Le géant japonais Sony fait actuellement face à un recours collectif s'élevant à plus de 2 milliards d'euros devant la justice britannique. 12 millions de joueurs PS5 accusent sa branche gaming de les surtaxer et réplique en portant l'affaire devant les tribunaux.

12 millions de joueurs PS5 contre Sony pour abus de position dominante

La plainte, déposée par le militant des droits des consommateurs Alex Neill au nom de quelque 12,2 millions de joueurs PS5, accuse le géant de l'électronique d'« exploiter les consommateurs britanniques » depuis près de dix ans en pratiquant des prix excessifs pour les jeux numériques et leurs contenus additionnels sur le PlayStation Store. Selon le plaignant, Sony détient un quasi-monopole sur la vente de jeux numériques, ce qui lui permettrait de dicter les prix et de prélever une commission de 30 % auprès des éditeurs, contre 12 à 20 % pour les plateformes PC plus concurrentes.

Les avocats des joueurs PS5 affirment que les prix que pratique Sony dépassent largement le coût réel du service. Mais les prix élevés ne sont pas le seul grief contre Sony. En effet, pour les avocats spécialisés dans la défense des consommateurs, les mécanismes de certains jeux incitent encore à la dépense, même chez les mineurs, afin de progresser, débloquer des fonctionnalités ou personnaliser l'expérience de jeu.

La procédure remonte à 2022 et la demande porte sur plus de 2 milliards d'euros à distribuer aux personnes ayant acheté des jeux numériques ou du contenu additionnel sur PS4 et/ou PS5 via le PlayStation Store dans la présente décennie jusqu'à février 2026. En vertu de la loi britannique, tous les plaignants potentiels rejoignent automatiquement le recours collectif, sauf s'ils s'y opposent expressément.

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© Sony Interactive Entertainment

Sony se défend face aux accusations

En cas de jugement favorable, chaque joueur PS5 participant à l'action collective pourrait obtenir une indemnisation moyenne d'environ 185 euros. Sony défend sa politique commerciale, justifiant les coûts – qui ont valu à l'autorité de la concurrence un examen attentif – par d'importants investissements dans le matériel, l'infrastructure numérique, la sécurité et le développement.

L'entreprise a également expliqué son modèle de distribution et les risques que les plateformes tierces pourraient engendrer en matière de sécurité et de confidentialité. Enfin, sa défense s'appuie également sur l'argument de l'écosystème PS4 et PS5, soutenu par les comités chargés du contenu numérique.

Le procès s'inscrit dans un contexte où l'autorité de la concurrence se penche sur les plateformes de téléchargement comme le PlayStation Store utilisé par la PS4 et la PS5. L'année dernière, Apple a été condamnée par le tribunal spécialisé de Londres, une fois de plus pour abus de position dominante et commissions excessives sur l'App Store.