Le lait écrémé afficherait un taux d'hydratation de 99 %, davantage que l'eau, selon des travaux menés à l'Université de St Andrews, en Écosse. Ce résultat, régulièrement repris pour questionner la réputation de l'eau comme boisson de référence, provient d'une étude publiée en 2016 dans l'American Journal of Clinical Nutrition.

L'équipe du physiologiste Ronald J. Maughan a soumis 72 hommes en bonne santé à un protocole précis : un litre de chacune de 13 boissons différentes, puis mesure de la production d'urine sur quatre heures. Les tests se sont déroulés entre février et août 2014.

Pour comparer les résultats, les chercheurs ont créé un indice d'hydratation des boissons (Beverage Hydration Index), dans lequel l'eau sert d'étalon avec une valeur fixée à 1. Un score supérieur signifie que la boisson est retenue plus longtemps par l'organisme, avec moins de production d'urine.

Trois boissons se détachent nettement : le lait écrémé, le lait entier et la solution de réhydratation orale Dioralyte, habituellement donnée aux nourrissons contre la déshydratation. Comparé à l'eau, l'écart de volume urinaire mesuré sur quatre heures atteint 339 grammes de moins pour le lait écrémé, 294 grammes pour le lait entier et 362 grammes pour cette solution.

Le jus d'orange affiche de son côté un taux de réhydratation de 95 %, devançant l'eau plate, qui n'arrive qu'en quatrième position d'un classement où suivent le Coca-Cola, le thé noir froid puis chaud, une boisson sportive, l'eau gazeuse, la bière et, en dernière place, le café noir chaud.

Le sodium, allié de la rétention d'eau

Le lait est composé à 91 % d'eau, mais ses sucres, ses protéines et ses graisses ralentissent la vidange de l'estomac, ce qui aide l'organisme à retenir les liquides plus longtemps. Il contient aussi du sodium et du potassium à raison d'environ 40 mmol/L, ce qui réduit la production d'urine et le fait agir comme une éponge : l'eau reste piégée plus longtemps dans le corps.

La solution de réhydratation orale fonctionne sur un principe voisin, avec un dosage d'environ 55 mmol/L de sodium, un mélange calculé d'eau, de sels et de glucides pour optimiser l'absorption intestinale.

Le café et le thé restent, eux, hydratants tant que l'apport en caféine ne dépasse pas 80 milligrammes ; au-delà, l'effet diurétique s'accentue. Côté alcool, la bière hydrate mieux que des spiritueux comme le whisky, qui favorisent au contraire la déshydratation.

Un blog de Harvard Health Publishing, lié à la Harvard Medical School, juge que les données disponibles sur le sujet ne sont pas particulièrement nouvelles ni convaincantes. Il rappelle que réduire l'hydratation au seul volume d'urines donne une vision partielle : pour la majorité des adultes en bonne santé, boire selon sa soif, en complément de l'eau apportée par l'alimentation, suffit à maintenir l'équilibre hydrique.

En France, un sondage Ifop montre d'ailleurs qu'une majorité de personnes continue de considérer l'eau comme la boisson la plus hydratante.

Une boisson plus hydratante que l'eau peut néanmoins avoir son utilité après un effort intense où la transpiration est abondante, en cas de déshydratation légère, chez les enfants ou les personnes âgées, ou après des pertes digestives, où la solution de réhydratation orale reste recommandée de façon ponctuelle.

Grazia qui a relayé l'étude recommande malgré tout de continuer à boire 2,7 litres d'eau par jour pour limiter tout risque, quand les autorités de santé évoquent plutôt une fourchette de 1,5 à 2 litres quotidiens, une boisson neutre, sans calorie ni sucre.

Le lait ou le jus d'orange peuvent dépanner après un effort ou une forte chaleur, mais l'essai ne mesure l'hydratation que sur quatre heures : rien n'indique qu'ils devraient remplacer l'eau au quotidien. Les personnes intolérantes au lactose peuvent se tourner vers des laits végétaux comme celui de soja ou d'avoine, sans toutefois atteindre les niveaux d'hydratation mesurés pour le lait de vache dans cette étude.

Un litre de lait écrémé apporte, à lui seul, jusqu'à 350 kilocalories.