Le Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO), l'organisme public australien de recherche scientifique, a lancé un projet demandant aux citoyens du pays d'enregistrer leurs flatulences. Baptisée « Chart your fart » (littéralement « Suivez vos pets »), l'application est téléchargeable gratuitement sur smartphone.

Le principe est simple sur le papier, plus délicat dans l'exécution quotidienne. Ouvert aux Australiens de plus de 14 ans, le projet demande à chaque participant de noter le moment précis de chaque émission de gaz, pendant au moins trois jours consécutifs.

Pour chaque pet, il faut aussi placer un curseur sur cinq échelles : le volume sonore, la durée, l'intensité de l'odeur, la persistance de cette odeur et sa détectabilité par l'entourage. L'âge, le sexe et le régime alimentaire sont également renseignés. Une adresse email est demandée, mais les données restent anonymisées.

Il faut être résident australien pour s'inscrire à la campagne sur le site du CSIRO. L'objectif final, selon l'organisme : établir à quoi ressemble un pet « normal ».

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Source : JAMA Network Open (2026)

Cinq émissions par jour en moyenne, selon une étude publiée dans JAMA Network Open

Des chercheurs du CSIRO ont mené une étude pour établir, pour la première fois, une référence scientifique sur la fréquence normale des flatulences chez des personnes en bonne santé. Les résultats ont été publiés dans la revue JAMA Network Open.

Plus de 6 400 Australiens ont accepté d'enregistrer chaque émission de gaz en temps réel, pendant au moins trois jours, sans changement alimentaire majeur récent. Avant ce travail, les seules données disponibles provenaient de petits groupes ou de patients souffrant déjà de troubles digestifs.

Près de 80 % des participants déclarent émettre des gaz entre deux et sept fois par jour, pour une moyenne générale de cinq émissions quotidiennes. Les hommes en comptent légèrement plus que les femmes (5,2 contre 4,8), et les 14-25 ans affichent la fréquence la plus basse de tous les groupes d'âge.

Les flatulences restent rares en milieu de journée puis augmentent progressivement pour culminer entre 18h et 22h, au moment où sont consommés les repas les plus caloriques et les plus riches en fibres. Ce chiffre de cinq par jour tranche avec l'estimation de l'institut national américain du diabète et des maladies digestives et rénales, qui évoque plutôt huit à quatorze émissions quotidiennes.

Sur le plan physiologique, les flatulences permettent au tube digestif de maintenir une pression faible et d'éviter des distensions douloureuses. Une partie du gaz vient simplement de l'air avalé en mangeant ou en buvant, inodore et sans lien avec la digestion.

Le reste provient des milliards de bactéries intestinales qui décomposent les fibres et produisent des composés soufrés responsables de l'odeur. Une odeur marquée ne signale donc pas un dérèglement, mais plutôt un microbiome actif. En revanche, une incapacité soudaine à évacuer les gaz, surtout accompagnée de douleurs abdominales ou de ballonnements, peut indiquer une occlusion intestinale et justifie une consultation rapide.

Le projet Chart Your Fart est né d'une étude sur la santé intestinale menée par le CSIRO en 2021, qui avait révélé que plus de 60 % des Australiens estimaient souffrir de flatulences excessives, dont 43 % presque tous les jours.

La docteure Emily Brindal, responsable du projet et scientifique comportementale au CSIRO, explique dans un communiqué de l'organisme que la recherche n'est bonne que si l'on dispose de données, et qu'elle souhaite collaborer avec le plus grand nombre possible de membres de la communauté australienne diversifiée pour stimuler l'innovation dans la recherche sur la santé et le bien-être.

La diététicienne de recherche Megan Rebuli rappelle, dans le même communiqué, que les flatulences sont un phénomène naturel signalant que le système digestif fonctionne correctement. Elle précise que l'alimentation, certaines conditions médicales ou même la façon de mâcher et d'avaler peuvent modifier l'odeur, la fréquence ou le volume des gaz.

Certains aliments sont réputés augmenter la fréquence des émissions, comme :

  1. le chewing-gum
  2. les boissons gazeuses
  3. les aliments riches en fibres insolubles
  4. les légumineuses

D'autres sont plutôt associés à l'intensité de l'odeur :

  1. le brocoli
  2. le chou
  3. les œufs
  4. les céréales
  5. la viande
  6. la bière
  7. l'oignon