La France s'apprête à vivre un nouvel épisode de chaleur intense, à peine trois semaines après celui de la fin mai. Cette nouvelle vague, attendue à partir de mardi, pourrait culminer entre le 20 et le 22 juin. Elle compterait alors parmi les épisodes les plus forts du début de l'été. Comme elle coïncide avec le solstice, elle pourrait même dépasser les records de la vague précédente.

Ce qui alimente cette montée de chaleur en France

Cet épisode vient d'un flux de sud à sud-ouest qui fait remonter de l'air très chaud du Maghreb vers la France, en passant par l'Espagne. Une dépression sur l'Atlantique se combine à des hautes pressions sur l'Europe centrale, ce qui entretient une vague de chaleur active.

Contrairement à la fin mai, quand un dôme de chaleur et un anticyclone marqué bloquaient l'Europe occidentale, il n'y a cette fois pas de blocage anticyclonique fermé. L'air pourrait donc se réchauffer plus vite.

Fin mai, un mécanisme de « pompe à chaleur » s'était installé, lié à une goutte froide au large du Portugal. Le ciel était alors dégagé et l'atmosphère stable. Cette fois, l'instabilité de l'air pourrait augmenter et favoriser les orages.

Températures attendues et zones concernées

Les températures pourraient dépasser 35 °C dans de nombreuses régions et atteindre localement 38 à 40 °C dans le sud-ouest. En altitude, les modèles tablent sur +24 °C à 1 500 m. Fin mai, le sud du pays avait déjà connu des pointes proches de 39 °C, qui ont battu des centaines de records mensuels. Ce nouvel épisode pourrait être plus intense encore.

Fin mai, la chaleur avait surtout touché l'ouest, le centre et le sud, en épargnant en partie le nord-est. Cette fois, elle pourrait concerner une plus grande partie du territoire, même si l'influence océanique reste sensible près de la Manche. Le sud-ouest est exposé aux valeurs les plus extrêmes, tandis que l'ouest pourrait connaître des orages marqués qui prendraient parfois le relais de la chaleur.

Ce qui aggrave la situation et ce que ça signifie pour la santé

L'ensoleillement maximal autour du solstice va accentuer le réchauffement, d'autant que les sols sont bien plus secs qu'en mai, ce qui augmente l'énergie thermique emmagasinée. La végétation est développée et les pollens de graminées sont abondants, si bien que les personnes sensibles peuvent mal vivre cette période. Les organismes déjà éprouvés par la chaleur risquent de subir une pression supplémentaire.

Selon Corentin Perrot de Météo-France, cité par La Provence : « les nuits sont courtes, ce qui limite la baisse nocturne des températures », et le confort thermique en pâtit. Les personnes vulnérables, enfants et personnes âgées, doivent redoubler de vigilance. Patrick Marlière évoque de son côté un « blocage anticyclonique » : l'air chaud s'accumule sous un couvercle et la situation se dégrade peu à peu.