limite leur effet à court terme pour les consommateurs. Et tant que les puces pour l'IA et les serveurs cloud gagnent du terrain, le marché grand public risque de continuer à subir des prix élevés.

Avec la flambée récente des prix des composants, les acheteurs se retrouvent coincés. Mieux vaut acheter maintenant les composants dont on a besoin : attendre la concrétisation de ces usines pourrait revenir encore plus cher.